Dr Gilles Aubé, Gaetan Ouellet et Christian Bernier (au micro)

Un «traitement équitable» demandé

Les bonnes idées ont fusé de partout durant la campagne électorale dans la région, et ce, tout parti politique confondu, estime Équité Outaouais. Reste maintenant à passer de la parole aux actes dès le lendemain du scrutin, plaide l’organisme.

« Ce qu’on cherche, c’est un changement. Un traitement équitable de l’Outaouais, tout simplement. Peu importe qui le fera, on ne se prononce pas là-dessus, on veut que ça se fasse », lance le porte-parole en éducation et président du Syndicat des enseignants du Cégep de l’Outaouais, Christian Bernier.

Plusieurs engagements véhiculés à l’occasion des cinq débats électoraux organisés par le groupe ces dernières semaines permettraient de faire « avancer » la région, signale-t-on.

En matière de santé, Équité Outaouais salue entre autres les idées de modernisation de l’Hôpital de Hull, d’abolition du temps supplémentaire obligatoire pour les infirmières, l’ouverture de CLSC dans tous les secteurs de la région et le rapatriement de plusieurs centaines d’accouchements sur la rive québécoise. Le groupe soutient également que la région a un déficit de 185 lits de courte durée et de 460 de longue durée.

« C’est quelque chose d’urgent qui a été remis encore et encore », s’est exclamé le porte-parole en santé Gilles Aubé, en lien avec ce dernier projet.

La promesse de la Coalition Avenir Québec (CAQ) d’ériger un hôpital flambant neuf de 170 lits ne séduit pas le regroupement.

« Avoir un nouvel hôpital ne serait pas une bonne idée si c’est construit en dehors des deux autres. C’est de se diviser. Vous avez vu, au Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), on a mis toutes les ressources dans le même panier. À Trois-Rivières et Saguenay, c’est la même chose. Tous les centres régionaux sont concentrés dans un seul milieu. Nous, avec deux hôpitaux séparés actuellement, c’est déjà très mauvais pour le public, alors ce serait une mauvaise idée d’en avoir un troisième. Il faut une vision globale », a expliqué M. Aubé.

Côté éducation, l’ajout de programmes collégiaux et universitaires ainsi que la concrétisation du projet de campus unifié de l’Université du Québec en Outaouais (UQO) ont été mentionnés par plusieurs candidats et doivent être sur la liste des priorités, dit-on.

« À la base, l’offre de programmes collégiaux en Outaouais n’est pas suffisante. Il faut l’augmenter. Et conséquemment, il faut agrandir les infrastructures. Au Cégep de l’Outaouais, par exemple, il y a eu un ajout de programmes, mais on n’a pas plus d’étudiants. On agrandit par en dedans », note M. Bernier, ajoutant que 12 000 jeunes par an vont étudier à Ottawa ou dans d’autres régions.

L’élargissement de l’autoroute 50 à quatre voies, le retour de la défunte Conférence régionale des élus de l’Outaouais (CRÉO), le déménagement de certains ministères dans la région, le rétablissement du financement du Carrefour jeunesse emploi, la création d’un musée régional et l’amélioration du système de financement pour les organismes communautaires (pluriannuel et à la mission) sont aussi prônés par Équité Outaouais.

En outre, la pétition qu’avait lancée le groupe au mois d’août pour déplorer le sous-financement de la région a été signée par 3850 personnes.

La Ville de Gatineau et les quatre municipalités régionales de comté (MRC) de la région ont également manifesté leur appui à cette résolution.