En 2019, le canton d’Alfred et Plantagenet a enregistré un surplus budgétaire de 439 000$.
En 2019, le canton d’Alfred et Plantagenet a enregistré un surplus budgétaire de 439 000$.

D’anciens surplus budgétaires à la rescousse d’Alfred et Plantagenet

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
La pandémie de la COVID-19 a forcé le canton d’Alfred et Plantagenet à revoir ses échéanciers financiers pour la suite de l’année 2020, alors que le manque à gagner est de près de 240 000$ dans les coffres de la municipalité.

«Il faut balancer ça à zéro», souligne le maire du canton, Stéphane Sarrazin, lors de la révision budgétaire. Comme plusieurs autres municipalités, M. Sarrazin met bien évidemment la COVID-19 comme principale cause du déficit.

«[La COVID] a affecté les revenus des salles et des bars, ça requiert des équipements additionnels, on a dû faire des modifications à nos bureaux [municipaux] pour recevoir éventuellement des gens. Tout ça a coûté de l’argent.» À titre comparatif, en 2019, les coffres d’Alfred et Plantagenet ont plutôt enregistré un surplus budgétaire de 439 000$.


« J’aimerais ça qu’on reste prudent pour le reste de l’année et l’année prochaine le plus possible et éviter qu’on pige dans nos réserves pour qu’on n’ait pas à augmenter les taxes encore de 3, 4, 5%. »
Suzanne Lafrance, conseillère

Mais tout n’est pas sombre. C’est d’ailleurs cette gestion efficace des finances publiques et les surplus enregistrés dans les années antérieures, qui permettront à la municipalité d’essuyer une bonne partie des dépenses supplémentaires engendrées par la pandémie, sans trop de dégâts. «[En 2019], on s’est dit OK, on a un surplus de 439 000$. Là [en 2020], on s’enligne pour avoir une perte de quelques centaines de milliers [de dollars]. [...] Pourquoi pas mettre [le surplus] dans le manque à gagner et l’utiliser pour régler quelques problèmes», ajoute le maire.

Investissements en loisir

Des investissements possibles pour accroître l’offre du département des loisirs seraient d’ailleurs un des premiers dossiers à régler, selon le conseil.

«Je pense que c’est le bon temps pour mettre de l’argent dans nos infrastructures de loisir», explique le maire. Plusieurs projets prévus depuis plusieurs années avaient été retardés précédemment, mais ont récemment refait surface. «[Avec la pandémie], les gens restent beaucoup plus chez eux. On le voit aux jeux d’eau, à la piscine, les gens [ont] hâte. [...] On peut investir 20 millions dans les chemins, mais au bout du compte ça ne paraît pas beaucoup. Mais quand on investit dans nos loisirs, je pense que tout le monde en bénéficie», mentionne le maire.

Une certaine réserve

Stéphane Sarazin a cependant tenu à rappeler qu’une révision budgétaire, n’est pas l’occasion de faire apparaître de nouveaux projets, mais plutôt de voir, parmi ceux en banque, lesquels seront réalisables ou lesquels ont besoin d’être revus. «C’est de regarder où on en est avec notre situation financière, notre bilan de l’année, et voir où on s’en va».

Certains conseillers espèrent d’ailleurs que la municipalité demeurera vigilante, alors que la pandémie n’est pas terminée. «Ça roule encore au ralenti. J’aimerais ça qu’on reste prudent pour le reste de l’année et l’année prochaine le plus possible et éviter qu’on pige dans nos réserves pour qu’on n’ait pas à augmenter les taxes encore de 3, 4, 5%.», indique pour sa part la conseillère Suzanne Lafrance, rappelant que les citoyens du canton avaient déjà dû essuyer une hausse de taxe de 3,01% au début de l’année, avant même les ravages de la pandémie.