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Colacem veut construire une cimenterie à côté d'une carrière qu'elle exploite à L'Orignal, dans l'Est ontarien.
Colacem veut construire une cimenterie à côté d'une carrière qu'elle exploite à L'Orignal, dans l'Est ontarien.

Cimenterie de L’Orignal: Action Champlain en campagne de financement pour faire appel

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
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Le Tribunal d’aménagement de l’Ontario (TAAL) a tranché le 12 avril dernier en défaveur du regroupement citoyen Action Champlain, qui s’oppose à l’implantation d’une cimenterie dans le village de L’Original, dans l’Est ontarien. À la suite de cette décision, l’organisation a lancé dimanche une campagne de financement pour espérer porter la décision en appel.

«On pense que c’est une farce», a lancé André Chabot, porte-parole du groupe Action Champlain, lors d’une réunion extraordinaire virtuelle regroupant une centaine de citoyens mécontents, dimanche soir. «Peu importe à quel point nous sommes déçus ce soir, une décision doit être prise. Action Champlain a besoin du soutien de la communauté pour pouvoir aller en appel.» Selon l’organisation, 95% des citoyens demeurant dans un rayon de 5km du terrain visé pour le projet s'y s’opposent. 

Pour faire appel de la décision du TAAL, Action Champlain doit amasser 110 000$ afin de couvrir les frais d’avocat et les frais judiciaires. Ce montant servira également à couvrir les frais juridiques de Colacem, si Action Champlain perdait sa cause de nouveau.

Objectif à moitié atteint

Dans les heures qui ont suivi la réunion extraordinaire, Action Champlain a amassé 56 000$, soit environ la moitié de son objectif. Bien que ce montant soit encore loin de la cible finale, il permettra aux avocats d’Action Champlain d’entamer certaines procédures. «Nous avons amassé $56,000 en une heure, le message est clair, on a donné le mandat aux avocats de faire la première partie et de nous donner une recommandation légale si oui ou non, on devrait poursuivre avec la motion d’aller en appel», a indiqué l’organisation dans un message dirigé à ses supporters. «On regarde déjà quelques points», a ajouté M. Chabot. «La raison pour laquelle notre plan d’action n’est pas plus [étoffé], c’est que [la réunion] est ouverte au public et on ne veut pas tout dévoiler présentement», a expliqué le porte-parole.

Le support des politiciens demandé

Plusieurs politiciens ont fait acte de présence lors de la réunion dimanche soir, comme le député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin, et son homologue provinciale, Amanda Simard. Mais Action Champlain a réitéré qu’il aurait préféré plus de support des différents gouvernements en amont de la décision. «Il y a beaucoup d’embûches qu’on a passées à travers», a indiqué Michael Santella, un des fondateurs d’Action Champlain. «C’est sûr que ça met à l’usure ceux qui font partie du groupe principal. On aurait aimé compter peut-être un peu plus sur nos politiciens. Juste le fait qu’on partage une rive entre deux provinces, ça devrait tomber sur une juridiction fédérale. Il y a beaucoup d’éléments qui ne semblent pas avoir été pris en compte dans tout ça.»

L’un des principaux concernés, Francis Drouin, a néanmoins pris la parole et a invité les citoyens à donner. «Il faut acheter du temps que vous soyez pour, que vous soyez sur la clôture, ou que vous soyez contre, je crois qu’il faut s’assurer qu’on a tout fait pour savoir si oui ou non, c’est un projet viable pour notre communauté.»

Action Champlain espère d’ailleurs que le canton de Champlain, qui est aussi opposé au projet, contribue à cette campagne de financement en égalant le montant amassé auprès des gens de la communauté. Le conseil municipal doit se réunir pour une réunion extraordinaire à huis clos, mardi soir, pour discuter de son implication. «Les droits de la communauté méritent d’être protégés», a lancé la conseillère du canton, Violaine Tittley.

Action Champlain a jusqu’au 27 avril pour prendre sa décision et faire officiellement appel.

«C’est une insulte ce qui se produit en ce moment. Nous avons d’autres options. Vous pouvez être assurés qu’on n’a pas fini de se battre», conclut M. Chabot.