Les débats organisés par le 104,7 doivent se dérouler durant l'émission du midi, animée par Roch Cholette.

Le 104,7 Outaouais pointé du doigt par le PQ

Qualifiant la décision d’incompréhensible, le Parti québécois (PQ) déplore que le 104,7 Outaouais ait choisi de n’inviter que les candidats de la Coalition Avenir Québec (CAQ) et du Parti libéral pour les débats face-à-face organisés dans le cadre de l’émission «Solide comme le Roch».

«Historiquement, le 104,7 invitait tous les partis dans ses débats. Pourquoi un tel changement? Le Parti québécois est toujours l’Opposition officielle du Québec. Est-ce que le 104,7 prend ses décisions de débat en fonction des sondages et non de la démocratie?», s’interroge le président régional du PQ, Robert Drapeau, dans un communiqué émis mercredi. 

Le PQ soutient qu’au nom de la «démocratie la plus élémentaire», la station radiophonique aurait dû donner aux quatre partis représentés à l’Assemblée nationale «la possibilité de présenter leur plate-forme politique afin de permettre aux auditeurs de faire un choix des plus éclairés». 

«Il est douteux de réduire la joute politique au PLQ et a la CAQ», ajoute M. Drapeau, qui demande à la direction du 104,7 de réviser sa décision. 

Le fait d’avoir choisi d’organiser des débats uniquement pour les circonscriptions de Chapleau, Gatineau et Papineau est aussi dénoncé par les instances régionales du PQ, qui tient à rappeler que le parti s’est classé bon deuxième dans plusieurs des circonscriptions lors des élections précédentes. Vérification faite, le PQ a devancé la CAQ dans quatre des cinq circonscriptions en 2014. 

«Il est difficile de concevoir que la circonscription de Hull soit ainsi éliminée du portrait de l’Outaouais alors que le territoire de cette circonscription regorge d’institutions municipales et régionales. Concernant Papineau, il est difficile de comprendre pourquoi le 104.7 a fait fi du fait qu’en 2012, quelque 168 voix séparaient les candidats du PQ et du PLQ», affirme M. Drapeau, qui prédit une chaude lutte entre les libéraux et les péquistes dans Hull. 

Interrogé par Le Droit, Robert Drapeau a indiqué qu’il est tout à fait illogique d’ignorer deux partis politiques (PQ et Québec solidaire) qui ont récolté au cumulatif plus de 30% des suffrages lors du dernier scrutin. 

«On savait qu’on devait réagir. Si on laisse passer ça, le 104,7 va peut-être adopter la même habitude lors des prochaines élections. Ça deviendra une situation acquise. Est-ce qu’on peut nier l’existence de ces deux partis-là, surtout sachant qu’ils appuient le mode de scrutin proportionnel. Pourquoi, dans un contexte de lutte très chaude en Outaouais, on élimine du monde? », note-t-il. 

Le 104,7 se défend

Appelé à réagir, le directeur général des programmes et de l’information de la station, Bob Rioux, se défend en disant qu’il s’agit d’une décision éditoriale prise par lui-même pour des raisons de temps d’antenne. 

« L’équité, ça ne se mesure pas par la participation aux débats, mais par l’ensemble du temps d’antenne que peut donner la station aux partis pendant la campagne, sur l’ensemble de l’œuvre. Le temps d’antenne, c’est quand même assez précieux, et je ne me voyais pas faire cinq débats avec quatre candidats. Je trouvais que ça ne tenait pas la route en 2018, ça aurait duré plus de 90 minutes. [...] Tous les partis vont avoir pu s’exprimer sur nos ondes, on espère qu’à la suite de la soirée des élections le 1er octobre, le temps d’antenne total soit assez représentatif de ce qu’est l’Assemblée nationale, c’est pas mal cela qui me guide », affirme-t-il. 

M. Rioux précise que si un débat portait sur un enjeu régional, tous les partis seraient invités à y participer.

« Est-ce qu’on va faire ça pour le reste de nos jours? Peut-être pas. Mais dans le contexte de l’élection actuelle, où la CAQ est en avance et que ça se resserre de plus en plus, c’était le choix le plus logique, selon ce qu’on voyait venir », conclut le patron de la station radiophonique.