Les inondations frappent plusieurs villages de l'Est ontarien.

Consternation et désolation

Malgré leurs efforts soutenus pour combattre la crue des eaux, plusieurs riverains de l'Est ontarien ont dû se résigner à abandonner leur demeure ce week-end, notamment à Clarence-Rockland.
Dans le secteur de Clarence Point, malgré les murs de sacs de sable, des résidents ont été évacués de force de leur résidence, dimanche. Les émotions étaient très palpables dimanche, entre autres sur la rue Pago. 
« Les gens ici doivent carrément quitter leur maison, car elles sont perdues. Les sacs de sable ne suffisent tout simplement plus », a expliqué Maurice St-Amour qui travaille depuis jeudi dernier à la protection des citoyens et résidence du secteur de Clarence Point. 
« L'eau a avancé au-delà de vingt pieds depuis vendredi », a précisé M. St-Amour. 
La Cité de Clarence-Rockland a déclaré l'état d'urgence jeudi dernier. Bien que l'armée n'ait pas été appelée en renfort, certains militaires hors service se sont déplacés dans le secteur de Clarence Point. C'est le cas de Diana Kortelainen, membre des Forces canadiennes.
« Depuis plusieurs jours, nous essayons de fortifier les maisons. Nous avons bien vu depuis les derniers jours qu'il y a des maisons qui ne survivront pas. Aujourd'hui, nous expliquons aux gens qu'ils doivent quitter pour des raisons de sécurité », explique Mme Kortelainen. 
Lors d'un point de presse tenu dimanche, le maire de Clarence-Rockand, Guy Desjardins, a déploré un manque de sac de sable pour permettre aux citoyens de protéger leurs résidences. Déjà plus de 120 000 sacs de sable ont été distribués. Un autre 10 000 sacs était en attente en provenance de Russell et un autre 10 000 sacs devaient arriver en provenance de Sudbury. 
Le maire s'est dit déçu par la province alors que sa municipalité était en quête de sacs pour ses résidents. 
« J'ai été déçu par la province qui nous a dit pratiquement de s'arranger avec nos troubles puisque d'autres municipalités avaient déjà demandé de l'aide. Tout ce que nous demandions c'était des sacs vides.
Il y a des armées de plus de 200 bénévoles qui appuient les sinistrés, mais l'armée canadienne n'est pas sollicitée à Clarence-Rockland en ce moment.
«Nous n'avons pas besoin de l'armée. Elle est nécessaire ailleurs. Nous on en vient à bout», a indiqué M. Desjardins en rappelant que la province est responsable du déploiement de l'armée. 
Jusqu'à présent, quelque 24 résidences ont été évacuées sur quelque 180 résidences touchées. Le niveau de l'eau doit continuer d'augmenter de plus d'une dizaine de centimètres.  
Pour l'instant, l'état d'urgence doit être maintenu jusqu'à lundi. Elle pourrait s'étirer jusqu'à mardi selon les niveaux de l'eau.  
La police provinciale de L'Ontario (PPO) ne rapporte aucun incident majeur, mais demande aux citoyens de ne pas se rendre dans le secteur par la voie navigable puisque les vagues créées pourraient causer d'autres dommages aux résidences.
État d'urgence décrété à Champlain
Dans le canton de Champlain, l'état d'urgence a été décrété dimanche vers 15 h.  
Dans le secteur de L'Orignal notamment, les rues Dufour et Montpetit de même que le camping Larochelle ont été évacués alors que l'eau continue de gagner du terrain.
L'état d'urgence doit notamment servir à protéger à la fois les citoyens et les services et bénévoles oeuvrant pour la municipalité. 
Par ailleurs, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Ralph Goodale a réagi en fin de journée, dimanche. «J'ai reçu une demande de la ministre Marie-France Lalonde de la Sécurité communautaire et des Services correctionnels de l'Ontario, relativement à la situation d'inondations J'ai accepté sa demande d'aide fédérale afin de fournir des ressources pour atténuer les effets des inondations pour les communautés touchées. Cette demande de l'Ontario ne nécessite pas le déploiement du personnel des Forces armées canadiennes.»