Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, en point de presse, mardi

Legault s'en prend à ce qu'il qualifie de «campagne de peur»

À quelques jours du vote par anticipation, le chef de la CAQ, François Legault, a lancé un message aux électeurs, mardi : «Embarquez pas dans la campagne de peur libérale.»

En conférence de presse pour annoncer son intention d’élargir une autoroute, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) s’en est pris à son adversaire libéral, qui semble marquer des points dans les sondages les plus récents au détriment de sa propre formation politique.

Un coup de sonde de Mainstreet pour le compte de Groupe Capitales Médias et un autre sondage Léger-LCN-Le Journal placent la CAQ et le Parti libéral du Québec (PLQ) au coude à coude.

Le temps commence à manquer pour faire le plein de votes. Le vote par anticipation aura lieu dimanche et lundi, tandis que l’élection générale est fixée au lundi 1er octobre.

Au lendemain d’un débat en anglais au cours duquel ses positions sur l’immigration lui ont valu de multiples attaques de ses rivaux, François Legault s’est livré à son tour à une attaque en règle contre Philippe Couillard.

«Actuellement, M. Couillard essaie de mettre en place une machine à peur libérale, s’est-il emporté. Vous l’avez vu au débat, je pense qu’il a dépassé les bornes. Il est même allé jusqu’à dire qu’on voulait envoyer les immigrants l’autre côté du pont Cartier-MacDonald à Ottawa. C’est pas rien là!»

Il s’en est aussi pris au chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, qu’il a taxé d’«allié de circonstance de Philippe Couillard».

Car il n’y a «rien d’excessif», «rien d’épeurant» à ce que l’on exige des nouveaux arrivants «qu’ils aient l’obligation d’apprendre nos valeurs et d’apprendre le français», a-t-il martelé avant d’y aller de quelques précisions sur les modalités d’administration de ces épreuves dont il parle depuis des jours.

«S’il y a un échec dans le test, ils vont pouvoir recommencer le test autant de fois qu’ils veulent. [...] C’est toujours ce qu’on a dit», a-t-il tranché avant de quitter son lutrin. Peu après, son entourage a précisé aux journalistes que les immigrants auraient une période de trois ans pour les réussir, mais qu’en cas d’échec, une période de grâce d’un an leur serait accordée.

L’information sur le nombre apparemment illimité de tentatives n’est pas contenue dans le document d’orientation sur l’immigration présenté en mai dernier par le parti. En revanche, il est spécifié qu’«un gouvernement de la CAQ accordera une prolongation d’une année aux candidats immigrants qui échouent aux évaluations de français ou de connaissance des valeurs du Québec».

Mais «ce type de situation» ne devrait «se produire qu’en de très rares occasions», «compte tenu des ressources importantes qui seront mises à la disposition des candidats [suivi individuel, cours de francisation, allocations]», mentionne-t-on dans le même paragraphe de cette section du document.

Une province bilingue?

M. Legault a connu une autre journée difficile mardi, ayant été incapable en conférence de presse de nommer la seule province officiellement bilingue au pays, le Nouveau-Brunswick.

«Écoutez, je ne veux pas embarquer dans ces questions-là. Au Québec, la langue officielle, c’est le français», a d’abord esquivé le leader caquiste.

Il a opté pour la même stratégie lorsqu’on l’a relancé en lui demandant s’il savait combien de provinces canadiennes évoluaient avec le français et l’anglais comme langues officielles.

«Je vais prendre votre question en délibéré», a offert François Legault.

Cet épisode est survenu après que le chef se fut empêtré dans ses réponses sur l’immigration, un sujet pourtant clé dans sa campagne, deux fois en autant de jours, la fin de semaine passée.

Ces bourdes ont fait le bonheur de ses adversaires, qui ne ratent jamais une occasion de s’attaquer à la crédibilité de François Legault.

«Lorsqu’on veut être premier ministre du Québec, ne pas savoir que sa province voisine, le Nouveau-Brunswick, est bilingue [...], ça part mal», a notamment déclaré le chef péquiste Jean-François Lisée en mêlée de presse à Lavaltrie.

Couillard en rajoute

Loin de s’amender, le chef libéral Philippe Couillard s’est en effet encore une fois attaqué aux positions de M. Legault sur l’immigration, mardi.

Selon lui, le plan de la CAQ en immigration est «aussi pire» que la Charte des valeurs de 2013 du Parti québécois.

En entrevue à la radio de la CBC, au lendemain du débat en anglais, le chef libéral a comparé la proposition de la CAQ de faire passer des tests de français et de valeurs aux immigrants à la défunte Charte des valeurs du PQ.

Cette charte, qui a contribué à la défaite de Pauline Marois en 2014, interdisait notamment le port de tout signe religieux ostensible, incluant le turban, le hijab et la kippa pour tous les employés de l’État dans le cadre de la prestation des services.

Elle a suscité une importante controverse sociale et divisé profondément la population québécoise.

Le plan de la CAQ est «aussi pire», selon M. Couillard, qui continue de marteler que le Québec a «absolument» besoin d’immigrants.

«Je m’attendais à cela»

Le chef caquiste François Legault a nié avoir l’impression que le tapis lui glissait sous les pieds, alors qu’un sondage de Mainstreet mené pour Groupe Capitales Médias plaçait mardi sa formation au coude à coude avec le PLQ. 

«J’ai toujours dit, dans les dernières semaines et les derniers mois, que l’écart se resserrerait. Je m’attendais à cela. Mais j’ai confiance que nous aurons un gouvernement majoritaire le 1er octobre», a-t-il fait valoir.

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