La ministre fédérale de la Santé, Ginette Petitpas Taylor, a présenté le nouveau Guide alimentaire canadien, mardi, en conférence de presse. Dans ce nouveau guide, les produits laitiers ont perdu la place de choix qu’ils avaient dans les éditions précédentes.

Des producteurs laitiers de l'Est ontarien inquiets du nouveau guide alimentaire

Des producteurs laitiers et agricoles de l’Est ontarien s’inquiètent de certains changements apportés au nouveau Guide alimentaire canadien. Les modifications relatives à la consommation des produits laitiers et des protéines animales en font réagir plus d’un.

« Je suis déçu. C’est comme si on minimise l’apport nutritif de ces protéines », avance le producteur laitier basé à Clarence Creek, Alexandre Chabot.

Ce dernier est d’avis qu’à court et à moyen terme, ces modifications apportées au Guide alimentaire canadien n’auront pas d’impact trop important sur l’industrie des protéines animales. Toutefois, M. Chabot affirme que le problème sera plus notable à mesure que les différentes institutions s’adapteront. « Tous les établissements issus de financement public vont devoir suivre les lignes directrices du Guide, comme les écoles, les hôpitaux ou les résidences pour personnes âgées. »

Le producteur laitier soutient qu’il sera difficile pour son industrie de s’adapter aux changements d’habitudes des consommateurs. « On va devoir continuer à promouvoir le fait que le lait, c’est un aliment très nutritif qui demeure l’une des plus grandes sources de Calcium, et vraiment miser là-dessus. »

La directrice de Nutrition et Recherche chez les Producteurs laitiers du Canada, Isabelle Neiderer, met en garde contre certaines des nouvelles recommandations du Guide. « Bien que le Guide alimentaire ait changé, les produits laitiers continuent de jouer un rôle utile en aidant les Canadiens à prendre des décisions saines en matière d’alimentation », a-t-elle déclaré mardi dans un communiqué.

« Des preuves scientifiques toujours plus nombreuses et concluantes démontrent les avantages nutritionnels des produits laitiers dans la promotion de la santé des os et la prévention de plusieurs maladies chroniques. Les preuves récentes et émergentes ne justifient pas que l’on continue à favoriser les produits laitiers faibles en gras, car elles révèlent que les produits laitiers qui contiennent plus de gras ne sont pas associés à des effets nocifs sur la santé et pourraient même procurer des avantages. »

Cause environnementale

Afin d’encourager les consommateurs à « faire des choix respectueux de l’environnement », le nouveau Guide comprend une section qui recommande de « choisir de préférence des aliments d’origine végétale ».

M. Chabot admet avoir du mal à saisir cette prise de conscience. «C’est sûr que si tu généralises, c’est vrai que les protéines animales peuvent apporter des impacts environnementaux. Mais quand tu penses à tous les fruits et légumes qui viennent de l’Amérique du Sud ou de l’Asie, tu compares ça avec un verre de lait d’ici, et j’ai de la difficulté à croire que c’est comparable. »

Le président des Producteurs de grains de l’Ontario, Markus Haerle, abonde dans le même sens. « L’empreinte écologique que génèrent les aliments importés est plus grande que les produits domestiques », affirme-t-il.

Président des Producteurs de grains de l’Ontario et propriétaire de la ferme Chicken Little, à Saint-Isidore, M. Haerle cultive plusieurs sortes de grains comme le soja, le maïs et le blé, en plus de produire des œufs. Celui-ci souligne que les nouvelles directives du guide risquent également d’affecter l’industrie des grains entiers. « Il y a plus à la production laitière que juste le lait. Ces producteurs doivent nourrir le bétail, et comme producteurs de grains, nous dépendons de ces industries pour prospérer. »