Cette nouvelle procédure offre un éventail d'avantages, à commencer par une réduction des coûts d'opération et une plus grande accessibilité.

Élections municipales 2.0 dans l'Est ontarien

Une réforme du mode de scrutin s'amorce aux Comtés unis de Prescott et Russell, dans l'Est ontarien, alors que six des huit municipalités qui les composent procéderont avec la méthode 2.0 pour les élections municipales du 27 octobre prochain.
La toute dernière à avoir décidé de délaisser le bon vieux crayon est la municipalité de Russell qui, pour la première fois de son histoire, procédera avec un mode de scrutin par Internet et par téléphone, ont décidé les élus cette semaine.
Pour le directeur général de la municipalité, Jean Leduc, cette nouvelle procédure offre un éventail d'avantages, à commencer par une réduction des coûts d'opération et une plus grande accessibilité.
«L'expérience concluante des autres municipalités avec ce système fait en sorte que nous nous intéressons à cette méthode de vote électronique. Il y a d'importantes économies à faire et ça rend plus accessible le vote à la population. Une personne peut exercer son droit de vote même s'il est à l'extérieur de la municipalité», note M. Leduc.
La méthode 2.0 permettra à Russell d'économiser 0,95$ par électeur comparativement à l'ancienne méthode, selon un rapport commandé par la direction.
La municipalité de Hawkesbury-Est souhaite également passer au mode électronique. La Ville déposera, avec Russell, Clarence-Rockland, Hawkesbury, La Nation et Champlain, un appel d'offres conjoint afin de trouver un seul et même fournisseur de services pour opérer le système.
Des opposants
Mais l'idée du vote électronique ne fait pas l'unanimité partout. À Clarence-Rockland, un mouvement de citoyens nommé True Vote s'est formé afin d'exiger le retour au vote traditionnel. Selon ses adhérents, le système électronique n'est pas à l'abri de ratés.
«Les histoires des dernières élections municipales de Clarence-Rockland font maintenant partie du folklore local. Le bulletin de vote de personnes décédées utilisées, des cartes de vote envoyées aux moins de 18 ans, des cartes de vote laissées dans les bacs de recyclage public ou à côté des boîtes de poste que n'importe qui pouvait ramasser... Et on en passe», note l'instigateur du mouvement, Jacques Taillefer.
De son côté, le directeur général de la municipalité de Russell assure qu'il commandera une enquête indépendante sur la fiabilité du système avant de procéder avec le système de vote électronique.