Les différends entre les employés et la compagnie de chemin de fer CN compromettent les livraisons de propane, un gaz nécessaire pour faire sécher le maïs. Une situation «stressante» pour les agriculteurs de l’Est ontarien, qui n’ont «plus de temps à perdre» à ce temps-ci de l’année.

Après la météo, la grève du CN

Déjà plongés dans une crise causée par les mauvaises températures qui nuisent aux récoltes de soya et de maïs, les agriculteurs de l’Est ontarien et de partout en province sont maintenant confrontés à un nouveau problème: la grève des opérateurs de trains du CN.

Les différends entre les employés et la compagnie de chemin de fer compromettent les livraisons de propane, un gaz nécessaire pour faire sécher le maïs.

Enfin heureux de voir que le soleil commençait tout juste à se pointer et à faire fondre la neige, l’agriculteur et producteur laitier de Moose Creek Marc Quesnel avait réactivité ses moissonneuses-batteuses. « Mais là, tout d’un coup, on reçoit un appel au téléphone qui nous dit d’arrêter parce qu’il n’y a plus de propane disponible. »

Arrivant vers la fin du mois de novembre, « on n’a plus de temps à perdre », presse M. Quesnel. « On est stressé parce qu’on est beaucoup plus en retard que d’habitude. La batteuse est dans l’entrepôt, et on ne peut rien faire. »


« C’est notre récolte qui est en danger. Chaque neige, pluie verglaçante, des épis tombent par terre. »
Marc Quesnel

Le syndicat des producteurs de grains du Québec a envoyé une lettre, mardi, au premier ministre Justin Trudeau pour lui demander de trouver une solution à ce problème. M. Quesnel affirme qu’une demande similaire des producteurs ontariens devrait aussi être envoyée.

« Le défi, c’est que notre gouvernement vient de sortir d’une élection », souligne M. Quesnel, et que le cabinet de M. Trudeau vient tout juste d’être formé. Le cultivateur espère que le gouvernement fédéral considérera cette crise comme une priorité. « Si le CN pouvait repousser la grève de deux semaines, nous pourrions au moins faire quelques récoltes. »

L’agriculteur juge aussi que cette grève du CN aura avoir un impact important sur l’économie canadienne, et rappelle l’urgence d’agir. « C’est notre récolte qui est en danger. Chaque neige, pluie verglaçante, des épis tombent par terre. »

« Une situation extrêmement grave », juge Drouin

« Depuis l’annonce de la grève, de nombreux citoyens m’ont fait part de leurs préoccupations. [...] Le service ferroviaire est particulièrement important pour les communautés rurales comme la mienne », peut-on lire dans une lettre du député fédéral de Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin, envoyée au président-directeur général du CN, au syndicat des travailleurs ferroviaires et aux ministres des Transports et de l’Emploi du Canada.

« L’approvisionnement en propane des agriculteurs en train de sécher leur récolte d’automne a été coupé. Cela a déjà des répercussions financières sur les agriculteurs eux-mêmes et aura à son tour un impact négatif sur l’économie locale. »

Cette pénurie de gaz propane représente « une situation extrêmement grave », a affirmé au Droit le député Drouin, mais tant que personne ne siège à la Chambre des communes, le gouvernement ne pourra pas faire accélérer le processus d’entente. « Nos mains sont un peu liées, c’est pour ça que j’encourage les deux parties à s’entendre le plus rapidement possible ».

M. Drouin aimerait que la situation se règle bientôt, avant que les répercussions ne se ressentent aussi dans les résidences, qui, pour certaines, sont chauffées au gaz propane.