Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a pu discuter avec Philippe Couillard lors de son passage en Outaouais, cette semaine.

Pedneaud-Jobin veut un «plan de développement» régional

Un «décalage» s’est installé entre le discours du gouvernement et la perception des citoyens de l’Outaouais par rapport aux soins de santé, à l’éducation et aux différents enjeux régionaux, estime le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin.

Ce dernier n’a pas manqué d’aborder la question avec le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, lors de son passage à Gatineau, vendredi matin. Pour mettre fin à ce décalage entre l’action gouvernementale et la perception sur le terrain, et les discours «trop souvent négatifs», le maire de Gatineau a proposé au chef libéral la mise en place d’un vaste plan d’action pour l’Outaouais. 

M. Pedneaud-Jobin entend faire exactement les mêmes représentations auprès des autres chefs d’ici la fin de la campagne électorale. 

«M. Couillard est très ouvert à l’idée d’un plan de développement pour l’Outaouais, a indiqué le maire Pedneaud-Jobin au terme de sa rencontre avec le premier ministre. Oui, il se fait des choses positives, il y a des projets qui arrivent, mais on ne sent pas qu’il y a un véritable plan devant nous mener du point A au point B. Pour sortir des discours négatifs, il faut avoir confiance et pour ça, ça prend un plan chiffré avec les différentes étapes à franchir. Les gens doivent voir que l’Outaouais fait partie des plans à Québec et que la région n’est pas seulement un endroit où on vient faire des promesses et des projets à la pièce.»

En entrevue avec Le Droit, le chef libéral a indiqué être sur la même longueur d’onde que le maire de Gatineau à cet effet. «Je suis d’accord avec lui et avec la lettre qu’il nous a fait parvenir, dit-il. Il faut avoir une approche plus large pour l’Outaouais, non seulement en santé et en éducation, mais en économie et en immigration. Je l’ai encouragé à poursuivre dans cette voie avec les collègues de la région.»

M. Couillard a aussi avancé l’idée que l’Outaouais organise un «sommet économique régional» qui aiderait par la suite le gouvernement à mieux suivre les priorités déterminées par la région. Or, ce sommet économique a eu lieu en 2016, après plusieurs mois de préparation, et avait rassemblé plus d’une centaine d’acteurs socio-économique de la région.

Le maire Pedneaud-Jobin a aussi interpellé M. Couillard sur l’importance de bonifier l’offre de programmes à l’Université du Québec en Outaouais et le transfert d’un point de TVQ aux villes. Le chef libéral s’est de nouveau engagé à ce que le gouvernement du Québec participe financièrement à la construction du futur train léger vers l’ouest de la Ville, un projet estimé à 2 milliards $.

+

CRISE DANS LA PRESSE ÉCRITE: «IL FAUT QUE QUÉBEC S'EN MÊLE»

Le maire de Gatineau a profité de son entretien avec le premier ministre du Québec, vendredi matin, pour plaider en faveur de la cause de la presse écrite régionale et locale. 

«L’information est un bien public, a insisté le maire Maxime Pedneaud-Jobin. Ce n’est pas qu’un enjeu d’organisations privées qui sont en concurrence. Si le marché privé n’est plus capable de faire vivre l’information, il faut que le gouvernement s’en mêle parce que c’est un bien public.» 

M. Pedneaud-Jobin a rappelé au chef libéral que la Vallée-de-la-Gatineau a perdu son hebdomadaire il y a quelques mois et que la Revue de Gatineau, «une institution dans la région» a fermé ses portes pas plus tard que la semaine dernière. 

«C’est grave, affirme le maire. Je suis conscient que le gouvernement a fait certains pas pour aider les médias, notamment pour la transition vers le numérique, mais j’ai voulu lui dire qu’il reste énormément à faire pour sauver nos médias écrits.»

La disparition de ces deux hebdomadaires vient faire tomber dans l’oubli plusieurs nouvelles locales et communautaires qui ne trouvent pas leur place dans les médias électroniques et dans un quotidien comme Le Droit, indique M. Pedneaud-Jobin. 

«Ce sont souvent des nouvelles importantes pour les communautés, pour la fierté des gens, des jeunes et des organismes sur le terrain, dit-il. Ces fermetures auront des conséquences sur le sentiment d’appartenance. Il est aussi prouvé que moins il y a de nouvelles locales dans un milieu, moins les gens votent. Je voulais transmettre mon inquiétude au premier ministre Philippe Couillard, et il la partage.»

+

L'IMMIGRATION EST «UN ATOUT IMPORTANT POUR LES VILLES COMME GATINEAU»

Le débat sur l’immigration au cours de la présente campagne électorale au Québec ne doit pas porter sur le nombre de nouveaux arrivants que le Québec doit accueillir, mais plutôt sur les efforts à faire pour bien les intégrer, affirme le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. 

«Je réitère qu’on a besoin de main-d’oeuvre au Québec et une partie de la solution vient de l’immigration, dit-il. C’est un atout important pour le Québec et des villes comme Gatineau. La question pour moi c’est beaucoup moins le nombre d’immigrants que la façon dont nous les accueillons et les efforts que nous mettons pour qu’ils apprennent le français.» Le maire Pedneaud-Jobin raconte que des immigrants de Gatineau sont forcés d’aller apprendre le français à Ottawa parce que les cours y sont offerts gratuitement, contrairement au Québec. «Ça n’a aucun sens, dit-il. C’est à ça qu’il faut s’attaquer.»