La grève des 600 employés de la CCQ a une influence sur les travailleurs de la construction.

En croisade contre la «Gestapo» de la CCQ

Un avocat de Gatineau s'insurge contre les règles et méthodes de la Commission de la construction du Québec (CCQ) et va jusqu'à comparer les techniques d'enquête de cette dernière «au style Gestapo, digne des régimes les plus autoritaires que la planète ait connu».
Cette image plutôt forte vient en tête de l'avocat spécialisé dans l'industrie de la construction, qui représente un client en conflit avec la CCQ, l'organisme ayant pour mandat de faire respecter les conventions collectives sectorielles de la main-d'oeuvre dans l'industrie de la construction.
L'entreprise Marois Électrique, représentée par Me Leblanc, ne s'entend pas avec la CCQ sur les horaires à respecter pour le remplacement du système d'alarme incendie aux Terrasses de la Chaudière, qui abrite des ministères fédéraux dans le Vieux-Hull.
En novembre 2012, le propriétaire de Marois électrique, Daniel Chevrier, et le représentant de la Fraternité inter-provinciale des ouvriers en électricité (FIPOE-FTQ), Yves Cloutier, ont cosigné une demande de dérogation sur le règlement relatif aux horaires de travail.
L'entreprise et ses employés se sont mis d'accord pour modifier l'horaire prévu de quatre nuits de 10heures, en un horaire «comprimé» de trois nuits de 12heures, soit 36heures à temps régulier.
Cette dérogation, dit l'entreprise, visait à permettre à ses employés de concilier le travail et la famille, puisque les quarts de nuit devaient s'échelonner sur deux ans.
La lettre précise que la prime de nuit demeure applicable, et que «le temps supplémentaire s'appliquera au-delà de la limite quotidienne ainsi établie».
La CCQ-Outaouais s'est opposée à cette dérogation: la convention prévoit quatre nuits de travail de 10heures.
Les employés et la direction ont reçu la visite d'inspecteurs de la CCQ de Montréal.
Dans une lettre à l'attention du directeur général de la CCQ en Outaouais, Christian Thomassin, MeRichard Leblanc y fait des révélations qu'il qualifie lui-même de «troublantes» dans un contexte «d'attitude abusive ainsi que l'hégémonie montréalaise».
Cette lettre, datée du 3 avril dernier et dont LeDroit a obtenu copie, est accompagnée de la demande de dérogation, signée par l'employeur et les 18 employés impliqués.
La CCQ a refusé cette entente.
 Dans les premiers mois, l'entreprise a permis à ses employés de travailler sur l'horaire comprimé.
«On nous a envoyé une facture de 167558$, pour avoir fait travailler les employés dans des journées de 10heures au lieu de 12», a dit le propriétaire de Marois Électrique au Droit hier.
Aujourd'hui, les ouvriers se sont résignés à travailler sur un horaire de quatre nuits. Devant l'obligation pour Marois Électrique de s'en tenir aux quatre nuits de travail de 10heures, l'entreprise a perdu six employés qui refusaient de travailler dans ces conditions.
Me Leblanc tire à boulets rouges sur la méthode utilisée par les inspecteurs de la CCQ, avançant que «le surintendant de notre cliente a été interrogé dans un style Gestapo digne des régimes les plus autoritaires que la planète ait connu et ce depuis plusieurs décennies ». Il estime également que la CCQ a agi « de façon illégale, en violant les principes les plus fondamentaux de la Charte canadienne des droits et libertés de notre cliente en alléguant être obligé, en particulier, de lire les droits à notre cliente, qui serait accusée au criminel relativement à la présente affaire».
Selon Me Leblanc, «il ne s'agit pas de faire plaisir aux têtes dirigeantes syndicales montréalaises, mais de s'assurer de respecter les spécificités d'une région comme la nôtre et en particulier de respecter le souhait d'une conciliation travail-famille».