Gilles Bisson (Nouveau Parti démocratique), Marie-France Lalonde (Parti libéral de l’Ontario) et Gila Martow (Parti progressiste-conservateur de l’Ontario) ont débattu d'enjeux francophones au nom de leur parti respectif.

Un débat francophone animé

Les porte-paroles pour les Affaires francophones des principaux partis — Gilles Bisson du Nouveau Parti démocratique (NPD), Marie-France Lalonde du Parti libéral de l’Ontario et Gila Martow du Parti progressiste-conservateur (PPC) de l’Ontario — ont croisé le fer et ont tenté de faire valoir les engagements de leur formation respective en matière de francophonie, à Toronto, mardi soir.

Les trois candidats ont pu s’exprimer sur plusieurs enjeux, notamment sur le prix de l’électricité dans la province ontarienne, la création d’une université francophone à Toronto et l’accessibilité aux services de santé dans la langue de Molière en Ontario.

Le débat organisé par Radio-Canada et TFO était animé par les journalistes Gabrielle Sabourin et Étienne Fortin-Gauthier, qui à plusieurs reprises, ont dû rappeler les candidats à l’ordre.

Le candidat du NPD, Gilles Bisson, a souligné que son parti allait reprendre tranquillement le contrôle d’Hydro-One afin d’arrêter la privatisation, ce qui a fait réagir la candidate du Parti libéral dans Orléans Marie-France Lalonde.

« On ne veut pas privatiser. On veut reprendre le contrôle d’Hydro One pour s’assurer que le système est abordable pour les gens de cette province », a souligné M. Bisson.

« Pendant des années vous nous avez dit que le fait qu’Hydro One était publique faisait augmenter les taux et là vous nous dites qu’il faut redépenser 4 milliards $ », a rétorqué Mme Lalonde.

En ce qui concerne le domaine de l’éducation, les candidats étaient appelés à réagir à l’enjeu de la création de l’Université de l’Ontario français et à faire part de leur plan afin que celle-ci voit le jour et qu’elle réponde aux attentes des Franco-Ontariens.

Le candidat du NPD a d’ailleurs critiqué le gouvernement conservateur sous la gouverne de Mike Harris afin de faire valoir son point.

« Je me rappelle bien les années Harris et la seule chose qu’ils ont fait pour le post secondaire francophone c’est de fermer le collège des Grands Lacs », a-t-il déclaré.

« Ça prend une université qui peut faire un partenariat avec d’autres universités en Europe, en Afrique, et où les étudiants peuvent gagner quelque chose d’extraordinaire, pas seulement une autre université ici en Ontario », a répliqué la candidate conservatrice Gila Martow.

Quant à l’enjeu de l’accès aux services de santé en français, les candidats du NPD et du Parti libéral se sont tous deux attaqués à Mme Martow, notamment en rappelant la fermeture de l’Hôpital Montfort sous le règne du gouvernement conservateur de Mike Harris.

« La dernière fois que vous étiez au pouvoir, on a essayé de fermer l’Hôpital Montfort et c’est exactement le père de M. Ford qui était député au niveau provincial avec M. Harris », a déploré Mme Lalonde.

« L’Hôpital Montfort, on s’en rappelle encore et on ne va pas oublier », a soutenu M. Bisson.

Mme Martow s’est défendue en mentionnant que l’Hôpital Montfort avait fait un partenariat avec un hôpital pour les anciens combattants, ce qu’elle a qualifié de « très bonne décision ».

Après avoir débattu sur ces questions, les candidats ont dû répondre aux questions du public. L’une de ces questions portait d’ailleurs sur l’accessibilité des services de garde. Un résident de Toronto a demandé aux trois candidats quel était leur plan afin d’avoir un système de garderies abordables et accessibles à tout le monde.

Lorsque Mme Lalonde a présenté la vision de son parti sur l’enjeu des garderies, elle a affirmé être en d’accord avec plusieurs points énumérés par le candidat du NPD juste auparavant.

« Votre plateforme, si je regarde ce que vous dites, il y a quand même de bonnes idées pour les services de garde », a avoué la candidate libérale.

M. Bisson a d’ailleurs sauté sur l’occasion afin de lui lancer une flèche.

« Votez NPD ! », a-t-il dit.

Les chefs et les candidats poursuivront leur campagne électorale au cours des prochaines semaines, alors que les élections provinciales ontariennes se tiendront le 7 juin prochain.


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