Le campus d'Alfred de l'Université de Guelph.

Collège d'Alfred: la possible transition vue d'un bon oeil

Les réactions ont fusé de toutes parts, mardi, quand les rumeurs de fermeture du campus d'Alfred de l'Université Guelph, dans l'Est ontarien, se sont dissipées. L'Union des cultivateurs franco-ontariens (UCFO) a même parlé d'un «scénario catastrophe», tout en soulignant qu'il ne s'agissait que d'allégations.
Mais après coup, certains en ont vu du bon.
L'écho qui prédisait la fermeture définitive du collège d'Alfred, la seule institution scolaire spécialisée en agriculture complètement francophone en Ontario, a frappé un muret en fin de journée.
L'Université Guelph, devrait plutôt annoncer aujourd'hui qu'elle céderait le collège d'Alfred à d'autres mains, plutôt que de mettre la clef sous la porte, selon ce qu'a appris LeDroit.
Pour Jean Poirier, l'un des pères du premier collège francophone de l'Ontario, en occurrence le collège d'Alfred, voit d'un bon oeil la transition qui s'amorce. Ce dernier évoque avec positivisme la possibilité que le collège d'Alfred puisse être repris par une institution francophone.
«Il n'y avait pas d'avenir pour le collège d'Alfred avec l'Université Guelph, qui est anglophone. On a fait avec car nous n'avions pas le choix. Mais je vois maintenant la lumière au bout du tunnel. Il y a un avenir pour le collège d'Alfred et il y a des solutions envisageables qui s'offrent», a commenté Jean Poirier, l'instigateur du mouvement citoyen pour l'implantation du collège d'Alfred lors de sa création.
Réactions du milieu franco
L'UCFO a rapidement réagi à la situation, mardi.
«Il est primordial, pour l'avenir des communautés agricoles francophones de la province, de garder nos institutions francophones. Les jeunes qui désirent se lancer en agriculture doivent pouvoir recevoir une formation de qualité dans leur propre langue. Il serait impensable d'avoir un trou béant à cet égard», a déclaré Simon Durand, le directeur général de l'UCFO.
Au sein de la francophonie et du milieu de l'agriculture dans l'Est ontarien, la nouvelle a évoqué une prise de conscience mardi.
«Ce serait extrêmement grave que les institutions de l'Est ontarien ne suggèrent plus d'offre de formation en agriculture en français en Ontario. Ce serait inconcevable», a commenté Simon Durand.
Au moment d'aller sous presse, ni l'Université Guelph, ni le bureau de la première ministre de l'Ontario n'ont voulu commenter.