Selon les plans d’effectifs médicaux du ministère de la Santé, l’Outaouais devrait avoir quatre microbiologistes.

Régions moins populeuses mieux nanties en spécialistes que l'Outaouais

Que ce soit en médecine interne, en microbiologie, en urologie ou encore en radiologie, les régions du Bas-Saint-Laurent et du Saguenay-Lac-Saint-Jean comptent davantage de postes de médecins spécialistes que l’Outaouais, et ce même si elles sont beaucoup moins populeuses.

Un patient de l’Outaouais désirant garder l’anonymat a été hospitalisé plus tôt cet été, alors qu’il était en visite dans une autre région. Il a pu revenir en Outaouais, où il devait poursuivre un traitement.

Récemment, ses proches ont toutefois dû le conduire à l’urgence de l’Hôpital de Hull. Il a dû attendre plus de 48 heures avant de voir un microbiologiste, a déploré son fils, qui se demande pourquoi des régions moins peuplées comptent sur les services de plus de spécialistes en la matière.

Selon les plans d’effectifs médicaux du ministère de la Santé, l’Outaouais devrait avoir quatre microbiologistes. Mais il n’y en a que deux détenteurs de postes, dont un en congé pour une durée indéterminée, confirme le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Outaouais (CISSSO).

Même si les quatre postes de spécialistes en microbiologie étaient pourvus, l’Outaouais et ses quelque 360 000 habitants assurés auprès de la Régie de l’assurance maladie du Québec continueraient d’en compter moins que d’autres régions moins peuplées.

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, où l’on comptait l’an dernier autour de 267 000 habitants assurés, les six postes microbiologistes sont occupés. Dans le Bas-Saint-Laurent (environ 193 000 habitants assurés), aucun des sept postes dans cette spécialité n’est vacant.

En urologie, cinq des six postes sont pourvus dans le Bas-Saint-Laurent, et les huit postes du Saguenay-Lac-Saint-Jean le sont aussi. Cela représente respectivement un urologue par tranche de 39 000 et 33 000 habitants. En Outaouais, avec les cinq postes occupés, le taux est d’un médecin spécialiste par tranche de 72 000 habitants.

Le Droit a aussi effectué des comparaisons similaires avec Lanaudière et les Laurentides, deux régions se situant, comme l’Outaouais, à proximité d’une grande ville offrant des soins de niveau tertiaire. L’accès pour les régions périphériques à Montréal aux soins de santé dans la métropole est cependant parfois moins complexe que pour les patients de l’Outaouais qui souhaitent voir certains spécialistes à Ottawa en raison, évidemment, du changement de province.

Dans certaines spécialités comme l’anatomo-pathologie, la chirurgie générale et l’urologie, Lanaudière et les Laurentides présentent des ratios moins favorables à ceux de l’Outaouais. En microbiologie, en pneumologie ou en radiologie, c’est toutefois l’inverse qui est observé.

La répartition des postes entre les régions est dictée par le ministère de la Santé en fonction de différents critères qui « sont établis sur une base populationnelle en fonction des besoins régionaux [...] en collaboration avec les fédérations médicales et les établissements ».