L’élargissement de l’autoroute 50 est toujours un enjeu électoral dans l’Outaouais.

L'autoroute 50: toujours un enjeu électoral

L’autoroute 50, théâtre de sept accidents mortels depuis cinq ans sur le tronçon compris entre le secteur Masson-Angers et Montebello, sans compter de multiples collisions avec blessés graves dont la plus récente date de la semaine dernière sera une fois de plus un enjeu électoral en Outaouais.

Si les candidats dans la circonscription de Papineau sont unanimes pour dire que l’élargissement de l’autoroute à quatre voies sur toute sa longueur entre Gatineau et Mirabel doit finir par devenir réalité, certains jugent qu’en attendant que les pelles mécaniques s’activent, la priorité devrait être de sécuriser davantage l’axe routier.

« Quand de graves accidents surviennent, c’est terrible, ça nous démontre à quel point cette autoroute n’est pas sécuritaire. C’est l’enjeu numéro un, à court terme. Moi-même, quand je l’emprunte avec ma famille, je ne me sens pas en sécurité et ça me traverse toujours l’esprit qu’un accident pourrait survenir. [...] Si je faisais de la vieille politique, je dirais qu’elle sera élargie d’un bout à l’autre durant mon mandat si je suis élu, mais ce serait faire de vieilles promesses. Je vais travailler là-dessus, évidemment, mais en attendant il faut faire d’autres travaux pour sécuriser l’autoroute », affirme le candidat de la Coalition Avenir Québec (CAQ), Mathieu Lacombe.

Ce dernier cite en exemple les lampadaires installés entre les sorties Lépine et Doherty, et précise « qu’il met quiconque au défi de les compter, la moitié ne sont pas allumés. »

Le candidat libéral et député sortant, Alexandre Iracà, soutient qu’il « pousse le dossier » de l’élargissement de l’autoroute depuis sa première élection en 2012.

L’augmentation du nombre de véhicules circulant entre l’avenue Lépine, à Buckingham, et Thurso, justifie aujourd’hui un élargissement de la voie rapide dans ce secteur, dit-il. M. Iracà rappelle qu’un projet de huit kilomètres est dans les cartons pour ce tronçon. Les travaux doivent se mettre en branle à la fin 2019.

« À cause du débit de circulation journalier qui a plus que doublé à cet endroit [...], ça prend quatre voies le plus rapidement possible. On ne peut pas s’en sortir sans faire une autoroute à quatre voies », affirme M. Iracà.

Entre-temps, des lampadaires, de bandes rugueuses et des feux de signalisation ont été ajoutés à proximité de la sortie Lépine. Une aire de services privée verra aussi le jour à Papineauville et d’autres projets du genre sont en discussions, notamment à Thurso, souligne-t-il.

M. Iracà ajoute qu’une somme a également été débloquée par Québec pour élargir dans les prochaines années une portion de 24 kilomètres de la 50 située entre Mirabel et Lachute, dans la région voisine des Laurentides.

Quant au candidat du Parti québécois, Yves Destroismaisons, il affirme que l’autoroute s’avère dangereuse à plusieurs endroits et qu’il travaillera d’arrache-pied pour son élargissement s’il est élu le 1er octobre.

« J’ai toujours dit à la blague que c’est l’autoroute 25, car c’est une moitié d’autoroute. Elle a été construite bout par bout. La quatrième ville en importance au Québec n’est même pas rattachée au reste de la province par une autoroute convenable, alors que les infrastructures sont déjà en place pour accueillir deux autres voies. Il faut que ça débloque, ça n’a pas de sens », dit-il.

Le candidat affirme qu’il ne doute pas que M. Iracà a travaillé pour faire avancer ce dossier, mais il croit tout de même que le processus doit passer en quatrième vitesse et que le ministère des Transports (MTQ) doit « constamment être harcelé ».

Selon les données les plus récentes du MTQ, le débit journalier moyen annuel pour le segment compris entre la bretelle de sortie du chemin Doherty et Thurso est passé de 6800 à 11 700 véhicules par jour entre 2012 et 2015.

Entre Masson-Angers et la sortie du chemin Lépine, à Gatineau, celui-ci a bondi de 13 700 à 19 900 véhicules par jour.

Avec Benoit Sabourin