Philippe Couillard (au centre) s'est engagé à allonger 100 millions $ par année afin de limiter à 7 $ le tarif quotidien pour se stationner à l’hôpital. Les deux premières heures seront gratuites.

Le PLQ promet aussi d’encadrer les tarifs de stationnement d'hôpitaux

MONTRÉAL — Tout comme la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti libéral du Québec (PLQ) promet maintenant d'abaisser et même d'abolir dans certains cas, les tarifs de stationnement des hôpitaux et établissements de santé — souvent jugés exorbitants.

En dévoilant son engagement devant l'hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval, samedi, le chef libéral s'est défendu d'être électoraliste en reprenant et bonifiant une promesse déjà dévoilée par ses adversaires.

«Les premières marges de manoeuvre ne sont pas allées au stationnement, elles ont été vers le réseau de l'éducation et aux soins aux patients», s'est défendu M. Couillard, au 17e jour de la campagne.

Alors que des établissements comme le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et le Centre hospitalier universitaire de Québec exigent quotidiennement 24 $ et 16 $ pour le stationnement, le PLQ propose de plafonner ce tarif journalier à 7 $.

En mars, une compilation effectuée par la CAQ avait révélé que le tarif quotidien était de 24 $ dans six hôpitaux de Montréal et 10 $ ou plus dans 30 établissements dans la province.

Au total, la promesse libérale est chiffrée à 100 millions $ par année, soit le montant qui serait versé aux établissements pour pallier le manque à gagner. Annuellement, ces établissements génèrent des surplus estimés à environ 70 millions $ grâce aux stationnements.

De plus, les deux premières heures de stationnement à l'hôpital seront gratuites et les patients atteints de maladies chroniques ou nécessitant des traitements réguliers — comme de l'hémodialyse, de la radiothérapie ou de la chimiothérapie — n'auront pas à payer pour garer leur véhicule. Finalement, les visiteurs qui vont voir leurs proches dans un CHSLD n'auront plus à débourser pour se stationner.

«Ça aurait été irresponsable de dédier les premières marges de manoeuvre à l'asphalte des stationnements», a répondu M. Couillard, lorsqu'on lui a rappelé que son gouvernement avait commencé à générer des surplus dès 2015.

On augmente la mise

Il s'agit d'une surenchère par rapport à l'engagement de la CAQ, qui proposait alors d'offrir les deux premières heures gratuitement. De plus, le parti dirigé par François Legault promettait d'imposer un plafond maximum de 7 $ à 10 $ par jour dans les établissements où les tarifs journaliers étaient déjà supérieurs à ces montants.

Pressé de question, le chef libéral s'est défendu d'avoir alimenté le cynisme avec cette promesse dévoilée pendant la campagne plutôt que d'avoir agi en cours de mandat.

«Ce qui alimente le cynisme, c'est de prendre des engagements qu'on ne peut pas financer», a répondu M. Couillard, sans toutefois nommer la formation politique de M. Legault.

Au cours des dernières années, le gouvernement Couillard a été talonné à plusieurs reprises dans ce dossier, notamment par la CAQ, et le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, avait déjà jugé que les demandes des caquistes étaient déraisonnables.

M. Barrette avait aussi estimé que les tarifs du CHU de Québec de 16 $ par jour pour le stationnement — les 30 premières minutes étaient gratuites — étaient acceptables. Cet établissement était alors dirigé par Gertrude Bourdon, qui se présente pour le PLQ et qui serait la ministre de la Santé d'un deuxième gouvernement Couillard.

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux avait également critiqué l'augmentation des tarifs pour se stationner dans les établissements de santé. Samedi, elle n'avait pas réagi à la promesse du PLQ.

Pour sa part, le chef caquiste a dit croire que la promesse du PLQ faisait grimper «d'une coche» le cynisme des Québécois.

«Pendant des mois, il s'est moqué de nous pour vouloir limiter [les tarifs], a dit M. Legault, à Québec. Et là, tout à coup, en campagne électorale, il vient de voir la lumière apparaître et il prend la position de la CAQ.»

Déploiement rapide

Selon le chef libéral, sa promesse entourant la tarification des stationnements des établissements de santé serait réalisable dès la première année d'un deuxième mandat.

Il a concédé qu'il y aurait toutefois du travail à faire pour identifier parmi les patients ceux qui ont besoin de traitements réguliers et également pour éviter de s'assurer que des automobilistes convergent vers les stationnements d'hôpitaux, comme celui du CHUM, parce que les tarifs sont moins élevés.

«Là-dessus, nous allons être extrêmement attentifs, a dit le chef libéral. C'est très simple de mettre des mesures de sécurité et de vérification comme il existe déjà pour limiter l'accès (des stationnements) aux employés et pour ceux qui reçoivent des soins.»

Quelques exemples de tarifs quotidiens dans les hôpitaux

- CHUM : 24 $

- Hôpital de Montréal pour enfants : 24 $

- Centre hospitalier universitaire de Québec : 16 $

- Cité-de-la-Santé (Laval) : 13 $

- Maisonneuve-Rosemont (Montréal) : 17,50 $

- Pierre-Boucher (Longueuil) : 12 $

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UN BAIN DE FOULE QUI SE TERMINE AVEC DES DOLÉANCES

Les bains de foule sont imprévisibles pendant une campagne électorale et le chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, a pu le constater, samedi, lorsqu’un chauffeur de taxi l’a interpellé pour lui livrer le fond de sa pensée sur la présence d’Uber dans la province.

