Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a visité une ferme laitière, mardi à Saint-Henri-de-Taillon.

Legault nie avoir accusé Couillard de cacher de l’argent à l’étranger

Le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, nie avoir voulu attaquer son adversaire libéral en s’interrogeant sur les impôts latents déclarés par ce dernier.

M. Legault avait insinué, en début de journée, mardi, que Philippe Couillard détiendrait toujours de l’argent à l’extérieur du pays.

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a rapidement rejeté cette allégation et reproché à son rival caquiste de faire du «salissage malicieux» à son endroit.

En mêlée de presse au Lac-Saint-Jean en fin d’après-midi, M. Legault a dit ne pas avoir à s’excuser puisqu’il n’a «accusé personne» et que les journalistes ont tiré leurs propres conclusions.

La question s’était invitée dans le dernier droit de la campagne électorale quelques heures plus tôt, lorsque le chef caquiste a déclaré que des impôts latents riment selon lui avec des impôts impayés à l’étranger.

«C’est des impôts qui seront éventuellement payés, habituellement, quand l’argent va être rapatrié d’un autre pays, a offert M. Legault, en mêlée de presse à Chibougamau. Moi, comme comptable agréé, c’est ce que je comprends.»

Selon les états financiers publiés lundi, M. Couillard a déclaré un actif net de 659 402 $ et un avoir net d’environ 442 000 $, ce qui est inférieur à ceux de sa conjointe Suzanne Pilote. Il a inscrit 187 584 $ d’impôts latents, alors que pour Mme Pilote, le montant est de 142 000 $.

«Je vais le dire très clairement, je n’ai pas un sou à l’extérieur du Québec», a dit M. Couillard, mardi après-midi, visiblement irrité.

«J’en ai à peine pour mes prochaines années. De nous deux, il n’y a qu’un multimillionnaire, et ce n’est pas moi», a-t-il ajouté à propos de M. Legault.

Le chef caquiste avait chiffré ses actifs à 9,866 millions $

Les finances personnelles du chef libéral avaient également fait les manchettes en 2014 en raison d’une controverse en lien avec une somme de 600 000 $ déposée entre 1992 et 2000 dans un compte bancaire de l’île de Jersey - considérée comme un paradis fiscal.

M. Couillard n’a pas raté l’occasion pour se livrer à une charge en règle à l’endroit de M. Legault, l’accusant d’avoir un comportement indigne de quelqu’un qui sollicite la fonction de premier ministre.

«Rien ne justifie un salissage aussi malicieux que celui auquel il se livre», a déploré le chef libéral.

Il a juré que lui et sa conjointe ne détenaient aucun actif à l’étranger et qu’ils ne possédaient rien d’autre, comme une fiducie familiale.

L’équipe du PLQ a expliqué que la somme de 187 584 $ en impôts latents constituait une provision visant à couvrir les sommes à payer en impôts advenant une liquidation des actifs du premier ministre sortant - «une situation quand même assez rare», selon M. Legault.

Interrogé quant à savoir s’il n’avait que des avoirs de 442 000 $ à 61 ans après avoir pratiqué la médecine comme neurochirurgien au Québec ainsi qu’à l’étranger - notamment en Arabie saoudite -, M. Couillard a répondu que la vie l’avait conduit à «beaucoup d’endroits».

«On dirait que les gens sont déçus de cela, a-t-il dit. J’ai eu une vie familiale changeante, je n’en dirai pas plus. Je ne suis pas un homme riche. Est-ce que j’en suis frustré? Non. C’est la réalité.»

Le chef libéral a confirmé avoir touché un dividende de 457 000 $ de son entreprise «Dr Philippe Couillard M.D. S.A» en 2013, comme l’indique un document obtenu par Cogeco Nouvelles.

Ce montant ne figure plus dans ses récents états financiers.

«J’ai payé mon hypothèque, j’ai payé mon épicerie, a répondu M. Couillard. Pendant plusieurs mois, je n’avais pas de salaire avant d’être élu chef du PLQ et chef de l’opposition.»

Il a également affirmé avoir eu recours à ce montant pour rembourser d’autres dettes.

Lisée défend Couillard

Selon le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, cette nouvelle attaque du chef caquiste démontre son manque de crédibilité, et il comprend son adversaire libéral d’être contrarié.

«Ce sont des accusations graves, fondées sur rien. Si M. Legault a une preuve, un début de preuve, un témoignage, qu’ils nous le montre, ça nous intéresse. Mais j’ai pas l’impression qu’il a la moindre chose à dire», a déclaré M. Lisée à Amos.

«C’est du vent. Si tu veux être premier ministre du Québec, tu dois respecter des faits. Si tu as des choses graves à dire, aie des arguments, des preuves. M. Legault n’en a pas.»