Escapade sur l’eau en Outaouais [PHOTOS + VIDÉO]

Après la vague de chaleur qui a submergé Gatineau et Ottawa, parions que plusieurs ont rêvé d’escapades sur des eaux fraîches. Tant mieux : l’Outaouais jouit d’une grande diversité d’options pour les pagayeurs, et les services de location sont maintenant presque tous sortis de confinement. À vos pagaies !

L’Outaouais, paradis des disciplines nautiques ?

« C’est mon humble avis », estime Charles Antoine Rioux, gestionnaire de projet chez Loisir sport Outaouais. Celui qui fut guide de canot pendant 10 ans s’explique : un petit miracle topographique a créé ici un réseau de lacs et de rivières « assez différent » des autres régions du Québec. Rien que dans la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau, on compte près de 3200 plans d’eau. Si l’on veut jouer aux Étienne Brûlé modernes, bingo, on peut : les voies navigables sont si bien connectées qu’« on peut partir du secteur Gatineau et aller jusqu’au lac des Deux Montagnes, note le canoéiste. Et c’est calme et paisible tout le trajet. »

Tandis que la planche à pagaie a actuellement la cote sur les réseaux sociaux, le canot, lui, connaît un regain de popularité. Utilisé depuis 3000 ans par les Autochtones et les Européens comme on utilise aujourd’hui les voitures, il a été éclipsé dans les années 80 et 90 par le kayak, avant de retrouver sa place au soleil. Selon un sondage de la Chaire de tourisme Transat de l’UQAM, 17 % des Québécois ont pratiqué le canot d’eau calme au moins une fois entre 2014 et 2017. Et la pandémie n’a qu’exacerbé sa popularité. Cet été, « il est difficile de s’approvisionner en matériel de réparation de canots et accessoires : les stocks sont vides », illustre Simon Crépeault, membre du club de canot-camping Pierre Radisson.

En mai, la fédération Canot Kayak Québec a reçu le feu vert de la province pour autoriser ses clubs à reprendre du service. La plupart des services de location de la région sont maintenant déconfinés.

Charles-Antoine Rioux ne cesse de vanter le réseau de lacs et de rivières de l’Outaouais.

Pour faire une sortie organisée, le collectif d’une cinquantaine de guides indépendants Gatineau Plein Air Outaouais peut organiser sur demande des cours d’initiation et des excursions n’importe où dans la région, pourvu que les clients viennent du même ménage ou de la même bulle sociale.

Et si on préfère se lancer à l’aventure sans guide ? Parce que les sports nautiques sur l’eau douce requièrent assez peu de matériel ou de technique, ils s’y prêtent particulièrement bien. Pour le b.a.-ba : en plus de l’embarcation, il faut avoir sa crème solaire (« le soleil frappe beaucoup plus fort que l’on pense »), une veste de sauvetage, et en conformité avec les directives de Transport Canada, une écope, un sifflet, une corde flottante et une lampe de poche. Un élément trop souvent négligé : les souliers. « Le plus grand nombre de blessures se font quand on embarque et débarque, et souvent, c’est causé par des personnes qui ne veulent pas se mouiller les pieds », a observé Charles Antoine Rioux. Des sandales font l’affaire pour les fonds sablonneux et les quais ; pour les endroits plus escarpés, une vieille espadrille est tout appropriée.

Parce qu’elles sont lentes à sécher, les bottes de randonnée sont à éviter. De même, évidemment, que les talons hauts. « C’est quelque chose que j’ai déjà vu… »

Prêts ? Pour les débutants, la première étape est de trouver un endroit calme et sans trop de courant. Il n’existe pas de site web qui recense l’intégralité des sites de mises à l’eau en Outaouais, mais on peut consulter en ligne une palette d’options. Pour les néophytes, Le Droit a dressé une courte liste de bons plans pour se jeter à l’eau.

En pleine ville

Pour le navigateur urbain, le lac Leamy offre un excellent point de départ où s’initier aux sports nautiques. En canot ou en kayak, on peut remonter l’étroit chenal qui mène à la rivière Gatineau. À partir de ce point, deux options : à gauche, il est possible de remonter la rivière jusqu’au pont Alonzo-Wright et de la redescendre, tandis qu’à droite, le cours d’eau se jette dans la rivière des Outaouais. On pourra ainsi rentrer au lac Leamy.

Ces deux trajets durent environ une heure et demie et une heure. La location d’équipement rouvre ce samedi 18 juillet aux lacs Leamy et Beauchamp, et la Carte accès Gatineau + y donne droit gratuitement.

De Buckingham à Buckingham

À partir du Centre nautique de la Lièvre, à Buckingham, les marins d’un jour peuvent remonter le courant jusqu’à Notre-Dame-de-la-Salette et rentrer, moyennant un portage.

Du Yoga en paddle board, c’est possible au Centre nautique de la Lièvre à Buckingham.

L’aller simple, long de 25 kilomètres, prend de quatre à cinq heures. La carte Accès Gatineau + donne droit gratuitement à une heure de location d’une embarcation au Centre nautique de la Lièvre. On peut aussi y faire des cours payants de yoga sur planche à pagaie.

Aux pieds des hérons

Le parc de national de Plaisance « est un petit bijou », souligne Charles Antoine Rioux.

On peut y louer une embarcation et deux points donnent accès à l’eau. Le parc étant situé dans un marécage, les pagayeurs peuvent traverser une presqu’île et un marais qui sont aussi une zone d’observation des oiseaux particulièrement riche.

Pour un défi physique, il est possible de remonter la rivière à contre-courant jusqu’au pied des chutes de Plaisance.

En payant les droits d’entrée au site des chutes, on peut y accoster et faire une courte randonnée.

Nature sauvage

Pour des escapades dans des environnements plus sauvages, le Pontiac recèle d’options. Des informations sur les rivières Coulonge et Dumoine se trouvent sur le site web de Canot Kayak Québec.

Des activités nautiques sont offertes sur les rivières Coulonge et Dumoine, dans le Pontiac.

Si on a de l’expérience en eau vive ainsi que son propre équipement de plein air, le club Pierre Radisson tiendra une descente familiale de la rivière Coulonge du 10 au 13 août. Il faut être membre pour participer.

Dans la Haute-Gatineau

« Il y a deux réservoirs que j’adore, soit celui du Poisson-Blanc et celui des Trente-et-Un-Milles », les louange Charles Antoine Rioux. Sur le premier plan d’eau, la base de plein-air Air Eau Bois loue des embarcations sur réservation ; sur le deuxième, il y a le village Majopial, et CarpeDiem Aventures offre d’en livrer une à un endroit désiré.

D’autres options : la calme rivière Désert, que l’on peut parcourir pendant plusieurs jours, ainsi que le lac Pemichangan.

Dans la réserve faunique La Vérendrye, on trouvera des sites de canot, des sentiers de portage et un service de navette, gracieuseté de Canot-camping La Vérendrye.

Autres ressources