Des Canadiens en quarantaine à bord du bateau de croisière Diamond Princess, au Japon, seront éventuellement envoyés à Cornwall à leur retour au pays. 
Des Canadiens en quarantaine à bord du bateau de croisière Diamond Princess, au Japon, seront éventuellement envoyés à Cornwall à leur retour au pays. 

Coronavirus et rapatriement des Canadiens du Diamond Princess: Cornwall en gestion de crise

Émilie Pelletier
Émilie Pelletier
Initiative de journalisme local — Le Droit
Des Canadiens coincés au Japon à bord du bateau de croisière Diamond Princess seront rapatriés au pays, a annoncé le gouvernement fédéral, samedi. Ceux qui n’ont pas de symptômes du coronavirus seront envoyés à Trenton pour y être évalués, et seront ensuite mis en quarantaine à Cornwall. Une décision qui est loin de faire l’unanimité dans cette ville de l’Est ontarien.

À leur arrivée à l’Institut de formation NAV Canada de Cornwall, les passagers du navire y seront gardés en quarantaine pendant deux semaines.

La mairesse de Cornwall, Bernadette Clement, qui n’a pas été consultée pour cette décision, déplore le manque d’information de la part du gouvernement fédéral. 

Dimanche, elle a assisté à une rencontre à laquelle participaient entre autres les Forces canadiennes, le Bureau de santé de l’est de l’Ontario, la Croix-Rouge et les employés du centre NAV. 

Après cette réunion, la mairesse Clement a demandé à la directrice générale de la municipalité, Maureen Adams, d’activer le Centre des opérations d’urgence « pour établir une réunion d’urgence du Groupe de contrôle communautaire (GCC) afin de recevoir un exposé sur les détails de la situation ».  Le GCC et des représentants des ministères fédéraux et du Conseil mohawk d’Akwesasne se sont réunis dimanche.

Dans une vidéo publiée tôt lundi matin sur Facebook, la mairesse a affirmé qu’elle avait fait comprendre aux différentes instances gouvernementales les inquiétudes et les frustrations des résidents, qu’elle dit partager, notamment en raison du manque d’information. « Si c’était moi qui contrôlais la situation, j’aurais fait les choses différemment. J’aurais préféré avoir un préavis, et avoir mon mot à dire dans ce dossier. Mais la législation permet au gouvernement fédéral de désigner un endroit pour la quarantaine. On doit maintenant se concentrer sur l’obtention de meilleures informations. »

Le député fédéral de la région, le conservateur Eric Duncan,  dénonce lui aussi le manque de transparence du gouvernement Trudeau. « Je partage les frustrations de la mairesse et je n’ai pas été avisé de ceci du tout. Décevant », a-t-il tweeté, dimanche. 

La mairesse Clement et le député Duncan ont tous les deux appris la nouvelle via les médias sociaux. 

« Les résidents de Cornwall et de la région n’ont pas besoin de s’inquiéter. Il n’y a aucun risque pour le public. Nous sommes bien préparés pour répondre à tous les besoins médicaux de manière sécuritaire », a déclaré le médecin hygiéniste du Bureau de santé de l’est de l’Ontario,
Paul Roumeliotis.

Les passagers mis en quarantaine seront pris en charge par l’équipe provinciale d’assistance médicale d’urgence (EMAT), tandis que la Croix-Rouge fournira des services de soutien, indique un communiqué publié par la Ville de Cornwall, lundi après-midi. 

Les passagers seront mis en quarantaine dans une section du centre NAV séparée du reste du bâtiment, et le risque que les résidents de Cornwall contractent le COVID-19 demeure faible.

Le Centre NAV Canada de Cornwall abrite aussi un hôtel, un centre de conférence et un centre sportif. Plusieurs s’inquiètent pour ceux qui le fréquentent et qui y travaillent.