Le maire d'Alfred et Plantagenet Stéphane Sarrazin et la députée de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard
Le maire d'Alfred et Plantagenet Stéphane Sarrazin et la députée de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard

C’est l’impasse entre Stéphane Sarrazin et Amanda Simard

La députée de Glengarry-Prescott-Russell Amanda Simard croit être au centre d’une campagne de salissage en lien avec des critiques d’élus locaux quant à son implication dans son comté pendant la pandémie. Mais le maire d’Alfred et Plantagenet, Stéphane Sarrazin, demeure d’avis que les importantes lacunes dans les responsabilités de la députée vont bien au-delà de la COVID-19.

«Si je les appelle, c’est une stratégie politique, si je ne les appelle pas, je ne suis pas attentive et je ne veux pas les aider. Qu’est-ce que je suis censée faire?», s’insurge Mme Simard. Cette dernière avait joint M. Sarrazin par courriel en début de pandémie pour lui offrir son aide en cas de besoin. Stéphane Sarrazin avait alors répondu à la députée qu’il n’avait pas besoin d’elle pour l’instant, mais qu’il la contacterait le cas échéant, peut-on lire sur une capture d’écran publiée sur Facebook jeudi. M. Sarrazin avait toutefois indiqué au Droit qu’il ne se sentait pas supporté par la députée. «La balle était dans son camp. C’était écrit noir sur blanc», indique Mme Simard.

Selon M. Sarrazin, refuser l’aide de la politicienne est justifiable par l’impact limité que peut avoir la députée sur plusieurs dossiers régionaux à l’Assemblée législative. «Je ne veux pas être négatif, mais en ce moment on n’a pas besoin de son aide parce qu’on ne croit pas que ça puisse faire la différence. Pourquoi entrer en communication avec elle, quand on sait que sa voix à Queens Park n’est probablement pas meilleure que la mienne à Toronto présentement», indique-t-il.  

«Peu importe ce qu’il pense [sur l’aide que je peux apporter], ça ne justifie pas de dire que je ne l’ai pas aidé. C’est faux. Moi si on me dit ‘’je vais t’appeler quand je t’ai besoin’’, c’est clair. Et c’est l’offre que j’ai faite», explique Amanda Simard, qui souligne que son courriel est la preuve de sa bonne foi. 


« Si je les appelle, c’est une stratégie politique, si je ne les appelle pas, je ne suis pas attentive et je ne veux pas les aider. »
Amanda Simard

Mais pour Stéphane Sarrazin, la plaie demeure bien ouverte. «Ça va au-delà de l’aide de la COVID-19. On a plusieurs dossiers dans Prescott et Russell qu’on aimerait faire avancer depuis longtemps. [...] Entendons-nous comme il faut. Elle faisait partie du parti conservateur qui était au pouvoir. Tu lâches ça pour te retrouver au parti libéral. Et c’est ben correct, je n’ai rien contre ça. [...] Mais elle n’est pas en très bonne relation avec le parti au pouvoir. On n’a rien à bénéficier d’elle présentement».  

À cet effet, Mme Simard affirme ne pas comprendre pourquoi elle se fait jeter ainsi dans de vieux débats. «On a déjà adressé ça ça fait longtemps. C’est totalement le contraire. Avec la voix de l’opposition, je peux dénoncer les actions du gouvernement, mais aussi travailler avec le gouvernement. Je fais les deux. On travaille ensemble» soulève la députée. «C’est une campagne de salissage, c’est clair. C’est malicieux». 

Stéphane Sarrazin se défend néanmoins fermement de tenir une telle campagne contre la politicienne. «Ce n’est pas une campagne de salissage. Ce n’est pas compliqué, c’est juste que nous en tant que municipalités, on l’a élue pour représenter les citoyens et elle a été élue en tant que députée conservatrice. Elle était avec l’équipe au pouvoir. C’était une bonne opportunité de se faire représenter qu’on a plus. Je ne veux pas partir de guerre non plus. Mais c’est ma façon de voir ça». Amanda Simard indique par ailleurs qu’elle demeure ouverte à la discussion afin de sortir de cette situation «cul-de-sac» avec le maire.