Larry O'Brien
Larry O'Brien

En plus d'une hausse d'impôts de 4,9 %, les élus pourraient couper 35 millions $ de projets

Dominique La Haye
Dominique La Haye
Le Droit
Pendant qu'au début du mois de décembre, bon nombre des foyers de la capitale nationale s'affaireront à décorer leur arbre de Noël, les élus de la Ville d'Ottawa seront en train de boucler leur budget 2009. Pour l'année qui vient, le maire et les 23 conseillers ne promettent pas de cadeaux aux résidants et s'enlignent plutôt pour leur refiler une hausse des impôts fonciers avoisinant le 5 %.
Il y a deux semaines, le directeur municipal, Kent Kirkpatrick, a dressé la table en présentant le scénario d'un budget de 2,2 milliards $ basé sur une hausse des impôts fonciers de 4,9 %, telle qu'exigée par le conseil. Pour atteindre cet objectif, la Ville devra se serrer la ceinture et sacrifier une ribambelle de services et de projets à concurrence de 35 millions $.
Coupures en culture...
Plusieurs de ces propositions de coupures ont depuis leur annonce suscité un malaise au sein de la population, incitant certains groupes à monter aux barricades.
Par exemple, une hausse de taxes de 4,9 % en 2009 signifie une réduction de 5,4 millions $ du financement des arts, de la culture et du patrimoine, incluant l'élimination des subventions municipales des festivals. Ce resserrement plonge dans l'incertitude quelque 286 organisations culturelles.
... et dans les sports
Pour les résidants, le scénario budgétaire présenté par le directeur municipal prévoit l'élimination des subventions aux 236 patinoires extérieures. Si cette mesure permettra à la Ville de réaliser des économies de 695 000 $, elle sonnera aussi le glas des joutes extérieures de hockey populaires auprès des jeunes, à moins que des associations communautaires ne prennent la relève.
Le scénario prévoit aussi une hausse du tarif pour les usagers des installations sportives municipales permettant d'épargner 7,4 millions $.
Par exemple, le coût de location des arénas subira une hausse de 51 % pour les mineurs et de 10 % pour les adultes.
Les garderies touchées
Le budget préliminaire prévoit aussi éliminer 700 places en garderie subventionnées permettant à la Ville d'épargner 4,6 millions $ sur deux ans. Cette mesure fera allonger la liste des parents en attente d'une place en garderie pour leur enfant.
Des économies de 7 millions $ sont aussi proposées en transport en commun en réduisant et en éliminant le service sur une cinquantaine de circuits moins achalandés.
Dilemme pour les élus
Ces réductions de services énumérées sont parmi celles ayant suscité les plus vives réactions dans la communauté.
Elles posent un dilemme aux élus qui auront à choisir le 5 décembre entre les approuver et ainsi hausser les impôts à 4,9 % ou encore ne pas mettre la hache dans les services et distribuer une note plus salée aux contribuables.
Si par exemple les élus décident de ne couper aucun des services identifiés totalisant 35 millions $, c'est une hausse d'environ 8,5 % des impôts qui attend les payeurs de taxes.
En Ontario, les municipalités ne peuvent réaliser de déficit selon la loi. Les 35 millions $ constituent un manque à gagner que la Ville doit donc compenser en haussant les impôts ou en réduisant ses dépenses.
Si les élus souhaitent maintenir la hausse des impôts sous le seuil du 5 % tout en s'objectant aux réductions de services proposées, ils devront alors remuer leurs méninges pour compenser la perte en identifiant d'autres sources de revenus.
Le maire Larry O'Brien a déjà fait savoir que la hausse de 4,9 % était trop élevée et garde espoir de trouver d'autres économies pour la réduire. La conseillère Jan Harder a pour sa part proposé un gel des salaires des employés municipaux, générant des économies de 60 millions $ sur deux ans. À cela s'ajoutent les 500 mises à pied en 2009 approuvées par le conseil.
Certains conseillers estiment pour leur part que le jeu n'en vaut pas la chandelle et penchent davantage en faveur d'augmenter la facture des contribuables de quelques dollars.
En haussant les impôts fonciers de 4,9 %, la Ville ajoute 148 $ à la facture globale de 2800 $ d'un propriétaire d'une maison moyenne valant 270 000 $.
Les résidants pourront faire entendre leur voix lors des discussions budgétaires débutant le 1er décembre.