Éric Lavoie, propriétaire de la boutique Fire & Flower à Ottawa.

Boutiques de cannabis: pourquoi si peu d’entrepreneurs veulent s’installer à Prescott-Russell?

La Commission des alcools et des jeux de l’Ontario (CAJO) a dévoilé mercredi les entreprises qui pourront soumettre une demande pour ouvrir une boutique de cannabis. Pour cette deuxième loterie, les municipalités comptant moins de 50 000 habitants avaient cette fois-ci la possibilité de s’y inscrire. Or, pratiquement aucun entrepreneur ne s’est porté garant dans la région de Prescott et Russell. Pourquoi un tel manque d’intérêt ?

Hawkesbury est la seule municipalité des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) à avoir soumis une demande à la CAJO pour ouvrir l’un des 42 nouveaux magasins de cannabis dans la province.

Pour le propriétaire de la boutique Fire & Flower à Ottawa, Éric Lavoie, le manque de participants peut s’expliquer par la moins grande population de Prescott et Russell qu’à Ottawa. « À Ottawa, il y a beaucoup de va-et-vient, et des gens de Rockland et de Hawkesbury s’y arrêtent souvent. Il y a des emplacements plus intéressants. »

Celui-ci abonde toutefois dans le même sens que la personne qui souhaitait avoir pignon sur rue à Hawkesbury. « Si j’avais plusieurs licences, je me serais installé là », remarque M. Lavoie, en ajoutant qu’il s’agit d’un endroit idéal, étant donné la proximité avec le Québec.

Toutefois, M. Lavoie souligne que les critères pour obtenir une approbation du gouvernement de l’Ontario compliquent le processus des candidatures.

Même son de cloche pour Tyler LeBlanc, président et chef exécutif chez Apollogreen, une entreprise de la région qui se spécialise dans la culture tissulaire de plantes de cannabis. À son avis, Prescott et Russell serait l’endroit idéal pour y ouvrir une boutique. Toutefois, les critères de sélection pour participer à la deuxième loterie de la CAJO étaient beaucoup plus élaborés que lors de la première loterie. Cette fois-ci, les candidats devaient avoir choisi l’endroit où ils souhaitaient aménager leur entreprise, et ils devaient avoir à leur disposition une lettre de crédit prouvant qu’ils avaient les moyens de concrétiser leur projet.

« Donc je pense que ça a éliminé beaucoup de ceux qui n’étaient pas sérieusement intéressés à l’industrie du cannabis ou qui n’avaient pas de plans à investir dans l’industrie. Ces nouveaux critères ont éliminé une partie des gens. »

D’ailleurs, environ 10 000 personnes s’étaient inscrites lors de la première loterie, qui visait à ouvrir 25 boutiques, tandis que moins de la moitié ont soumis leur candidature pour la deuxième loterie, où 42 boutiques devaient être aménagées.

M. LeBlanc souligne aussi qu’étant donné les différentes restrictions de cette seconde loterie, et puisqu’il y a si peu de licences qui sont distribuées dans la province, les entrepreneurs se concentrent davantage sur les grands centres, où ils ont la certitude qu’ils pourront accueillir de grandes quantités de consommateurs. « Ils viennent parfois des sièges sociaux des grandes entreprises qui postulent pour ces choses, ils regardent le nombre de personnes qui est plus grand, où il y aura plus de ventes, et c’est là qu’ils vont en premier. »

Le président et chef exécutif d’Apollogreen est lui-même un résident de Russell, et il avoue adorer la région.

« C’est une si belle communauté. Comme entreprise, le conseil municipal entretient de belles relations avec nous. Ce serait bien d’avoir un magasin de cannabis dans Prescott-Russell. J’espère qu’on pourra en avoir un éventuellement, et je pense que la communauté l’apprécierait. »