Émilie Ricard a rencontré la direction du CIUSSS de l’Estrie–CHUS vendredi après avoir lancé un appel à l’aide sur sa page Facebook lundi.

Émilie Ricard obtient un congé... annulé 2h plus tard

Après son retentissant cri du cœur sur Facebook sur ses conditions de travail dans les CHSLD de Sherbrooke, lundi, l’infirmière Émilie Ricard a rencontré vendredi matin la direction du CIUSSS de l’Estrie–CHUS. Au menu : un échange d’une quinzaine de minutes sur les solutions qui pourraient être mises de l’avant pour lui venir en aide et une collecte de données sur les nuits infernales qu’elle a passées dans les CHSLD de Sherbrooke.

Et pour la soutenir, on lui a offert un congé dans la nuit de vendredi à samedi... « Mais on l’a rappelée quelques heures plus tard pour lui dire que, finalement, c’était impossible de lui accorder ce congé... On voit bien que la différence est énorme entre le vouloir et le pouvoir. Comme Émilie travaille sur une équipe volante, elle doit rentrer pour remplacer un poste d’infirmière auxiliaire alors qu’elle est infirmière », se désole Sophie Séguin, présidente régionale de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec – syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l’Est (FIQ-SPSCE).

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Est-ce étonnant qu’une infirmière doive rentrer pour travailler sur un poste d’infirmière auxiliaire? « Ça ne devrait pas arriver, mais on est là-dedans depuis longtemps. Il y a aussi beaucoup d’infirmières auxiliaires qui rentrent au travail pour combler des quarts de travail de préposés aux bénéficiaires. Quand on ne peut plus remplacer dans la même catégorie d’emploi, on va chercher dans les autres catégories », souligne Mme Séguin.

Après une semaine riche en émotions, Émilie Ricard est fatiguée mais heureuse d’avoir suscité une vague de témoignages qui ont déferlé de partout dans le système de santé. « Elle a allumé une flamme pour inciter les gens à dénoncer des situations qui n’ont pas d’allure. C’est comme si elle avait redonné espoir aux travailleurs de la santé et qu’elle leur avait montré que ça valait la peine de dénoncer », affirme Mme Séguin.

« Maintenant, ce qu’on souhaite, c’est que la sortie publique d’Émilie porte ses fruits et que ça amène des vraies discussions pour trouver des solutions », ajoute Mme Séguin.

Rappelons qu’Émilie Ricard, une infirmière de 24 ans, a publié un long texte sur sa page Facebook, lundi matin, à la suite d’un essoufflant quart de travail dans un des quatre CHSLD de Sherbrooke. Elle avait publié une photo d’elle en pleurs pour accompagner son message.

Interpelant directement le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, elle déplorait que les récentes réformes imposées au système de la santé aient alourdi la tâche du personnel infirmier, toujours moins nombreux. L’infirmière se disait épuisée et déplorait de devoir multiplier les quarts de travail en temps supplémentaire obligatoire.