Après une campagne électorale de 29 jours, c’est le jour du vote en Ontario.

L’Ontario aux urnes

Le jour J est arrivé après une campagne électorale de 29 jours riche en rebondissements. Plus de 10 millions d’Ontariens sont appelés aux urnes jeudi pour élire un nouveau gouvernement provincial.

C’est donc dans quelques heures que nous saurons si les électeurs jugeront aussi sévèrement le gouvernement libéral de Kathleen Wynne que les sondages le laissent entendre depuis des semaines. Le plus récent coup de sonde, réalisé en ligne par la firme Léger, indique que le Parti progressiste-conservateur dirigé par Doug Ford (39 %) et le Nouveau Parti démocratique mené par Andrea Horwath (38 %) sont au coude à coude dans les intentions de vote. Le Parti libéral est loin derrière, au troisième rang, avec 18 % d’appuis.

Avec de telles prévisions et un nombre encore important d’indécis, rien n’est encore joué et le suspense durera vraisemblablement jusqu’à la dernière minute.

La première ministre sortante a causé toute une surprise il y a quelques jours en admettant publiquement sa défaite, affirmant être consciente « qu’elle ne serait plus la première ministre de l’Ontario » à la fin de la semaine.

Mais elle a profité de son message pour lancer un appel à l’électorat, qu’elle supplie d’apposer un X aux côtés du nom du plus de députés libéraux possible afin d’empêcher ses deux adversaires « d’avoir un chèque en blanc », faisant référence à la possibilité que les progressistes-conservateurs ou les néo-démocrates forment un gouvernement majoritaire.

En plus de la grande région de Toronto, où l’on retrouve la majorité des circonscriptions de la province, beaucoup d’yeux se tourneront vers Ottawa et l’Est ontarien puisque la capitale fédérale était jusqu’ici quasi entièrement recouverte de rouge. Seule Lisa MacLeod, qui sollicite un cinquième mandat dans Nepean, porte les couleurs des progressistes-conservateurs.

Or, cette fois, les troupes de Doug Ford croient que les circonscriptions comme Orléans et Ottawa Ouest-Nepean, actuellement représentés par Marie-France Lalonde et Bob Chiarelli, sont à leur portée.

Dans l’ouest de la ville, ils comptent bien aussi s’emparer du nouveau comté de Carleton, l’un des 17 sièges qui se sont ajoutés à Queen’s Park.

L’un des sièges que les troupes de Mme Wynne espèrent sans contredis garder dans leur giron est celui d’Ottawa-Vanier, car une victoire des partis adverses mettrait fin à un règne libéral de 47 ans.

Par ailleurs, tout laisse croire que c’est dans le comté d’Ottawa-Centre que l’on risque d’assister à l’une des luttes les plus chaudement disputées d’un bout à l’autre de la province.

Dans cette circonscription, où les néo-démocrates pourraient faire un premier gain dans la région depuis des décennies, le député libéral sortant Yasir Naqvi affronte Joel Harden (NPD) et Colleen McCleery (PC).

Dans la région, les candidats ont fait plusieurs engagements ces dernières semaines, de la santé aux services en français en passant par les transports, l’éducation et l’environnement.

Rappelons que pour la première fois de l’histoire en Ontario, la plupart des électeurs iront aux « urnes électroniques ».

La nouvelle technologie, testée avec succès par Élections Ontario lors d’élections partielles en 2016, sera disponible dans la moitié des bureaux de vote.

À son arrivée, l’électeur passera sa carte d’électeur sous le balayage d’un lecteur numérique. L’électeur recevra alors d’un scrutateur son bulletin de vote, et pourra le remplir dans l’isoloir.

Le scrutateur insérera ensuite le bulletin dans une machine comptable électronique.

Les bureaux de scrutin seront ouverts de 9 h à 21 h. Les premiers résultats devraient être connus peu de temps après la fermeture des portes.

L’ÉLECTION ONTARIENNE 2018 EN CHIFFRES

- 42e élection générale 

- 29 jours de campagne 

- 124 sièges en jeu à Queen’s Park (17 de plus qu’auparavant)

- 63 circonscriptions à gagner pour obtenir une majorité

- 10 circonscriptions à Ottawa et dans l’Est ontarien

- 67 candidats inscrits dans la région

- 10,2 millions d’électeurs à travers la province

- 7200 bureaux de vote au total 

- 55 000 employés nécessaires à la tenue du scrutin

- 768 895 électeurs qui ont voté par anticipation ces derniers jours (+19% par rapport au scrutin de 2014)

- 50% des bureaux de vote disposeront de tabulatrices de vote et de registres du scrutin électroniques

- 126 millions $ de coûts reliés à l’élection (12,35$ par électeur), une hausse de 62% par rapport à 2014

- 51,3% comme taux de participation à la dernière élection générale

- 5362 jours depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux