Jamil Azzaoui, à gauche, en compagnie de l'humoriste Fellag, au centre, et du chef du Parti québécois Jean-François Lisée, à droite.

Le Parti vert révoque la candidature de Jamil Azzaoui

Le Parti vert du Québec (PVQ) a révoqué la candidature de l’auteur-compositeur-interprète Jamil Azzaoui parce qu’il avait l’intention de rencontrer à titre personnel l’essayiste et conférencière Djemila Benhabib, avec qui le parti ne veut pas être associé.

«Nous avons le regret de vous informer que nous avons décidé de retirer votre candidature dans la circonscription de Maskinongé. Vous ne représenterez donc pas le Parti vert du Québec aux élections générales 2018», annonce le responsable des communications du PVQ, Michel Jean, dans une lettre envoyée à Jamil Azzaoui.

M. Jean explique que cette décision fait suite à l’intention de l’auteur-compositeur-interprète de rencontrer Djemila Benhabib, connue surtout pour ses positions tranchées sur l’islam. 

«Il est important pour nous de départager la politique et d’éviter les conflits d’intérêts. De plus, il est évident que nous ne voulons pas être associés à certaines personnes qui ne reflètent pas exactement nos valeurs», mentionne encore M. Jean.

Le responsable des communications du PVQ justifie également le retrait de la candidature de M. Azzaoui par les «échanges» que l’artiste aurait eus avec Jean-François Lisée «avant même d’en parler avec notre chef». Il évoque enfin le manque d’enthousiasme et de motivation de M. Azzaoui à ramasser les signatures nécessaires à sa candidature. 

«Ça revient à dire que lorsque tu te présentes pour un parti politique, tu ne peux plus entrer en contact, boire un verre, dire bonjour, débattre avec les membres de ton entourage, tes amis, ta famille s’ils ne reflètent pas “exactement” ses valeurs», a réagi sur les réseaux sociaux Jamil Azzaoui, qui se dit convaincu que cette décision, «ce n’est pas la façon d’être des candidats [du PVQ], seulement de leur chef, Alexandre Tyrell». 

«À mourir de rire»

Pour Djemila Benhabib, la lettre que le PVQ a envoyée à son ami Jamil Azzaoui, «c’est à mourir de rire». «D’où sort ce type, #AlexandreTyrell du Parti vert du Québec?» demande-t-elle sur Twitter et sur Facebook. 

Au bout du fil, lundi, Alexandre Tyrell a expliqué que le PVQ avait accepté la candidature de Jamil Azzaoui après que celui-ci eut approché le parti. 

«Dès qu’on a confirmé sa candidature, il a fait part de son intention de rencontrer Mme Benhabib, qui est connue pour ses propos extrêmement controversés, notamment sur les musulmans. […] Il disait que c’était pour aller chercher son soutien pour sa campagne. Je lui ai dit qu’on n’était pas confortable avec l’idée d’être associé à elle, mais il s’est entêté à vouloir la rencontrer», a raconté M. Tyrell, ajoutant que s’il avait su que Jamil Azzaoui avait des liens avec Mme Benhabib, «on n’aurait jamais accepté sa candidature».

Le chef du PVQ ajoute que l’auteur-compositeur-interprète avait une attitude «très condescendante» envers le personnel du parti. Il assure du reste que les liens entre Jamil Azzaoui et Jean-François Lisée — sur un tweet datant du 26 novembre 2016, Lisée parle de «l’ami Jamil Azzaoui» — n’ont pas pesé dans la décision d’exclure la candidature de l’artiste. «C’est vraiment l’association de M. Azzaoui avec Mme Benhabib qui nous dérange», insiste M. Tyrell.

La candidature de Jamil Azzaoui dans Maskinongé a été remplacée par celle d’Amélie St-Yves, une jeune biologiste de 22 ans, précise le chef du PVQ.