La COVID-19 a frappé durement les communautés immigrantes, mais les organismes de soutien à l’immigration francophone de l’Est ontarien redoublent d’ardeur pour soutenir ces collectivités dans le besoin. 
La COVID-19 a frappé durement les communautés immigrantes, mais les organismes de soutien à l’immigration francophone de l’Est ontarien redoublent d’ardeur pour soutenir ces collectivités dans le besoin. 

COVID-19: les communautés immigrantes durement touchées dans l'Est ontarien

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
La COVID-19 a frappé durement les communautés immigrantes, mais les organismes de soutien à l’immigration francophone de l’Est ontarien redoublent d’ardeur pour soutenir ces collectivités dans le besoin. 

Difficile, pour le moment, de comprendre l’impact réel de la pandémie sur l’immigration francophone, mais elle est, ou sera après la COVID, bien réelle, croient des organismes communautaires concernés. «Imaginez, pour le blanc qui connaît déjà tout le monde et qui a sa famille à proximité, c’est difficile la pandémie. Donc toute communauté marginalisée et vulnérable, ça doit être horrible. La maman et la grand-maman ne sont pas là, ils sont inquiets, ils n’ont pas assez d’argent, ils ont souvent des grosses familles», soulève l’experte-conseil en développement stratégique à l’Association canadienne-française de l’Ontario de Stormont, Dundas et Glengarry, Ethel Côté. «Tout le monde subit la pandémie en même temps, mais quand tu travailles dans le communautaire, tu n’as pas le choix de te dire que des gens vivent la crise encore plus difficilement.»

Mme Côté dit avoir rapidement constaté que cette population éprouvait une grande difficulté à comprendre comment avoir accès aux programmes et aux services d’aide. L’ACFO-SDG a donc travaillé sur plusieurs fronts. «On a tellement la broue dans le toupet depuis le mois de mars. Les gens pensent qu’on se repose, mais non! Quand la pandémie est arrivée, on a travaillé sur plusieurs [aspects]: les webinaires sur les mesures gouvernementales, appeler aussi des familles parce que le contact humain est très important, noter les besoins et référer [aux organismes appropriés].» 


« En centre urbain et en région rurale et semi-rurale, quand on est francophone, on a besoin de toutes les âmes qui vivent pour avoir une belle communauté. »
Ethel Côté

#ImpactImmigration

Ce que l’ACFO-SDG a fait pendant la COVID-19, c’est exactement ce que le Réseau de Soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario (RSIFEO) a voulu mettre de l’avant pendant sa campagne virtuelle #ImpactImmigration, qui s’est déroulée toute la semaine sur la page Facebook de l’organisme. 

Le but derrière cette campagne est simple. L’organisme voulait avant tout que les organisations qui travaillent avec les communautés immigrantes échangent des pratiques, des réflexions sur l’impact de la COVID sur l’immigration francophone ou l’impact de l’immigration francophone post-COVID, souligne Brigitte Duguay, coordonnatrice au RSIFEO. «On remarque sur nos forums de discussions des commentaires d’organisations qui se sont prises autrement pendant la crise, qui ont revu leur façon de desservir la clientèle immigrante. Ce qu’il est important de constater c’est que la clientèle a continué d’être aidée.»

L’ACFO-SDG a entendu l’appel du RSIFEO et s’est volontiers prêté au jeu, participant activement aux discussions. «On aura beau dire que le Canada est un pays d’accueil, il y a beaucoup de communautés de souche qui méconnaissent ces nouveaux arrivants-là. Faire des activités numériques ou médiatiques, c’est bénéfique pour tout le monde», ajoute Ethel Côté. 

Selon elle, les réseaux sociaux deviennent la parfaite courroie de transmission pour avoir un impact décuplé. «Sur Facebook, il y a l’effet du relais. On ne rejoint pas juste nos amis, on peut rejoindre facilement 15 000, 20 000 personnes», indique-t-elle. «En centre urbain et en région rurale et semi-rurale, quand on est francophone, on a besoin de toutes les âmes qui vivent pour avoir une belle communauté.»