«Ça fait 11 ans que je suis en politique dans l’opposition, 11 ans qu’on travaille d’arrache-pied pour en arriver à un résultat comme celui-là!», s’est enthousiasmé le caquiste Éric Caire, réélu pour un cinquième mandat dans La Peltrie avec une majorité de plus de 14 000 voix.

La région de Québec passe au bleu ciel

On attendait une vague caquiste à Québec, on l’a eue : sur les 11 circonscriptions de la région, au moins 8 avaient élu des députés de la Coalition avenir Québec. Mais on s’attendait beaucoup moins à envoyer deux élus solidaires à l’Assemblée nationale.

«Ça fait 11 ans que je suis en politique dans l’opposition, 11 ans qu’on travaille d’arrache-pied pour en arriver à un résultat comme celui-là!», s’est enthousiasmé le caquiste Éric Caire, réélu pour un cinquième mandat dans La Peltrie avec une majorité de plus de 14 000 voix.

D’après les informations disponibles en fin de soirée sur le site d’Élections Québec, la CAQ avait obtenu 43 % des voix dans la région, ce qui fut bon pour une avance de plus de 20 points sur le Parti libéral (22 %). Seule la «forteresse» de Jean-Talon, qui vote libéral depuis les années 60, a tenu bon pour le PLQ.

Demi-surprise, c’est Québec solidaire qui est arrivé troisième dans la capitale nationale avec 17 %. À l’image de la soirée très pénible qu’il a connu dans l’ensemble du Québec, le Parti québécois n’a pu faire mieux que 12 % dans la région.

Percée solidaire dans Taschereau

Comme l’avait entrevu un sondage Mainstreet il y a 10 jours, la candidate solidaire Catherine Dorion a été élue avec une confortable avance de près de 7200 voix dans Taschereau. Il s’agit d’une première victoire à Québec pour la formation de gauche, qui peinait historiquement à atteindre les 20 % même dans cette circonscription du centre-ville — qui est pourtant la plus propice ici pour un parti comme QS.

Dans son discours de victoire, Mme Dorion a dit avoir fait sa campagne «sans spotlight, en dehors regard des médias. On y va une porte à la fois, une personne à la fois. […] Mais ce soir, il va se passer quelque de nouveau. La victoire va écrire des choses dans notre corps ce soir, et vous savez ce qui va se passer? On va y prendre goût !»

La bataille de Jean-Lesage

Le vote fut beaucoup plus serré dans Jean-Lesage. La candidate caquiste Christiane Gamache et le solidaire Sol Zanetti s’y sont échangé la tête à plusieurs reprises en début de soirée. M. Zanetti s’est ensuite forgé une avance de quelques centaines de voix qui s’est ensuite maintenue entre 400 et 500. Si la victoire de Mme Dorion était plus ou moins attendue, celle de M. Zanetti est une authentique surprise.

Pour les libéraux, il s’agit d’une lourde défaite. Deux ministres sont tombés : François Blais (Travail, Emploi et Solidarité sociale) et Véronyque Tremblay (déléguée aux Transports), et de huit députés qu’ils étaient en 2014, l’«équipe» libérale de la région ne compte plus qu’un seul membre : le ministre sortant de l’Éducation Sébastien Proulx, dans Jean-Talon.

«On a fait de grandes choses, il faut le réaliser. Mais maintenant les Québécois ont choisi autrement, et j’ai suffisamment de respect pour la démocratie pour vous dire que ce travail-là qui est le nôtre maintenant, on va le faire avec tout le sérieux et la dignité qui nous honore habituellement», a déclaré M. Proulx sur les ondes de RDI au sujet du nouveau rôle d’opposition que le PLQ devra acquitter.

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