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Il était prévu que le Canada reçoive environ 367 000 doses de Pfizer sur une base hebdomadaire en février.
Il était prévu que le Canada reçoive environ 367 000 doses de Pfizer sur une base hebdomadaire en février.

Encore moins de vaccins de Pfizer prévus au début février, annonce Dany Fortin

Catherine Lévesque
La Presse canadienne
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OTTAWA — Le Canada ne recevra que 79 000 doses des vaccins Pfizer la première semaine de février. Il s’agit à peine plus du cinquième des 367 000 doses qui étaient prévues cette semaine-là.

Le major général Dany Fortin s’est une fois de plus fait le messager des mauvaises nouvelles de la compagnie pharmaceutique, obligée de retarder ses livraisonsinternationalesen raison de l’agrandissement de son usine de production en Belgique.

Pfizer avait averti le Canada,la semaine dernière, que ses livraisons allaient être retardées pour quatre semaines. La baisse prévue des doses, en moyenne,doit être de 50 % pour cette période.

Le Canada a reçu 82 % des doses prévues cette semaine. Il n’y aura finalement pas de livraison de Pfizer la semaine prochaine. Jeudi, M. Fortin a annoncé lors d’une conférence de presse qu’il y aura bien moins de doses que prévu - environ 22% - pour la première semaine de février.

«Effectivement, c’est une coupure assez sévère par rapport au nombre attendu de 367 000 initialement. On peut s’attendre à avoir une augmentation la semaine suivante qui va compenser, (...) mais on ne le sait pas», a indiqué le major général en charge de la distribution des vaccins.

Il dit toujours ne pas savoir combien de doses sont à prévoir pour la deuxième semaine de février, mais prévoit que l’objectif de Pfizer du premier trimestre sera respecté.

«Malgré cet inconvénient, Pfizer continue de nous assurer qu’ils seront en mesure d’atteindre l’objectif de quatre millions de doses d’ici la fin de mars. À cette fin, nous prévoyons une augmentation rapide des livraisons après cette interruption actuelle de l’approvisionnement», a-t-il précisé.

Les délais de livraisons de Pfizer ont causé la grogne dans les provinces, forcées de revoir leurs plans de vaccination à la baisse. Les premiers ministres des provinces disent qu’ils auront de nombreuses questions à poser à Justin Trudeau lors de leur rencontre fédérale-provinciale, jeudi.

«Nous, on n’a pas vu les contrats. On ne sait pas s’il y a des pénalités. Est-ce que c’est possible de poursuivre Pfizer? Est-ce que c’est possible de forcer Pfizer à livrer des usines aux États-Unis? Ça va faire partie des questions qu’on va poser à M. Trudeau», a déclaré le premier ministre du Québec, François Legault.

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, se dit même prêt à conduire jusqu’à l’usine de Pfizer à Kalamazoo, au Michigan, pour aller chercher des doses de vaccins s’il le faut. Plus tôt cette semaine, il a même passé un coup de fil au PDG de Pfizer Canada pour déplorer la situation.

«Je vais leur tomber dessus comme un gorille de 800 livres jusqu’à ce qu’ils livrent nos vaccins. C’est inacceptable, ce qu’ils ont fait», a balancé M. Ford, jeudi, à propos des dirigeants de Pfizer.

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O’Toole, s’est targué, jeudi, d’avoir lui aussi pris le téléphone pour appeler le grand patron de Pfizer Canada et a appelé Justin Trudeau à faire de même.

Mais le major général Fortin soutient que les retards de livraisons affectent tous les pays qui reçoivent des doses de l’usine de Pfizer en Belgique. Une intervention du premier ministre canadien auprès de Pfizer changerait-elle quoi que ce soit? M. Fortin n’a pas voulu s’avancer sur ce terrain glissant.

«Il y a peu qu’on puisse faire pour changer l’impact pour nous à court terme», a-t-il simplement dit.