La candidate de la CAQ, Isabelle Charest, a une avance confortable dans Brome-Missisquoi avec 27% des intentions de vote.

La CAQ toujours en tête dans Brome-Missisquoi

L’avance de la Coalition avenir Québec se maintient dans Brome-Missisquoi. Le plus récent sondage de la firme Mainstreet Research, pour le compte de Groupe Capitales Médias, révèle que le parti de François Legault récolte 27 % des intentions de vote dans la circonscription.

Si on se concentre sur les électeurs décidés ou qui n’ont pas l’intention de changer d’idée d’ici le 1er octobre, cette statistique grimpe à 32 %, ce qui placerait la CAQ bien en avance par rapport aux autres partis.

Il est donc probable qu’après 38 ans de règne libéral, Brome-Missisquoi bascule maintenant du côté de la CAQ, indique Steven Pinkus, vice-président de la firme de sondage pour le Québec. « L’avance semble insurmontable, dit-il. Ça serait difficile d’imaginer une autre semaine de perte pour la CAQ, qui avait glissé pas mal la semaine dernière avec le premier débat et l’enjeu de l’immigration. »

En début de campagne, celui-ci qualifiait Brome-Missisquoi de « circonscription baromètre ». La perspective selon laquelle, après un départ canon, la CAQ pourrait finalement former un gouvernement minoritaire, trouve écho dans les intentions de vote du comté. En cours de campagne, la CAQ a perdu des plumes dans la circonscription. Un premier sondage publié dans nos pages le 23 août dernier donnait pas moins de 41,2 % des intentions de vote à Isabelle Charest, qui porte les couleurs du parti dans Brome-Missisquoi.

Regain de la gauche indépendantiste
Le Parti québécois chauffe sérieusement le Parti libéral du Québec, alors qu’ils obtiennent respectivement 19,6 % et 19,7 % des intentions de vote dans Brome-Missisquoi. Si on ne tient pas compte des indécis, le PQ devance les libéraux de trois dixièmes de point, avec 22,6 % des intentions de vote.

La péquiste Andréanne Larouche talonne désormais son opposante libérale.

Il s’agit d’une belle remontée pour le parti représenté par Andréanne Larouche, qui avait débuté la campagne électorale avec seulement 12 % des intentions de vote dans la circonscription.

« Ça fait huit jours de suite que le Parti québécois remonte sur la scène nationale », indique M. Pinkus, qui croit cependant que le parti finira bientôt par plafonner. « C’est difficile pour eux d’aller chercher plus de votes, surtout dans la région. »

Pour sa part, Québec solidaire se classe en quatrième position, alors que 15,4 % des électeurs comptent donner leur appui à la formation représentée dans la circonscription par Alexandre Legault. L’engagement des militants du parti semble ferme, puisque 17,6 % des électeurs décidés optent pour celui-ci.

Encore là, Québec solidaire semble plus populaire étant donné que des gains ont été faits depuis le début de la campagne électorale. En date du 23 août, le parti n’amassait que 7,7 % des appuis.

Les autres partis en lice — le Parti vert du Québec, Citoyens au pouvoir du Québec et Voie du peuple — obtenaient conjointement un pourcentage identifique au déclenchement de la campagne. À un peu plus d’une semaine de la ligne d’arrivée, ils cumulent désormais 3,9 % des intentions de vote. Sans tenir compte des indécis, ces formations grappillent 5,6 % des intentions de vote.

Québec solidaire et le candidat Alexandre Legault ont plus que doublé leur score, selon un récent sondage.

Dégringolade pour le PLQ
Après avoir mis la main et conservé Brome-Missisquoi pendant près de 40 ans, le Parti libéral du Québec risque d’être effacé de la carte dans la région. Au début de la campagne électorale, le parti d’Ingrid Marini amassait 31,5 % des intentions de vote.

Faut-il en déduire que les électeurs de Brome-Missisquoi étaient davantage attachés à Pierre Paradis qu’au Parti libéral du Québec ? « J’en suis certain, avance M. Pinkus. Une grande part de la popularité du PLQ lui appartenait. Maintenant qu’il s’est retiré, les gens cherchent ailleurs. Comme Mme Charest est une personne connue, elle en profite. »

Le PLQ peut toutefois gruger l’avance de la CAQ, quitte à ce qu’un gouvernement minoritaire soit formé, par l’un comme par l’autre. « Si le PLQ réussit à reprendre cinq ou six points à la CAQ, tout serait possible. Mais c’est difficile à croire, analyse M. Pinkus. Il faudrait un revirement important pour que les électeurs retournent au PLQ. Ce n’est pas une coïncidence que 72 % veulent un changement [de gouvernement]. »

Le sondage compte un échantillonnage de 553 personnes et la marge d’erreur est de 4,2 %, 19 fois sur 20. La méthodologie de Mainstreet Research utilise un système d’appel interactif automatisé.

Les répondants ont été sondés le 18 septembre, soit mardi. Ainsi, les résultats ne tiennent pas compte du dernier débat des chefs, diffusé jeudi sur les ondes de la chaîne TVA.

Au début de la campagne électorale, le parti d’Ingrid Marini amassait 31,5 % des intentions de vote. Les libéraux n’en récoltent maintenant que 19,7 %.

« Mais encore aujourd’hui, il est difficile de prédire qui gagnera la majorité, nuance M. Pinkus. Les intentions de vote sont tellement serrées dans certaines circonscriptions qu’on ne sait pas ce qui pourrait se passer. »

« Les choses ont encore le temps de bouger d’ici le 1er octobre », ajoute le vice-président de Mainstreet Research.

LES RÉACTIONS DES CANDIDATS

« Pour moi, ce ne sont pas les sondages qui comptent, c’est la ligne d’arrivée. [...] Je sens sur le terrain que les gens sont prêts pour un changement positif. »

Isabelle Charest, candidate­ de la Coalition avenir­ Québec

« C’est une excellente nouvelle. Les gens nous voient comme ils nous ont jamais vus cette année, car on mène la plus grande campagne de notre histoire. [...]Je pense qu’on est en route pour la victoire. »

 — Alexandre Legault, candidat de Québec solidaire

« Ça reste un sondage et c’est très volatile d’un sondage à l’autre. Bien malin celui qui peut prétendre connaître le résultat du vote. [...] Dans une lutte à trois, tout peut arriver. »

 — Andréanne Larouche, candidate du Parti québécois

« Je vais continuer à travailler aussi fort. Ça ne change pas mon plan de match. [...] Le vrai sondage est le jour de l’élection. »

 — Ingrid Marini, candidate du Parti libéral du Québec

Propos recueillis par Marie-­Ève Martel et Cynthia Laflamme

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