Alexandre Perras Elizabeth Lafrance et le petit Albert

Une campagne trop marquée par les attaques

La campagne électorale qui s’achève a été trop marquée par les attaques personnelles, pensent de nombreux citoyens interrogés par Le Soleil. Ils estiment également qu’il y a eu trop de surenchère et de promesses irréalisables.

Pas un jour ou presque où un chef n’a pas dénigré un autre chef d’un parti. Dans une campagne aussi longue, les citoyens auraient aimé entendre des idées pour le futur du Québec. 

Alexandre Perras, électeur dans Louis-Hébert, avait fait son choix, mais il a changé son vote à cause du comportement d’un chef envers un autre. «On n’a pas parlé beaucoup d’éducation, j’aurais aimé voir un projet. Au lieu de ça, juste des attaques», a-t-il déploré.

«Au débat il y a eu beaucoup de chicanes entre les partis, ça me rejoint moins. Des choses sont sorties chaque semaine, des attaques personnelles. C’est allé plus dans le personnel que dans les grandes idées, les projets de société qu’on pourrait construire», a souligné Aurélie Demers, électrice dans Bellechasse.

Elizabeth Lafrance, dans Louis-Hébert, regrette quant à elle, le manque de propositions pour la santé. «Il y a de moins en moins de service dans les hôpitaux. On a parlé juste des salaires des médecins.»

Promesses irréalisables 

Les citoyens interrogés ont également dénoncé la surenchère et la superficialité des propos. «La politique, c’est beaucoup de spectacle. Les discours sont écrits par des professionnels de la communication», a commenté Jean-Louis Boutin, électeur dans Chutes-de-la-Chaudière. 

Un avis partagé par Réjane Noël, dans Vanier–Les-Rivières. Elle dit respecter les chefs pour leur engagement, mais s’attend à autre chose que des propos superficiels. «Ils ne répondent pas à la réalité des gens. Ils font des promesses, mais ils vendent juste du rêve.»

Selon André Boucher, électeur dans Taschereau, c’est bien beau d’avoir des «idées progressistes», faut-il encore qu’elles soient réalisables. Pour Yvon Careau, dans Montmorency, les promesses sont carrément «ridicules». «L’argent ne tombe pas du ciel», a-t-il soutenu.

Droit de vote 

La campagne est loin d’avoir été extraordinaire pour les citoyens. Aucun chef ne s’est démarqué, mais ils estiment important d’exercer tout de même leur droit de vote. 

«On s’est battu pour avoir le droit de vote, je trouve ça important», a justifié Maxim Michaud, jeune électrice dans Chauveau, 19 ans et qui votera pour la première fois. 

Yannick Savard, dans Lévis, n’a pas encore fait son choix, mais il ira tout de même mettre son bulletin dans l’urne pour que son «vote compte». Il regrette cependant que les partis ne parlent pas aux jeunes ou très peu. 

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CE QU'ILS ONT DIT

«Comment allez-vous tenir vos promesses?»

Éric Bourassa et Sylvie Groleau, dans Montmorency

«J’aimerais un vote pour le candidat de la circonscription et un vote pour le premier ministre.»

Michel Derose, électeur dans Chauveau

«Quel parti offre le meilleur pour la famille et la société?»

Ahmed Meddeb, dans Chauveau

«Je ne veux pas laisser le pouvoir à un seul parti. Je veux une opposition forte.»

Ayi Ajavon, dans Vanier–Les-Rivières

«Je sais tellement ce que je ne veux pas, que je sais pour qui aller voter.»

Marie-Ève Bélanger, électrice dans Vanier–Les-Rivières

«J’aurais aimé qu’on parle plus d’environnement, c’est un enjeu de société. Il faut arrêter de mettre en opposition économie et environnement.» 

Caroline Brodeur, dans Chauveau