Le président de l'AFO, Carol Jolin

L'AFO presse les candidats de parler de santé en français

À deux semaines des élections provinciales, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) presse les leaders et les candidats des partis politiques de faire des engagements visant à améliorer les services de santé dans la langue de Molière.

L’organisme les interpelle sur cet enjeu dans une vidéo publiée mercredi sur les réseaux sociaux, alors qu’il s’apprête à dévoiler la mise à jour du Livre blanc sur les assises de la santé en français en Ontario, publié à l’automne 2014. Ce nouveau document sera rendu public dans sa version intégrale d’ici quelques semaines, annonce-t-on. 

Entre-temps, l’AFO émet quatre recommandations au futur gouvernement provincial, dont d’obliger la collecte de la variable linguistique et l’intégration d’un échantillonnage représentatif de la minorité francophone pour toute activité de recherche financée. 

Soutenant que « l’amélioration de la santé des francophones passe par un accès aux services prioritaires dans leur langue », l’organisation exige aussi qu’on développe une stratégie et un plan d’action francophone pour la santé mentale, les soins de longue durée et la santé primaire. L’appui à la création de modèles de services francophones, comme la construction de carrefours multiservices ou de centres de santé communautaire, est également recommandé. 

Plus de trois ans et demi après la publication du Livre blanc, l’AFO déplore que « trop souvent encore », les fournisseurs n’offrent que peu, voire pas de services en français dans les régions désignées.

« Par ailleurs, il est à la fois préoccupant et troublant de constater que des ressources financières considérables sont investies annuellement dans les diverses stratégies, études et initiatives qui ne se focalisent que sur la majorité anglophone. [...] Pourtant, il est désormais incontestablement établi que le fait d’être francophone en situation minoritaire est un déterminant de la santé ayant un impact direct sur l’efficacité et l’efficience du système de santé ontarien », peut-on lire dans la mise à jour. 

L’AFO veut aussi que l’Ontario établisse des obligations en matière d’offre active visant les fournisseurs de services de santé en français et qu’il soutienne la formation obligatoire sur l’offre active de tout le personnel et des étudiants dans le milieu de la santé. 

« Les services de santé en français, ce n’est pas de la simple revendication identitaire. C’est avant tout une question d’équité, de qualité et de sécurité des soins pour les patients » lance le président de l’AFO, Carol Jolin, dans la vidéo.