Enrico Ciccone dit n’avoir jamais souhaité du mal à François Ouimet.

Le torchon brûle chez les libéraux

MONTRÉAL — En plus de faire ses premiers pas dans l’arène politique, la recrue du Parti libéral du Québec (PLQ) Enrico Ciccone devra rapidement se bâtir une nouvelle équipe en vue de la campagne électorale qui s’apprête à prendre son envol.

Furieux de voir le premier ministre Philippe Couillard montrer la porte à François Ouimet, député de Marquette depuis 1994, tous les membres – à l’exception d’une personne – de l’exécutif de l’association libérale de cette circonscription montréalaise ont décidé de démissionner.

Selon le président de l’organisation, Patrick Carroll, aucun membre de l’exécutif n’a été invité à la conférence de presse tenue jeudi matin, dans l’arrondissement Lachine, pour présenter M. Ciccone, cet ex-hockeyeur âgé de 48 ans.

« En ce moment, on a un différend avec les personnes en charge, a expliqué M. Carroll au cours d’une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne, au lendemain d’une réunion. C’est ce qui est difficile pour nous. Alors on va démissionner et prendre un recul. »

Déçu d’avoir été traité ainsi après une implication de 32 ans au sein de la formation politique, ce dernier a affirmé qu’il faudrait un nouveau chef ou un changement d’attitude avant d’envisager un retour au bercail.

Cette controverse s’est d’ailleurs invitée à la présentation de la recrue du parti dans cette forteresse libérale. MM. Couillard et Ciccone ont toutefois tenté de minimiser les effets de la décision de l’exécutif de l’association libérale de la circonscription.

« C’est ouvrir la porte à l’avenir, a dit le premier ministre. C’est comme cela que je vois les choses. Je crois que beaucoup de gens (...), sans minimiser les mérites de M. Ouimet, vont se reconnaître dans ce qu’apporte Enrico. »

L’assemblée d’investiture de François Ouimet devait avoir lieu mercredi soir ; elle avait été annulée la veille.

De son côté, l’ancien joueur de la Ligue nationale de hockey (LNH), qui n’habite pas la circonscription de Marquette regroupant Dorval et l’arrondissement de Lachine, a dit n’avoir jamais souhaité du mal à l’actuel député avec qui il a déjà échangé dans le passé.

« J’ai vécu dans un monde (la LNH) où d’un claquement de doigts, tu peux changer d’équipe, a affirmé M. Ciccone. J’ai changé sept fois d’équipe. Je sympathise énormément avec ce que François vit. C’est un moment difficile. »

Un défi de plus

Enrico Ciccone a assuré qu’il ne se sentait pas visé personnellement par la décision de l’exécutif de l’association libérale, qualifiant la situation actuelle de « défi de plus » en vue de la campagne électorale.

« Au contraire, je comprends, parce que j’aurais sans doute fait la même chose, a dit M. Ciccone. Tu veux t’entourer de gens loyaux et qui vont aller à la guerre pour toi. Je ne suis pas surpris, je comprends. »

L’aspirant député a néanmoins pris le temps de tendre la main à M. Carroll au cours d’une conversation téléphonique mercredi, mais en vain.

Selon le président de l’association libérale de Marquette, il ne devrait pas y avoir de contestation judiciaire entourant l’arrivée de M. Ciccone, étant donné qu’il s’agit du choix personnel du premier ministre.

Au terme de sa carrière de joueur, M. Ciccone a été analyste et animateur à diverses antennes québécoises de radio et de télévision. Le 24 juillet dernier, il avait annoncé son départ de son poste d’animateur à une station de radio de Montréal.

Même s’il dit avoir bien gagné sa vie au fil du temps, l’ex-hockeyeur dit avoir fait le saut dans l’arène politique dans le but de s’impliquer socialement davantage.

Courtisé par d’autres formations politiques qu’il n’a pas voulu nommer, M. Ciconne a dit avoir choisi le PLQ, expliquant que c’est cette formation politique qui se rapprochait le plus de ses valeurs. Ce n’est que mardi qu’il a appris qu’on lui offrait la circonscription de Marquette.

Une poignée de curieux et de résidants de la circonscription ont observé de loin la conférence de presse. Certains étaient encore surpris du choix de M. Couillard.

« Ce n’est pas correct, surtout que tout cela est présenté comme un virage jeunesse, a déploré Nicole Pilon, au cours d’un entretien. M. Ciccone n’a que 10 ans de moins que M. Ouimet. On pourrait parler de virage si le nouveau candidat avait environ 30 ans. »

Pour sa part, Michel a souligné que plusieurs électeurs semblaient surpris. À son avis, ce changement pourrait « mettre du piquant » en vue du scrutin, puisqu’autrement, il n’y aurait probablement pas eu de changement.

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MATHIEU LACOMBE SERAIT CANDIDAT POUR LA CAQ DANS PAPINEAU

La Coalition Avenir Québec (CAQ) aurait jeté son dévolu sur l’ex-chef d’antenne de TVA Gatineau-Ottawa et porte-parole de la Société de transport de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, pour briguer les suffrages dans le comté de Papineau.

Selon Radio-Canada, qui affirme avoir obtenu l’information de sources fiables près de la CAQ, le chef François Legault sera de passage dans la région dimanche pour annoncer la candidature du jeune homme de 30 ans qui a présidé la section régionale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) durant près de deux ans.

Il annoncerait également que son parti a déniché ses cinq candidats pour la région. Dans Pontiac, on ignore toujours qui portera les couleurs de la CAQ. Robert Bussière (Gatineau), Rachel Bourdon (Hull) et Mathieu Lévesque (Chapleau) étaient les trois candidats confirmés en date de jeudi.

Mathieu Lacombe

M. Lacombe, que Le Droit a tenté de joindre sans succès, tentera de déloger le député libéral Alexandre Iracà, qui l’avait emporté en 2014 en obtenant 50% des voix. La CAQ avait terminé au troisième rang avec 16% des suffrages.

L’ancien journaliste n’habite pas dans cette circonscription. 

La porte-parole de la CAQ, Émilie Toussaint, n’a pas voulu confirmer la nouvelle, rappelant que toutes les candidatures seront annoncées en temps et lieu. 

L’actuel député Alexandre Iracà a de son côté indiqué qu’il «avait eu vent il n’y a pas si longtemps» que Mathieu Lacombe serait l’un de ses adversaires durant la campagne électorale. 

«On peut dire que c’est confirmé, sous toutes réserves. [...] Mais je salue le courage des gens qui osent se présenter en politique, car ce n’est pas facile. Je nous souhaite une campagne propre et d’idées, où on va débattre des enjeux», a-t-il dit, ajoutant que cette candidature ne changera en rien son approche.

Avec Daniel Leblanc, Le Droit