Le collège d'Alfred

Besoin «criant» d'une université franco-ontarienne

L'annonce de la fermeture du Collège d'Alfred faite par l'Université Guelph, mercredi, a ravivé le débat entourant la création d'une université franco-ontarienne.
«La décision de l'Université Guelph de fermer son campus francophone d'Alfred est l'exemple flagrant et criant du besoin réel d'une université franco-ontarienne en Ontario. Ça lance également le message clair que les francophones ne doivent pas hésiter à entamer et à exiger des mesures pour que leurs institutions aient la désignation sur la loi sur les services en français en Ontario», a commenté Me Ronald Caza, célèbre avocat spécialisé en droit des minorités. Me Caza a notamment défendu l'Hôpital Montfort dans sa lutte pour la sauvegarde de l'institution menacée de fermeture par le gouvernement de l'époque.
Statut précaire
L'Assemblée de la francophonie de L'Ontario (l'AFO), elle aussi «inquiète de la situation», tenait un discours qui abondait dans le même sens.
«L'annonce unilatérale de l'Université de Guelph nous rappelle, si besoin est, le statut toujours précaire d'une institution franco-ontarienne quand elle ne possède pas sa propre gouvernance. Cette situation nécessite plus que jamais que soit entendue la revendication de la communauté franco-ontarienne pour une gouvernance par et pour les francophones dans le domaine postsecondaire. L'AFO espère qu'une solution sera rapidement trouvée, car il serait inacceptable que le campus d'Alfred ferme définitivement ses portes», a déclaré le vice-président de L'AFO, Gilles LeVasseur.
Mercredi, l'Université de Guelph a annoncé la fermeture de son campus satellite d'Alfred, la seule institution francophone spécialisée en technologie de l'agriculture en Ontario.
La nouvelle est tombée au moment même où le Collège d'Alfred venait d'entamer des démarches pour l'obtention de sa désignation sur les services en français.
«Si les Franco-Ontariens avaient leur université, jamais une situation comme cela ne se serait produite. Pour les francophones de l'Ontario, la fermeture du Collège d'Alfred représente un cas d'assimilation, car il n'y a aucune autre institution d'enseignement qui offre les mêmes programmes en français dans la province», estime Me Caza.
L'Université Guelph mettra un terme aux programmes offerts au Collège d'Alfred en 2015. La Cité ainsi que le Collège Boréal se sont engagés à assurer la survie de l'institution francophone.