Amanda Simard ne semble pas être la bienvenue au congrès de l’Association des municipalités rurales de l’Ontario.

AMRO: des discussions fructueuses... sans Amanda Simard

La présence d’Amanda Simard n’était pas souhaitée de tous, au congrès de l’Association des municipalités rurales de l’Ontario (AMRO). Des délégués des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR) croient que la participation de la députée indépendante de Gengarry-Prescott-Russell aurait nui à certaines discussions avec le gouvernement conservateur.

Mme Simard n’a reçu que deux invitations à des sessions lors du congrès, toutes deux venues du maire de Casselman, Daniel Lafleur.

« Je pense que ce que les maires voulaient, c’est d’avoir l’occasion de rencontrer les membres du Parti conservateur sans Mme Simard. Parce que c’était la première fois depuis cette histoire (des coupes dans les services en français) qu’ils en avaient l’occasion. Si Mme Simard avait été présente lors des discussions, des questions qui ont été posées n’auraient probablement pas pu être posées », a indiqué Stéphane Parisien, directeur général des Comtés unis de Prescott et Russell (CUPR).

Celui-ci souligne que des maires avaient soulevé des inquiétudes quant à l’avenir des CUPR depuis la décision d’Amanda Simard de quitter les rangs du Parti conservateur, et de siéger en tant qu’indépendante.

Jointe par Le Droit, la députée de Gengarry-Prescott-Russell s’est dite surprise de ces réactions. « En ayant ces inquiétudes, ça veut dire qu’ils concèdent qu’il y a effectivement du favoritisme au sein du gouvernement Ford par rapport à la façon dont il traite les régions, et ça veut dire qu’ils pensent qu’il y a de la partisanerie. »

Amanda Simard déplore aussi la perception des maires quant à sa fonction de députée indépendante. « Ça veut aussi dire qu’ils pensent que les députés d’opposition sont inefficaces. Moi je ne pense pas que c’est le cas, surtout quand on a eu Jean-Marc Lalonde en opposition de 1995 à 2003, et qu’il a fait énormément, probablement plus pour le Comté que le gouvernement qui était en place. Pour moi, ça démontre qu’il y a quand même une incompréhension du système. »

M. Parisien a tenu à préciser qu’il fait partie du personnel des CUPR, et qu’il n’est pas un membre élu du conseil.

« On comprend ce que Mme Simard a fait, on sait qu’elle n’avait pas le choix, mais nous, on a des dossiers à faire avancer autres que ceux de la francophonie. On a des infrastructures, par exemple, des centres communautaires, des arénas. On a d’autres priorités importantes. »

À ce sujet, Mme Simard se défend qu’elle met beaucoup d’énergie sur ces autres priorités. « C’est certain que mes dossiers, ce n’est pas juste la francophonie. La francophonie a été soulevée, c’est arrivé très rapidement donc il fallait aborder le sujet. Mais la santé, l’éducation et l’infrastructure pour moi, c’est en haut de l’échelle des priorités. C’est à ces dossiers que je vais mettre le plus gros de mon attention durant mon mandat. »

Partage des ambulances

L’un des dossiers brûlants aux CUPR est entre autres celui du partage des ambulances avec les villes avoisinantes, telles qu’Ottawa et Cornwall. Selon M. Parisien, les représentants du gouvernement provincial rencontrés n’étaient pas totalement au fait de la gravité de la situation. « Ils pensaient que ce dossier-là progressait. On leur a appris que non, absolument pas, ça traîne des pieds. L’adjointe parlementaire nous a dit qu’elle allait travailler là-dessus. »

Le directeur général des CUPR affirme avoir été agréablement surpris de « l’écoute active et de l’authenticité ressentie ».

Élargissement de la route 17/174

Un dossier prioritaire des CUPR, celui de l’élargissement de la route 17 et 174, n’a pas été traité lors du congrès. « C’est probablement la seule délégation qu’on n’a pas eue. On va quand même faire du travail là-dessus. »

Celui-ci se dit toutefois satisfait du congrès, puisque « sans vouloir donner l’illusion que le dossier de la route 17/174 est moins important que celui du partage des ambulances, le dernier est pressant, et le ministère l’a compris ».

Somme toute, M. Parisien note que le nouveau gouvernement provincial est davantage engagé envers les régions rurales que ne l’était le gouvernement précédent.