De gauche à droite, le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, la mairesse de Montréal Valérie Plante et le maire de Québec, Régis Labeaume
De gauche à droite, le maire de Gatineau Maxime Pedneaud-Jobin, la mairesse de Montréal Valérie Plante et le maire de Québec, Régis Labeaume

Entente en logement: prudents, les maires attendent les détails

Mathieu Bélanger
Mathieu Bélanger
Le Droit
Les maires de Gatineau, Montréal et Québec qualifient l’entente de principe sur le logement survenue jeudi soir entre le fédéral et le provincial de «victoire», mais rappellent qu’ils vont demeurer prudents tant qu’ils n’auront pas vu les détails sur la façon dont l’argent descendra jusqu’aux villes pour financer les projets mis sur la glace parfois depuis des années.

«On a très hâte de connaître les détails parce que pour nous, les fonds doivent aller à la réalité actuelle, dans les programmes existants, a insisté le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. C’est important pour nous parce que ça marche au Québec. Notre écosystème en logement, le partenariat entre les villes et les organismes communautaires, le programme AccèsLogis, ça fonctionne, mais c’est un système qui manque de gaz, qui manque d’argent.» 

L’entente survenue entre Québec et Ottawa représenterait 1,4 milliard $ sur une période de dix ans.


« On est vraiment dans une situation difficile. Chez nous, ce sont près de 9000 personnes qui paient plus de 30 % de leurs revenus pour se loger. »
Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau

Pratiquement au même moment où le maire de Gatineau s’exprimait en conférence de presse, à Montréal, son service de police procédait à un nouveau démantèlement d’un camp d’itinérants près du ruisseau de la Brasserie. Il s’agit du neuvième démantèlement depuis le début de l’été. Sept tentes ont été retirées, alors que le Gîte Ami et le centre d’hébergement d’urgence à l’aréna Guertin affichent régulièrement complet la nuit, selon les intervenants sur le terrain.

Des policiers du SPVG, vendredi, lors du démantèlement d'un camp d'itinérants près du ruisseau de la Brasserie.

«On réitère l’urgence, a affirmé le maire Pedneaud-Jobin. On a un taux d’inoccupation autour de 1,5 %, c’est une crise ça. On a vécu, en quatre ans, des inondations, une tornade, [d’autres] inondations et la COVID. Les inondations et la tornade ont frappé le parc de logements abordables. On est vraiment dans une situation difficile. Chez nous, ce sont près de 9000 personnes qui paient plus de 30 % de leurs revenus pour se loger. On a 1200 unités qui pourraient lever si l’argent arrive dans le système immédiatement. Il y a urgence. Notre liste d’attente pour les HLM tourne autour de 1000 personnes. […] On est capable de cibler des projets adaptés aux vrais problèmes et aux enjeux précis de notre communauté. C’est pour ça que les détails de l’entente sont importants.»

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a affirmé que les maires s’attendent à ce que la majorité des fonds fédéraux transitent par le programme AccèsLogis. «Une entente de principe est toujours un moment heureux, mais ça demeure une entente de principe, a-t-il dit. Ce qui nous inquiète, ce sont les canaux qui seront empruntés pour transmettre l’argent. […] Il y a sûrement des fonctionnaires fédéraux qui se sont fait bousculer dans les dernières 24 heures. J’espère qu’ils ne se reprendront pas dans les détails. On peut s’entendre sur un grand principe et dans les détails défaire ce même principe.»

Plus tôt cette semaine, le maire Pedneaud-Jobin qualifiait de «scandaleux et honteux» le fait que Québec demeurait la dernière province canadienne à ne toujours pas avoir une entente sur le logement avec le fédéral.