Malgré la distance, les gens de l’Est ontarien trouvent des moyens de se rendre aux banques alimentaires.

Des banques alimentaires qui voient grand

Les grandes distances représentent souvent un défi additionnel auquel doivent faire face les organismes de l’Est ontarien. Mais est-ce que les 2000 kilomètres carrés de Prescott-Russell et sa situation rurale représentent aussi un enjeu pour les banques alimentaires de la région ?

Pas vraiment, jugent les responsables des organismes questionnées par Le Droit.

C’est Nicole Gaul qui le dit : la banque alimentaire de Rockland, son « bébé », est une machine bien huilée.

Responsable des opérations de l’organisme depuis près de 15 ans, elle avoue qu’il y a des années plus difficiles que d’autres. Mais contrairement à plusieurs organismes, qui sont souvent aux prises avec des défis liés au transport, les gens ont assez de facilité à se rendre à la banque alimentaire.

« Pour beaucoup de gens, c’est difficile, parce qu’ils partent de loin, mais ils se rendent ici de plusieurs façons », affirme la vice-présidente de l’organisme.

Valoris pour enfants et adultes de Prescott-Russell, par exemple, offre parfois du soutien en envoyant des bénévoles pour le transport. « Autrement, les gens s’organisent entre voisins, en famille, en faisant du covoiturage. Quand ils sont vraiment mal pris, on a des bénévoles qui vont les reconduire chez eux après leur passage ici. Parfois, on leur paie un taxi. »

Le rêve, pour Mme Gaul, ce serait qu’un arrêt d’autobus du nouveau service de transport intermunicipal PR Transpo soit ajouté au coin de la rue. « Ça nous aiderait, mais les budgets, on ne les a pas. »

Communauté tissée serrée

La banque alimentaire de Casselman fournit les résidents de la municipalité de Casselman, mais aussi ceux de certains quartiers de la municipalité de La Nation, tels que St-Albert.

Selon la présidente Diane Perreault, toutefois, la distance ne représente pas leur plus grand défi.

Par ailleurs, les responsables de ces deux banques alimentaires sont d’accord : « Sans la communauté, on ne pourrait pas exister. »

Mme Gaul affirme que malgré la grande distance, il est plus facile pour sa banque alimentaire d’obtenir l’aide de la communauté. Elle explique cette différence par le fait que la communauté de Clarence-Rockland, composée d’un peu moins de 25 000 âmes, est plus tissée serrée que dans les plus grandes villes comme à Ottawa, où la population a atteint le million au cours de la dernière année. « On est chanceux. Les villes n’ont pas cette chance-là, parce que c’est tellement grand. Nous, on est encore communautaire. »

Même son de cloche pour Mme Perreault.

Toutes les deux soulignent la collaboration de leur municipalité respective, des commerçants de la région, des écoles ainsi que des divers organismes.