La maison d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale Maison Interlude House, dans l’Est ontarien, dénote une diminution des appels depuis le début de la pandémie de COVID-19.
La maison d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale Maison Interlude House, dans l’Est ontarien, dénote une diminution des appels depuis le début de la pandémie de COVID-19.

COVID-19: Moins d’appels dans un centre d’hébergement pour femmes dans l’Est ontarien

La maison d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale Maison Interlude House, dans l’Est ontarien, dénote une diminution des appels depuis le début de la pandémie de COVID-19.

«[La COVID-19] affecte l’ensemble de nos opérations», spécifie sa directrice générale, Muriel Lalonde. 

La Maison offre habituellement des consultations en personne avec les femmes en besoin d’accompagnement, mais tout a dû cesser avec les mesures de confinement et de distanciation sociale. «On veut essayer d’aider [les femmes] à distance le mieux qu’on peut.»

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Muriel Lalonde demeure consciente que le travail à distance diminue l’impact qu’elle peut avoir sur certaines clientes. 

«Dans environ 50% des dossiers qu’on a ouvert, souvent la femme est encore avec l’abuseur, elle est dans une situation où elle ne peut pas prendre des appels ou n’a pas de téléphone pour nous répondre, n’a pas d’internet ou est isolée.»

Mêmes échos du côté du centre d’hébergement, où les façons de faire ont également dû être adaptées. L’établissement a mis en place des mesures de dépistage des personnes qui entrent et qui sortent de l’hébergement, les sorties quotidiennes des femmes qui y résident sont limitées, mais surtout, la capacité d’accueil a grandement été amputée. 

La Maison Interlude House possède cinq chambres qui peuvent habituellement accommoder entre 12 à 15 personnes selon les situations, poursuit la directrice générale. 

«On a dû réduire de moitié l’occupation. Habituellement dans une chambre, deux femmes peuvent la partager. Maintenant à cause des mesures de distanciation, on limite une personne ou une famille par chambre.»


« C’est un peu alarmant parce qu’on est dans une région éloignée rurale. [...] [L’aide] est limitée à cause du confinement. »
Muriel Lalonde

Un silence qui inquiète

Muriel Lalonde constate une nette réduction au niveau des appels, ce qui n’est pas nécessairement positif. 

«C’est un peu alarmant parce qu’on est dans une région éloignée rurale. [...] [L’aide] est limitée à cause du confinement. L’isolement, le confinement, c’est fait en fonction de nous garder en sécurité, mais pour une femme qui vit de la violence, évidemment ça pose un stress supplémentaire au niveau de sa sécurité parce que là c’est compromis.» 

Elle souhaite avant tout éduquer et sensibiliser la communauté à être vigilante et à déceler les signes des personnes qui pourraient se retrouver dans des situations de détresse.

«Téléphonez ces gens-là, prenez de leurs nouvelles. Essayez d’entrer en contact autant que possible pour essayer de voir si elles sont justement en sécurité ou si elles ont besoin d’aide. 

Moins d’appels, plus d’effectifs

Alors que plusieurs entreprises ou organismes ont dû faire de nombreuses mises à pied ou ont perdu une quantité importante de leur main-d’oeuvre, Madame Lalonde ne compte seulement présentement que deux employés en arrêt de travail sur le total de ses effectifs. La Maison Interlude a même dû au contraire embaucher des employés.

«En fait on a rajouté des ressources à l’hébergement, on a mis une ressource spécifiquement pour faire les repas pour minimiser autant que possible la manutention des aliments. On a embauché quelqu’un de plus pour venir nettoyer, désinfecter les aires communes de la maison d’hébergement.» 

Elle  ajoute cependant que ce surplus d’effectifs n’est probablement pas que temporaire. Selon elle, une fois la crise calmée, il y aura assurément un bond du nombre d’appels et de visites à la Maison, alors que les femmes ne seront plus confinées. «C’est à ce moment-là que ces ressources vont être encore plus nécessaires.»

Malgré la difficulté que peuvent avoir certaines femmes à bénéficier des services de la Maison Interlude pendant la pandémie, Muriel Lalonde souhaite passer le mot que l’aide est disponible et accessible. 

«Que ce soit par notre page Facebook, que ce soit par notre téléphone. On est là pour elles. On va faire tout en notre pouvoir pour les aider à tenter de fuir le milieu dans lequel elles sont en ce moment.»