Mario Laplante, directeur des opérations chez 417 Bus Line
Mario Laplante, directeur des opérations chez 417 Bus Line

Autobus scolaires: une zone toujours grise

Ani-Rose Deschatelets
Ani-Rose Deschatelets
Le Droit
Le transport scolaire des élèves à la rentrée sera un casse-tête en contexte de pandémie, témoigne l’entreprise 417 Bus Line Ltd. de Casselman.

La rentrée scolaire est l’occasion pour 417 Bus Line Ltd. de retrouver un semblant de normalité. Depuis le 16 mars, l’entreprise est au point mort, se navre Mario Laplante, directeur des opérations. « Dans notre industrie, nos ventes sont 50 % autobus nolisés et 50 % de route scolaire. En ce moment, on met tous nos efforts dans les routes scolaires pour repartir. Tout ce qui est autobus nolisé, les sorties scolaires, sportives, corporatives ou les clients internationaux est arrêté à 95 %. »  

M. Laplante est sûr que toutes les mesures sanitaires requises ont été mises en place chez 417 Bus Line Ltd. pour transporter sécuritairement les élèves cet automne. « On se croise les doigts. On est prêts. »

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Mais tout n’est pas si simple. Plusieurs aspects entourant ce branle-bas de combat demeurent sans réponse, à trois semaines de la rentrée scolaire. « Les chauffeurs ont des tonnes de questions. On n’a évidemment pas toutes les réponses. Le gouvernement donne des consignes, mais c’est toujours vague. »

Bien que le gouvernement et les conseils scolaires collaborent, plusieurs réponses tardent effectivement à venir.


« Il arrive quoi si on a un cas ? Est-ce que tout l’autobus est en quarantaine ? Est-ce que le lendemain je dois remplacer ce conducteur ? »
Mario Laplante, directeur des opérations de 417 Bus Line Ltd.

« Si un cas se déclenche, c’est vraiment ça la grosse inquiétude. Il arrive quoi si on a un cas ? Est-ce que tout l’autobus est en quarantaine ? Est-ce que le lendemain je dois remplacer ce conducteur ? C’est évident. Mais est-ce que ces gens-là vont être payés ? Je ne peux pas payer deux conducteurs pour la même route. Nous comme transporteur, on demande des réponses claires. Ce n’est pas noir, ce n’est pas blanc, c’est toujours gris partout. » 

Plus le temps avance, plus les gens sont inquiets, ajoute-t-il.

« Tous les jours, il y a de nouvelles annonces, des nouvelles précisions. Mais le 3 septembre on s’entend que ça s’en vient vite. Je ne peux pas donner des politiques claires chez nous, si je n’ai pas de consignes moi-même. »

La situation est telle selon M. Laplante que certains conducteurs trop nerveux ont d’ailleurs préféré simplement ne pas reprendre le travail.

« On pense qu’on va être corrects pour repartir, mais ça se peut même qu’on soit en manque de chauffeurs. » 

« Le nouveau normal », croit une chauffeuse

Pour Mylène Mulligan, chauffeuse d’autobus scolaire pour 417 Bus Line Ltd., il faut plutôt apprendre à vivre avec cette angoisse qu’apporte la pandémie, parce qu’elle est inévitable. « J’ai de l’inquiétude, surtout que c’est une clientèle qui est vulnérable. Ce sont de jeunes enfants. Côté sanitaire, ce n’est pas quelque chose qui se pratique beaucoup parmi eux. Ça va être de l’adaptation. »

Selon elle, ce que chaque chauffeur doit faire pour conduire les élèves à bon port est clair, mais il faut la collaboration des enfants. « Le défi, c’est que certains enfants n’ont peut-être pas été initiés aux mesures de distanciation. De mon côté, je nettoie déjà ma maison régulièrement, donc je vais faire pareil avec mon autobus. C’est devenu mon nouveau normal. »

Mario Laplante ose quand même espérer que 417 Bus Line Ltd. relèvera haut la main le défi que sera la prochaine rentrée scolaire, malgré les incertitudes et les craintes omniprésentes. « Est-ce qu’on est à l’aise ? Oui et non, parce que c’est de l’inconnu. Mais prêts ? Sûrement. »