Manon Massé à son arrivée au rassemblement de Québec solidaire, à Montréal

Manon Massé continuera de parler d'environnement à Québec

MONTRÉAL — Les militants de Québec solidaire étaient en liesse, lundi soir, alors que leur parti a réussi à plus que doubler son nombre de députés, et à élargir son périmètre de popularité au-delà de l'île de Montréal.

«Vous avez récolté ce que vous avez semé», a lancé la porte-parole de Québec solidaire et députée réélue Manon Massé, dans un discours triomphal, à L'Olympia de Montréal.

«Vous avez donné au peuple québécois le goût de se remettre en marche!»

Selon les militants de Québec solidaire, cette élection signifie que leur parti est maintenant en lice pour devenir le prochain gouvernement.

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«La prochaine fois, c'est le monde ordinaire qui va prendre le pouvoir à Québec», a lancé le porte-parole et député réélu Gabriel Nadeau-Dubois.

«Québec solidaire, c'est pas un accident de parcours en politique québécoise. Québec solidaire, c'est pas des brebis égarées qui vont finir un jour ou l'autre par rentrer au bercail. Québec solidaire, c'est l'incarnation de quelque chose de nouveau en politique québécoise», a déclaré M. Nadeau-Dubois en mêlée de presse.

Les partisans étaient très émus de la percée de leur parti, malgré l'élection d'un gouvernement majoritaire de la Coalition avenir Québec, qui est plus à droite de l'échiquier politique.

«Monsieur Legault, attachez votre tuque avec de la broche», a prévenu M. Nadeau-Dubois, s'adressant au prochain premier ministre, François Legault.

Manon Massé a promis de porter le dossier de l'environnement, un sujet que M. Legault aborde trop peu, selon le parti. Et elle s'est engagée à lui rappeler sa promesse de réformer le mode de scrutin.

Victoire de Dorion

Les partisans ont éclaté de joie, plus tôt dans la soirée, lorsque les réseaux de télévision ont annoncé l'élection de Catherine Dorion, dans la circonscription de Taschereau, à Québec.

Cette circonscription était une forteresse péquiste, qui était représentée par la députée Agnès Maltais.

À quelques kilomètres de Taschereau, dans Jean-Talon, l'ancien chef d'Option nationale Sol Zanetti a lui aussi été élu sous les couleurs de Québec solidaire. Dans les derniers mois, Option nationale a fusionné avec Québec solidaire.

Le parti a aussi réussi à faire élire Christine Labrie dans Sherbrooke, qui a défait le ministre sortant de la Famille, Luc Fortin.

Ce sont les premiers élus solidaires de l'histoire à l'extérieur de Montréal.

Leur candidate Émilise Lessard-Therrien était aussi en avance dans la circonscription de Rouyn-Noranda, en Abitibi.

Dans la région de Montréal, le co-porte-parole de Québec solidaire, M. Nadeau-Dubois, a été réélu sans difficulté dans Gouin, à Montréal. Il avait été élu avec plus de 69 pour cent des voix lors de la partielle de 2017.

Manon Massé, qui avait arraché sa victoire en 2014, a été rapidement déclarée élue dans sa circonscription de Sainte-Marie-Saint-Jacques.

La candidate Ruba Ghazal, qui tentait de succéder à Amir Khadir dans Mercier, aura également son siège à l'Assemblée nationale.

Gains aux dépens du PQ

Le parti a aussi réussi une percée dans d'autres comtés de la métropole, encore une fois ici aux dépens du Parti québécois (PQ).

L'ex-journaliste Vincent Marissal a réussi son pari dans Rosemont, contre le chef du PQ Jean-François Lisée.

Le candidat solidaire Alexandre Leduc a été élu dans Hochelaga-Maisonneuve, défaisant la péquiste Carole Poirier.

Le parti a aussi réussi à gagner un château fort libéral, Laurier-Dorion. L'ancien porte-parole Andrés Fontecilla, qui se présentait pour une troisième fois dans cette circonscription, a été élu.

À la dissolution de l'Assemblée nationale, Québec solidaire détenait trois circonscriptions, toutes situées à Montréal.