Pour commémorer le 31e anniversaire de la tuerie de Polytechnique et souligner qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour enrayer la violence faite envers les femmes, deux vigiles étaient organisées à Gatineau et Ottawa dimanche.
Pour commémorer le 31e anniversaire de la tuerie de Polytechnique et souligner qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour enrayer la violence faite envers les femmes, deux vigiles étaient organisées à Gatineau et Ottawa dimanche.

Encore beaucoup de travail à faire pour enrayer la violence faite aux femmes

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Dimanche a marqué le 31e anniversaire de la tristement célèbre tuerie de l’école Polytechnique, à Montréal. Pour l’occasion, deux vigiles étaient organisées dans la région, une à Gatineau et l’autre à Ottawa, afin de souligner qu’il y a encore beaucoup de travail à faire pour enrayer la violence faite envers les femmes.

En raison du contexte particulier lié à la pandémie de COVID-19, les traditionnelles vigiles se sont tenues virtuellement cette année.

À Gatineau, les organisatrices de la vigile se sont donné rendez-vous devant le monument commémoratif Jeannine Boissonneault, au Parc Mémoire d’Elles, près de l’intersection du boulevard Gréber et de la rue Jacques-Cartier.

L’objectif principal de la vigile était de « montrer qu’on n’oublie pas ces femmes qui sont mortes de manière tragique le 6 décembre à Polytechnique, mais aussi celles qui sont mortes de violence conjugale au fil des années. On pense aussi à l’entourage de ces victimes qui continuent de vivre les effets de ces violences-là », explique au Droit la directrice de la Maison pour Elles Des Deux Vallées et organisatrice de la vigile, Annick Brazeau.

En raison du contexte pandémique, les organisatrices ont voulu s’adresser aux victimes qui, en raison de la COVID-19, sont coincées dans un environnement violent.

« On veut leur montrer des moyens de quitter la violence. On les invite à nous rejoindre, à nous appeler et à quitter le milieu violent. On veut qu’elles comprennent qu’il y a des ressources pour elles et qu’on est disponible pour les aider. Quand les victimes sont prêtes à parler, il faut être là pour elles. Il y a plein de façons de rejoindre les maisons d’hébergement », détaille Mme Brazeau.

Annick Brazeau, directrice générale de la Maison d'hébergement pour Elles des Deux Vallées

Les organisatrices ont conclu dimanche douze jours d’actions, qui ont débuté le 25 novembre, au cours desquels elles ont fait de la sensibilisation sur les réseaux sociaux et ont posé des actions dans les différentes maisons d’hébergement gatinoises.

Mme Brazeau a aussi rencontré le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, pour demander qu’une maison d’hébergement supplémentaire soit ajoutée dans la région.

« On veut démontrer qu’il y a encore de la violence faite aux femmes et qu’il y des choses à améliorer pour aider les femmes à se sortir de la violence. Au niveau systémique il y a plusieurs choses qu’on doit mettre en place pour enrayer cette violence. »

« Oui, on veut dénoncer le fait qu’encore chaque année, il y a des femmes qui meurent de cette violence. Il faut continuer d’en parler parce que quand on met le silence sur des événements tragiques, ça créer un effet où les gens croient qu’il n’y a plus de victimes, mais cette violence est encore bien présente », poursuit-elle.

Yvette Ashiri, animatrice de la vigile d'Ottawa

Ottawa

En sol ottavien, une autre vigile virtuelle était organisée en soirée pour commémorer l’anniversaire du massacre de Polytechnique.

« C’est plus qu’important de se rappeler et de les nommer pour ne pas qu’elles soient oubliées, mais c’est aussi important de sensibiliser notre gouvernement à poser des actions plus concrètes pour ce fléau qu’est la violence faite aux femmes », précise au Droit l’animatrice de la vigile, Yvette Ashiri.

La vigile se voulait non seulement une façon de souligner que la violence faite aux femmes est encore bien présente, mais aussi de dénoncer les inégalités sociales dont sont victimes les personnes racisées.

« Ce sont des problèmes qui perdurent depuis le début de l’humanité. La violence faite aux femmes est un problème qui affecte notre société au quotidien. Il en va de même avec le racisme. »

« Le débat sur le racisme a pris une plus grande ampleur à la suite de la mort de George Floyd aux États-Unis. C’est important d’unir nos voix. Je suis moi-même une femme noire et je crois que c’est important qu’en tant que membre de la communauté nous puissions nous lever afin de dénoncer ces injustices qui se font non seulement à l’égard des femmes, mais aussi des personnes racialisées », conclut Mme Ashiri.

Par ailleurs, la Ville d’Ottawa a placé ses drapeaux en berne dimanche du lever au coucher du soleil pour souligner la Journée nationale de commémoration et d’action contre la violence faite aux femmes.