Un homme de l’Est ontarien atteste avoir été témoin de certaines lacunes lors de son passage à l’Hôpital général de Hawkesbury.
Un homme de l’Est ontarien atteste avoir été témoin de certaines lacunes lors de son passage à l’Hôpital général de Hawkesbury.

COVID-19: Des lacunes à l’HGH, croit un couple de l’Est ontarien

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
Pas de test de dépistage de la COVID-19 et omission du port du masque: un homme de l’Est ontarien atteste avoir été témoin de certaines lacunes lors de son passage à l’Hôpital général de Hawkesbury.

«Il est demeuré six jours aux soins intensifs et ne sait jamais fait tester pour la COVID», déplore la conjointe du patient présentement en rémission d’une diverticulite.

Femme d’affaires connue dans l’Est ontarien, elle a préféré témoigner au nom de son mari sous le couvert de l’anonymat. «Je trouvais ça [étrange] que dans un hôpital où moi je ne pouvais même pas me présenter, même si mon conjoint était aux soins intensifs, ils ne font même pas passer de tests.»

Dans les premiers mois de la pandémie, seuls les individus présentant des symptômes de la COVID-19 étaient invités à se faire dépister. Mais depuis les dernières semaines, les autorités de santé publique incitent toute la population à passer un test de dépistage, ne serait-ce que pour avoir la conscience tranquille. Dans ce cas-ci, puisque l’homme n’avait pas de symptômes, une infirmière lui aurait répondu qu’un test de dépistage n’était pas requis. «C’est pour ça que nous on a réagi!», s’exclame sa conjointe. «Qui dit qu’il n’était pas infecté et qu’il n’avait pas de symptômes. Il avait fait de la fièvre avant de partir pour l’hôpital à cause de son infection et de la fatigue extrême. Il avait des symptômes similaires à ceux de la COVID», se désole-t-elle. «En plus, quand ils l’ont sorti [de sa chambre], ils l’ont sorti sans masque à travers l’hôpital. Il manquait de masques, il manquait de pantoufles.»

L’HGH se défend

Interrogé sur la situation, l’Hôpital général de Hawkesbury se défend d’avoir mis en place un plan de pandémie rigoureux et convenable à la crise. «Pour l’hôpital, il y a un dépistage qui est fait dès l’entrée, à l’entrée principale ou à l’urgence, et il y a une foule de questions. Une fois que ces questions-là sont posées, on est très soucieux de nos ressources et on évalue les risques», explique la vice-présidente des ressources humaines et relations communautaires à l’HGH, Gisèle Larocque. Même écho pour le port du masque. «Nos gens portent leurs masques, on a une politique universelle de masques et de tous les [équipements de protection personnelle]. Ces choses-là sont très importantes.»

Sans commenter cette situation particulière par souci de confidentialité, Mme Larocque souligne que lorsqu’il est question du dépistage du coronavirus, la situation est complexe. «On va [évaluer] selon la situation, selon le patient, selon les symptômes qui sont présentés, selon l’absence de raison sous-jacente. Ce n’est pas juste si un patient se présente avec une certaine fièvre.» Elle mentionne aussi que plusieurs autres procédures médicales peuvent être effectuées sans être clairement libellées comme faisant partie d’un dépistage de la COVID. «[Le patient] n’a peut-être pas réalisé ceci, mais beaucoup d’éléments ont été considérés pour cette personne pour décider si oui ou non on doit faire le test de dépistage.»

Pas une clinique de dépistage

Par ailleurs, l’Hôpital souhaite rappeler aux gens que l’HGH n’est pas le centre d’évaluation établi de la COVID-19 dans le secteur. «Si quelqu’un venait à l’HGH simplement pour se faire dépister comme ça, il faudrait aller au centre. Dans la région, il y a vraiment une faible prévalence de la COVID. Nous, on demeure vigilants. Autant que [la COVID-19] est dans la communauté, je crois que c’est important de savoir que l’HGH en tant que tel [a été épargné].»

Mais pour la femme du patient, c’est trop peu trop tard. «[Ça crée] un problème de confiance quant à moi. [...] Ça a créé beaucoup d’insécurité.»

L’HGH indique que toute personne ayant des inquiétudes face à une situation vécue entre ses murs devrait entrer en contact avec les responsables de l’hôpital et qu’il ne faut pas hésiter de s’y présenter si des symptômes importants du virus apparaissent.

Questionné par Le Droit à cet effet, le Bureau de santé de l’est de l’Ontario a indiqué de pas être en mesure d’émettre une réaction en lien avec la situation.