Québec solidaire veut forcer ses adversaires à se mouiller davantage en faveur d’un scrutin proportionnel lors du débat des chefs le 13 septembre.

QS a un plan pour mousser le scrutin proportionnel

À défaut de pouvoir convaincre les libéraux, Québec solidaire (QS) entend forcer ses adversaires péquistes et caquistes à se mouiller davantage en faveur d’un scrutin proportionnel lors du débat télévisé des chefs le 13 septembre — que le sujet y soit abordé ou pas.

Un plan d’action a été élaboré et un projet est en cours de préparation pour ramener ce sujet dans l’actualité.

Peu avant le 13, autour du 10 septembre, le Mouvement démocratie nouvelle dévoilera des simulations de ce qu’aurait donné en termes de sièges à l’Assemblée nationale un modèle de «scrutin proportionnel mixte compensatoire avec listes régionales» s’il avait été en place en avril 2014.

Au Mouvement, on a indiqué au Soleil avoir confié au professeur Philippe J. Fournier, animateur du blogue politique Qc125, le soin de passer les résultats des dernières élections dans le tamis d’un tel mode de scrutin.

Il n’y aura pas une seule projection, mais plusieurs. Car l’éventuelle nouvelle carte électorale, en plus de 75 circonscriptions, compterait-elle 5, 9, 12 ou 17 régions pour la constitution des listes régionales?

Les simulations qui seront dévoilées dans une dizaine de jours doivent donc analyser différents scénarios.

L’entente de mai

Le gouvernement sortant rejette tout projet de réforme du mode de scrutin qui inclurait des éléments de proportionnalité. Québec solidaire, le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti vert se sont pour leur part engagés plus tôt cette année à présenter un projet de loi instituant «un mode de scrutin proportionnel mixte compensatoire» si l’un d’eux prend le pouvoir le 1er octobre.

Malgré tout, chez QS, certains soupçonnent la CAQ de ne pas être si chaude à cette idée.

Selon le modèle général auquel ces quatre partis ont donné leur accord en mai, chaque électeur disposerait de deux votes avec ce mode de scrutin envisagé pour 2022. Le premier servirait à élire 75 députés de circonscription et le second, une cinquantaine d’élus provenant de listes régionales constituées par les partis.

Le degré de proportionnalité ne serait pas le même selon que le Québec serait divisé en 5, 9, 12 ou 17 régions et c’est pourquoi, ainsi que dans l’espoir que le débat à venir soit le plus concret possible, que le Mouvement démocratie nouvelle a commandé cet exercice de projections.

Pour tendre vers le plus de proportionnalité possible, le PQ et QS ont déjà dit être prêts à accepter que le nombre de sièges à l’Assemblée nationale passe de 125 à 126, 127 ou 128.

Pour la CAQ, toutefois, le nombre de circonscriptions ne doit pas dépasser les 125 actuels.