Le chef du Parti libéral, Philippe Couillard

Prix du lait: personne ne s'est plaint à Philippe Couillard

LONGUEUIL — Jamais un citoyen ne s'est plaint du prix élevé du lait à Philippe Couillard.

C'est ce que le chef libéral a assuré, jeudi, en mettant sa «tête sur le billot» pour défendre la gestion de l'offre dans la production laitière.

Il a ainsi contredit un des arguments des opposants au système de la gestion de l'offre, qui affirment vouloir le démanteler pour offrir un meilleur prix aux consommateurs, grâce à la concurrence.

Dans les négociations actuelles sur l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA), les Américains réclament l'abolition de la gestion de l'offre afin de pouvoir vendre leurs produits laitiers sur le marché canadien.

Le secrétaire au Commerce américain, Wilbur Ross, a même affirmé au premier ministre Philippe Couillard dans une rencontre qu'il était «certain que les citoyens (québécois) seraient très heureux de payer quelques cents de moins pour leur lait» et abandonner la gestion de l'offre.

«Monsieur, vous vous trompez», a répondu le chef libéral en relatant l'échange devant les représentants de l'Union des producteurs agricoles (UPA) à leur siège social de Longueuil jeudi matin.

«L'ensemble des Québécois sont solidaires de leurs producteurs laitiers», a-t-il poursuivi.

En mêlée de presse à Longueuil devant l'UPA, il a répondu à ceux qui plaident que les consommateurs réclament des produits laitiers moins chers.

«Savez-vous quoi? Il n'y a jamais un citoyen qui m'a dit ça, jamais. Bien sûr, pas dans ma région (le Saguenay-Lac-Saint-Jean), les agriculteurs sont là. Mais personne ne m'a interpellé là-dessus.»

M. Couillard affirmé que les citoyens comprennent bien qu'il y a un échange, un équilibre entre un prix juste pour le producteur, le transformateur et le consommateur.

Appel aux Québécois

Parce que la question de rapport de forces est essentielle dans ces négociations, il a lancé «un appel à tous les Québécois pour qu'ils se rangent derrière leurs producteurs agricoles», puisqu'il s'agit «d'un choix de société».

Il dit avoir été «frappé» par la façon dont est décrite dans le reste du pays la gestion de l'offre, comme étant «archaïque» et dépassée. Au contraire, selon lui, il s'agit d'un système moderne qui tient compte des circuits de proximité, de l'achat local, comme le demandent de plus en plus les citadins.

M. Couillard a conclu son allocution devant les représentants de l'UPA en leur demandant explicitement de voter pour lui le 1er octobre, parce qu'il estime avoir pris un gros risque au Canada et dans le monde en les défendant.

«J'ai prouvé que j'agissais, j'ai prouvé que je suis dévoué à cette cause et j'ai mis ma tête sur le billot pour cette cause, politiquement», a-t-il déclaré.