«Les gens sont biens, le moral est bon, mais ils sont conscients que ce n’est pas ce que c’était il y a un mois. Il y a une mélancolie qui s’installe chez certains d’entre eux», raconte le copropriétaire de L’Auberge Plein Soleil.
«Les gens sont biens, le moral est bon, mais ils sont conscients que ce n’est pas ce que c’était il y a un mois. Il y a une mélancolie qui s’installe chez certains d’entre eux», raconte le copropriétaire de L’Auberge Plein Soleil.

COVID-19: Une résidence pour ainés de l’Est ontarien prête au combat

Alors que de plus en plus de cas de la COVID-19 sont répertoriés dans les résidences pour aînés, une résidence d’Alfred dans l’Est ontarien a voulu prendre le taureau par les cornes dès les premiers jours de la propagation du virus.

À l’heure actuelle, L’Auberge Plein Soleil a été épargnée par la COVID-19. On n’y recense aucun cas. «On a réalisé ce qui se passait ailleurs et ce qui semblait s’en venir, on a réagi immédiatement», affirme Luc Lamarre, copropriétaire de la résidence où logent 46 âmes.

Monsieur Lamarre est confiant des mesures mises en place, mais certains aspects sont hors de son contrôle. «Nous sommes prêts. Il y a des fournitures en cas d’isolement. (...) Le personnel est habitué, mais là le virus étant plus virulent que d’autres, il faut doublement être préventif et prendre des précautions.»

Luc Lamarre assure que son protocole convient aux règles et consignes des différents paliers de gouvernement. Dès la confirmation d’un test positif dans l’enceinte de son établissement, il y aurait évidemment une isolation complète de la résidence. «Personne n’est à l’abri. (...) Malgré qu’on ne peut pas promettre qu’il n’y aura pas l’entrée du virus un jour ou l’autre, on fait tout ce qui est humainement possible avec les ressources qu’on a.»

Un quotidien bouleversé

Suzanne Fontaine, une résidente de l’auberge depuis presque deux ans, l’admet: certains résidents vivent moins bien avec l’isolement et se sentent plus seuls. Mais pour sa part, elle ne se permet pas de perdre le moral. «On chiale un peu, mais quand on se raisonne on se dit que ça a de l’allure! Il y en a pour qui c’est plus pénible, ça dépend de la personnalité de chacun. Mais moi c’est pas mon genre. Je vais attendre encore avant de démoraliser.»

Luc Lamarre comprend les sacrifices quotidiens énormes qu’ils demandent aux résidents. «Les gens sont biens, le moral est bon, mais ils sont conscients que ce n’est pas ce que c’était il y a un mois. Il y a une mélancolie qui s’installe chez certains d’entre eux (...) À la mi-mars, on a finalement suspendu certains services tels que coiffure, manucure. On a espacé les fauteuils dans les salons, ils ne peuvent plus jouer aux cartes entre eux. (...) C’est ça qu’on appelle des petites pertes quotidiennes.» Il ne peut que souhaiter que les résidents focalisent maintenant sur le fait qu’il ne s’agit que d’une période temporaire. «Ils ont moins de contact, moins de chaleur humaine de leurs co-résidents, mais on demande toujours aux familles de communiquer avec eux de façon régulière par le biais d’un outil électronique. C’est très important.»

L’équipe c’est la clé

Sans surprise, les employés de l’auberge suivent un horaire plus chargé, mais les heures demeurent saines, souligne Monsieur Lamarre. Il faut s’assurer de créer une charge de travail durable, sachant que la situation actuelle peut se prolonger sur le moyen ou le long terme. «Dieu merci l’équipe est formidable (...) C’est des gens qui sont aussi en première ligne. Ils ne sont pas dans des salles d’urgence entourés de gens affectés par le virus, mais ils se lèvent, viennent tous les jours, offrir ces services aux aînés qui en ont besoin. Nous sommes chanceux», ajoute-t-il.

Suzanne Fontaine voit d’ailleurs quotidiennement plus de tâches être ajoutées aux assiettes de l’équipe de soin. «Ils font vraiment tout ce qu’ils peuvent ici (...) C’est rien aller se chercher un biscuit, mais maintenant c’est eux qui doivent le faire pour nous. (...) Sont tough. Sont encore là et on ne manque pas de grand chose.»

Pour l’instant, Suzanne Fontaine ne baisse pas les bras et ne peut que souhaiter un retour à la normale prochainement. Pour passer le temps, elle lit, tricote, écoute de la musique et travaille sur son ordinateur. «J’ai hâte de revoir mes enfants, recommencer à prendre des marches. Chaque chose en son temps».