Venu épauler sa candidate Marie Montpetit dans la circonscription montréalaise de Maurice-Richard, l’arrêt d’environ une heure et demie effectué sur la Promenade Fleury se déroulait sans encombre, alors qu’il a serré de nombreuses mains en plus de se laisser photographier à plusieurs reprises avec des passants.

Toutefois, tout juste avant de remonter dans son autobus, qui était garé dans le stationnement d’une épicerie, un chauffeur de taxi, Castor Frank, a décidé d’exprimer ses doléances au chef libéral à propos de la baisse de la valeur des permis provoquée par la controversée multinationale.

«Ce n’est pas de bonnes nouvelles parce que nos permis de taxi, tout est tombé à l’eau, dans le trou, à cause de votre loi [le projet-pilote qui se poursuit]», a dit l’homme, pendant un court échange.

Le chef libéral, qui s’est arrêté pour discuter avec le chauffeur, a pris le temps de lui rappeler que son gouvernement avait détaillé, il y a moins d’un mois, les montants de l’indemnisation qui sera remise aux propriétaires de permis de taxi, dont la valeur a diminué, notamment en raison de l’arrivée d’Uber dans la province.

Ces chèques devraient notamment varier de 1000 $ à 46 700 $ par permis, mais cela n’était visiblement pas suffisant pour contenter M. Frank.

«Mais Uber, ils peuvent travailler dans n’importe quelle voiture, a-t-il lancé. Moi, je dois avoir une bonne voiture. [Uber] vole nos jobs

M. Couillard a tenté de calmer le jeu, en expliquant que «partout dans le monde, cela arrive», ajoutant que le Québec était l’un des endroits où il y avait le plus d’exigences afin d’encadrer les activités de la multinationale.

Il y a 7600 permis de taxi au Québec, selon les données gouvernementales, et plus de 4500 permis recevront l’indemnisation maximale de 46 700 $.

Avant cet échange avec M. Frank, le chef libéral avait brièvement serré la main et échangé avec un homme venu lui souhaiter «bonne chance», et ce, même s’il ne pensait pas voter pour le PLQ le 1er octobre.

Au moment de remonter dans l’autobus, un autre individu a également lancé au chef libéral qu’il ne «gagnera pas».

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Guy Ouellette a été arrêté en octobre dernier par l'UPAC, mais aucune accusation n'a été déposée à ce jour contre lui.

À LA DÉFENSE DE GUY OUELLETTE

Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ), Philippe Couillard, s'est porté à la défense de son candidat dans la circonscription lavalloise de Chomedey Guy Ouellette, alors que ce dernier continue d'être sous la loupe de l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Avec d'autres candidats du parti, l'ex-policier se trouvait à l'extérieur de l'hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval, samedi, afin de participer à l'annonce du leader libéral entourant l'encadrement de la tarification dans les stationnements d'établissements de santé.

Interrogé sur la présence de M. Ouellette, M. Couillard a rappelé que son candidat — qui reviendra en cour le 3 octobre, deux jours après le scrutin — ne faisait face à aucune accusation, ajoutant que la «population et ses collègues lui font confiance».

«Ce n'est même pas sûr qu'il y a en aura [des accusations], est-ce qu'on va suspendre la vie de quelqu'un pendant des années à cause de cela?» s'est demandé le chef du PLQ.

M. Ouellette a été arrêté en octobre dernier par l'UPAC, mais aucune accusation n'a été déposée à ce jour contre lui. L'UPAC avait fait savoir que son enquête visait «de possibles infractions d'abus de confiance et d'entrave à la justice». L'UPAC le soupçonne d'avoir trempé dans un complot concernant le vol de documents et leur divulgation dans les médias relativement à l'enquête Mâchurer, sur le financement du PLQ, à l'époque où Jean Charest en était le chef.

Depuis le début de la campagne, le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) ont décidé de couper les liens avec certains candidats ayant été plongés dans l'embarras. Chez les péquistes, Guy Leclair, qui a été formellement accusé de conduite avec les facultés affaiblies, vient de retirer sa candidature.

M. Couillard n'a pas voulu faire de parallèle entre le cas de M. Ouellette et des candidats des autres formations politiques.

«Ce que l'on sait, c'est que M. Ouellette n'est reconnu coupable de rien», a dit le chef libéral.

En marge de la conférence de presse, M. Ouellette a dit ne pas avoir de nouveaux détails par rapport à l'enquête. Cette situation ne lui complique aucunement la tâche pour faire campagne auprès de ses électeurs, a-t-il dit.

«J'ai déposé une requête cassation de mandat de perquisition le 28 juin, a-t-il expliqué. Cela revient à la cour le 3 octobre.»

M. Ouellette veut contester les mandats de perquisition de l'UPAC ayant permis au corps policier de saisir son ordinateur et son téléphone cellulaire en octobre dernier.

L'ancien policier n'a pas voulu dire s'il estimait que la situation dans laquelle il se trouve actuellement lui porte préjudice alors que la campagne électorale bat son plein.