Le candidat conservateur, Fadi Nemr

Peu de participation aux débats en français pour les conservateurs

À une semaine du scrutin, les électeurs francophones d’Ottawa-Vanier n’ont toujours pas eu la chance d’entendre le candidat du Parti progressiste-conservateur (PPC) débattre dans la langue de Molière.

Fadi Nemr a décliné toutes les invitations à participer à des débats en français à ce jour. Son bureau de campagne indique que des conflits d’horaire sont survenus et qu’il a dû se désister pour des raisons de santé, la semaine dernière.

Contacté par Le Droit, M. Nemr affirme qu’il était contraint de se rendre à l’hôpital d’urgence et c’est pour cette raison qu’il n’a pas pu se rendre au débat organisé par l’Association des communautés francophones d’Ottawa (ACFO). De plus, un conflit d’horaire est survenu mardi lors du débat prévu au Collège Samuel-Genest. 

« Le docteur m’a dit que je devais me reposer pour quelques jours, confie-t-il. C’est la seule raison pour laquelle je n’y suis pas allé (au débat de l’ACFO). J’aurais aimé y aller, c’était le plan. »

Le candidat progressiste-conservateur compte concentrer ses énergies sur le porte-à-porte d’ici la fin de la campagne électorale. « Je vais continuer à faire de la sollicitation et à cogner aux portes dans ma circonscription d’ici le 7 juin », soutient-il en ajoutant qu’il s’engage à pratiquer son français s’il est élu, puisqu’il ne l’a pas parlé couramment depuis plusieurs années.

De son côté, son collègue dans Orléans a limité sa participation à trois débats, soit un anglophone, un bilingue et un francophone. L’équipe de Cameron Montgomery affirme que le travail sur le terrain est primordial et qu’il est important d’y concentrer ses efforts.

Communiquer directement avec les électeurs à leur résidence est certes une partie importante de la campagne électorale, mais la participation aux débats ne doit pas être négligée, estime Linda Cardinal, professeure et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques à l’Université d’Ottawa.

« C’est quand même intéressant ces débats. Ça permet aux gens de poser des questions et souvent des questions qui ne sont pas préparées et les partis ne peuvent pas contrôler le message. Ça permet à la parole citoyenne de s’exprimer et de faire partie du débat public. C’est un peu ce que les conservateurs refusent de reconnaître en disant qu’ils vont faire du porte-à-porte en disant que c’est mieux d’être sur le terrain », soutient-elle. 

Les francophones peu courtisés

En début de campagne, les francophones ont été désignés comme l’électorat à courtiser selon plusieurs experts. Une avenue que peu de partis ont empruntée au cours des 22 derniers jours.

« Je trouve que les francophones n’ont pas été courtisés tant que ça finalement. Quand on regarde ce qu’on dit les différents partis politiques aux questions de l’AFO (l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario) il y avait quand même beaucoup de redites, estime Linda Cardinal. On n’a pas eu beaucoup de surprises. Les libéraux ont fait des choses qui auraient pu être faites dans l’ancien mandat. Pour le NDP, on se demandait si on allait faire référence aux francophones dans la plate-forme et pour les conservateurs, les francophones ce sont des Ontariens comme les autres. »