Le candidat à la mairie de La Pêche, Guillaume Lamoureux

Élections à La Pêche: de nouveaux visages et une course à deux à la mairie

Même si le poids des années se fait sentir dans plusieurs communautés rurales de l’Outaouais, avec des populations qui vieillissent de façon notable, la présente campagne électorale municipale à La Pêche semble plutôt confirmer l’arrivée d’une nouvelle génération de politiciens en herbe qui se lancent dans l’aventure municipale.

La constante demeure cependant le maire Robert Bussière, patriarche immuable en poste depuis vingt ans à la mairie, mais dont la tâche fut facilitée par deux précédentes élections par acclamation. En cinq mandats, M.Bussière n’aura rencontré de l’opposition qu’à deux reprises.

Cette fois-ci, le maire sortant fera face à un opposant, un néophyte en matière municipale et résidant de Wakefield que depuis 2015, Guillaume Lamoureux. Ce jeune père de famille de 34 ans, bachelier en génie de l’environnement, avoue s’être davantage lancé dans la course parce qu’il voyait M. Bussière se diriger allègrement vers une autre élection par acclamation. M. Lamoureux est actuellement coordonnateur au Centre de traitement des boues de fosses septiques à la MRC de la Vallée-de-la-Gatineau.

Sa quadruple plateforme électorale gravite autour des thèmes suivants : le développement économique (tourisme et investissements dans les infrastructures), le développement des services à la collectivité (transports en commun, covoiturage, accès à l’Internet), la transparence municipale dans les décisions politiques et économiques et l’environnement (notamment la gestion des matières résiduelles).  

« Au fil des conversations que j’ai eues, ce que je perçois, c’est que les gens ne comprennent pas toujours la démarche décisionnelle de la municipalité [...] Il y a des projets qui ont été amenés et mis de l’avant qui avaient un impact beaucoup plus important et c’est parfois fait de façon non concertée ou pas assez concertée », raconte-t-il au Droit.

Robert Bussière, maire sortant de La Pêche

Du pain sur la planche

L’arrivée d’un adversaire dans les pattes du maire le force à reprendre le chemin du porte-à-porte, car rien n’est jamais acquis. 

Au cours du prochain mandat, la municipalité procédera vraisemblablement à l’aménagement des berges de la rivière Gatineau qui a donné lieu à une contestation citoyenne qui avait provoqué le rejet d’un règlement d’emprunt de 400 000$ pour le projet. Un nouveau montage financier a été approuvé par le conseil et permettra l’installation des quais et d’une promenade en bois dès cet hiver ; le réaménagement des parcs du secteur, entre autres choses, devrait suivre. 

L’implantation d’un système d’égout à Sainte-Cécile-de-Masham est aussi sur la planche à dessin. 

Le maire sortant envisage également l’expansion du transport en commun à d’autres villages et la possibilité d’un quatrième départ quotidien de Sainte-Cécile et Wakefield.

La construction d’une piscine intérieure à Sainte-Cécile fait aussi partie des projets du maire, moyennant l’obtention des subventions correspondantes. Il en va de même pour la transformation de l’ancienne voie ferrée en sentier d’hébertisme.

Le maire espère aussi l‘amélioration du réseau routier, la cueillette systématique du petit bois et des matelas et la construction d’un gymnase. L’édification d’un écocentre de traitement des matières résiduelles est aussi dans les plans. 

Enfin, l’agrandissement de la mairie est également souhaité depuis longtemps ; on pourra y adjoindre le CLSC de La Pêche qui quittera le CHSLD des Collines qui s’agrandit pour accueillir 24 nouveaux lits (et 12 nouveaux emplois).

« La Pêche est aussi classée parmi les municipalités les moins endettées au Québec ; c’est important. On vit quand même une bonne croissance – c’est pas, bien sûr, dans les meilleures – mais c’est une soixantaine de nouvelles maisons par année », explique le maire sortant au Droit.

Une cohorte de nouveaux aspirants conseillers

La Pêche est une mosaïque de neuf villages fusionnés, dotée de deux petits centres urbains (Sainte-Cécile-de-Masham et Wakefield). 

Sur le plan politique, sept conseillers de quartier entourent le maire en poste. Cette année, deux conseillers ont déjà été élus par acclamation, soit Claude Giroux dans le secteur Wakefield, qui débutera un second mandat, et Richard Gervais dans Edelweiss ; un premier mandat pour cet homme déjà actif, cependant, au comité d’urbanisme de la ville dont Claude Giroux est président.

Trois conseillers ont annoncé leur départ : Jacqueline Lambert-Madore, Christian Blais et Christopher Harris. Et déjà, une cohorte de nouveaux et plus jeunes aspirants conseillers sont en lice pour succéder ou pour croiser le fer avec les conseillers sortants. 

Portrait-robot d’une communauté

La municipalité de La Pêche abrite une population de près de 8000 personnes. Au recensement de 2011, la population en âge de travailler (les 15 à 64 ans) représentait 70 % de la communauté. La population des jeunes (0 à 14 ans) et des aînés (65 ans et plus) est nez à nez : 16 % contre 14 %. L’âge médian de la population s’élève à 44,5 ans (contre 41,9 ans pour tout le Québec). La taille des familles est de 2,4 personnes par foyer. 

59 % de la population est francophone et 39,6 %, anglophone. Le revenu d’emploi moyen des résidants de La Pêche s’élevait à 53 000$ en 2010. La dette de la municipalité est modeste (près de 700$ par citoyen) ; son budget avoisine 13,5 millions $. 

« Moi, ce qui m’épate – j’étais haut fonctionnaire au fédéral et des exercices budgétaires, j’en ai pas mal faits – et celui-ci (le budget) à La Pêche est l’un des plus rigoureux que j’ai jamais vu. On est quasiment en train de compter les trombones », confie le conseiller Claude Giroux, sourire en coin.