Plusieurs organismes de la région ont signé une lettre d’engagement pour promettre de se rencontrer au moins trois fois par année afin de parler des initiatives proposées pour les aînés vulnérables.

Aînés vulnérables: un premier rapport dans l'Est ontarien

Dans les Comtés unis de Prescott-Russell, le pourcentage des personnes âgées disposant d’un faible revenu est de 5 % plus élevé qu’à Ottawa, où la moyenne est de 9,4 %.

C’est l’une des données que révèle un nouveau rapport qui fait état des différents défis auxquels sont confrontés les aînés vivant dans des régions rurales de l’Est ontarien.

Intitulé Profil des personnes âgées vulnérables dans les comtés unis de Prescott et Russell et dans les comtés de Lanark et de Renfrew, ce rapport dévoilé lors de la journée mondiale de la justice sociale est la toute première initiative de ce genre dans la région.

Le document d’une soixantaine de pages souligne entre autres que parmi les facteurs entraînant la vulnérabilité des aînés, le faible revenu est l’un des plus importants. Certaines régions rurales y sont encore plus susceptibles, comme à Hawkesbury, où ce pourcentage se situe entre 18,31 et 23,8 %. La moyenne provinciale est de 12 %.

Selon ses auteurs, ce rapport pourrait avoir de grandes répercussions sur les solutions pour venir en aide aux aînés vulnérables des différents comtés ruraux de l’Est ontarien. « C’est un outil de revendication qui nous unit en une seule voix », lance fièrement la directrice régionale de Centraide Prescott-Russell, Agata Michalska.

Les recommandations du rapport ont déjà donné naissance à des initiatives qui permettront de « livrer des soins aux personnes vulnérables de façon cohérente ».

La création d’un indice de vulnérabilité sera d’ailleurs disponible dès vendredi. Cet indicateur aura comme objectif de repérer géographiquement les communautés les plus à risque dans la région. Pour ce faire, son créateur Paul Steeves, cadre supérieur de l’évaluation et de l’analyse chez Centraide, a dû combiner les différents éléments socio-économiques auxquels font face les aînés.

« Ce n’est pas parce qu’une personne vit seule ou qu’elle a un faible salaire qu’elle est vulnérable. C’est souvent une combinaison de choses. Un immigrant qui vient d’arriver, qui ne parle ni le français ni l’anglais, et qui a plus de 80 ans serait un bon exemple d’une combinaison de ces éléments. »

Avec son analyse, M. Steeves espère pouvoir offrir aux différents organismes une « lentille qui servira à intervenir de façon plus efficace auprès de la communauté. »

Stratégie pour les aidants naturels

Toujours selon ce nouveau rapport, les aidants naturels qui œuvrent en milieu rural doivent assumer des frais presque 44 % plus élevés que leurs homologues provenant des milieux urbains. Ces frais sont souvent reliés aux transports et aux médicaments sous ordonnance plus élevés.

Une autre stratégie sera donc développée afin de venir en aide à ces personnes âgées qui offrent des soins à d’autres personnes âgées. « L’une des actions concrètes de ce rapport, c’est que le groupe de consultation a identifié que ce sont les aidants naturels qui prennent le gros fardeau pour les aînés vulnérables, et ils ont certains besoins, comme du répit, des soins. »

Les organismes passent à l’action

Via une lettre d’engagement, une douzaine d’organismes de l’Est ontarien ont aussi promis de se rencontrer au moins trois fois par année pour coordonner leurs services aux aînés vulnérables.

« On avait besoin de quelque chose pour nous rallier tous ensemble dans la communauté et pour mettre l’accent sur cette population-là, avance la directrice générale du centre Novas-CALACS de Prescott-Russell, Anne Jutras. Chaque organisme a sa propre spécialité, mais chacun touche aux personnes âgées de près ou de loin, donc il faut travailler ensemble et se coordonner. »

« Parce que chacun fait un excellent travail chacun de son côté, mais en les mettant ensemble et en travaillant sur une stratégie unie, nous avons le pouvoir de parler avec une seule voix pour l’ensemble de la région, et d’adresser les besoins », conclut la directrice régionale de Centraide Prescott-Russell.