Plusieurs bâtiments du campus d’Alfred de l’Université de Guelph sont inutilisés.

Campus d'Alfred: quel est l’avenir des bâtiments vides?

Plusieurs bâtiments du campus d’Alfred sont actuellement inoccupés. Que faire de cette ancienne institution académique de l’Est ontarien ? Pour l’instant, les différents paliers de gouvernements ne s’entendent pas tout à fait sur la question.

L’« Upper campus », où sont situés les principaux bâtiments désertés, appartient à l’Institut de recherche agricole de l’Ontario (IRAO), une agence provinciale du ministère de l’Agriculture. Or, il est encore géré par l’Université de Guelph, mais cette dernière n’offre plus de formation à cet endroit.

Jusqu’à tout récemment, l’Institut de formation et de recherche en agroalimentaire de La Cité (IFRA) y offrait des cours, mais le programme a récemment déménagé à Ottawa.

Le maire d’Alfred-Plantagenet, Stéphane Sarazin, déplore la confusion de la province dans ce dossier.

« Depuis le début de mon mandat, on a des discussions. Au début, on nous disait que c’était au ministère de l’Infrastructure qu’il fallait contacter, qui nous a redirigé vers le ministère de l’Agriculture, qui lui nous a redirigé vers Infrastructure. Après sept mois, on retourne à la case départ. (...) On dirait que c’est tombé dans une faille, dans une craque. »

L’idéal serait que la gérance de l’« Upper campus » soit transférée à la municipalité, juge M. Sarazin. « Donnez-nous l’enveloppe, on va le gérer et on va le rendre rentable », assure-t-il.

Le ministère de l’Agriculture a indiqué, dans un courriel envoyé au Droit, que l’IRAO se prépare à la vente de la propriété de l’« Upper campus ». Toutefois, il a précisé qu’il serait « inapproprié de spéculer sur des acheteurs potentiels », et qu’il serait aussi « prématuré de spéculer sur une date de vente pour le moment ».

Ces locaux vacants coûtent près de 750 000 $ à la province annuellement, affirme le maire Sarazin.

Ce dernier a l’intention de faire entendre sa proposition lors du prochain congrès de l’Association des municipalités rurales de l’Ontario (ROMA), en janvier. Celui-ci demandera de rencontrer le ministère de l’Agriculture. « Il y a plein de gens de la communauté qui nous arrivent avec des projets, qui ont plein de bonnes idées. Cet endroit a du potentiel énorme, mais présentement, rien ne se fait. »

Laboratoires vivants ?

Originaire d’Alfred, Renée L. Gratton est d’ailleurs venue présenter son idée aux résidents de la municipalité, cette semaine, afin de prendre le pouls de la communauté.

Celle-ci a proposé d’instaurer, dans les cinq bâtiments vacants, un concept de « laboratoires vivants ».

Ce système, bien développé en Europe, sert principalement à l’innovation, autant dans les domaines sociaux, académiques, de soins de santé et de logement, notamment. Il s’agit de partenariats entre des instances privées et publiques réunissant par exemple des organisations à but non lucratif, des organismes communautaires et des bénévoles. Les laboratoires vivants permettent l’accès à différents programmes à une grande variété de la population.

Pour Mme Gratton, c’est une histoire de famille, puisque ses deux parents ont travaillé au collège d’Alfred. Celle-ci fera une présentation au conseil municipal d’Alfred-Plantagenet, le 5 novembre.