Jean-François Lisée et Véronique Hivon, chef et vice-cheffe du Parti québécois, ont rencontré les militants souverainistes de l’Outaouais.

Hôpital de Hull : Lisée trébuche et se rallie au PLQ

Après avoir trébuché sur les engagements de ses propres candidats régionaux, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, s’est rallié lors de sa visite en Outaouais au projet de moderniser l’Hôpital de Hull, un plan qui avait jusque là seulement été évoqué par le Parti libéral du Québec (PLQ).

En entrevue avec Le Droit à la suite d’un rassemblement militant organisé dimanche dans le secteur Gatineau, M. Lisée a été invité à réagir aux engagements de ses adversaires, à savoir le nouvel hôpital promis par la Coalition avenir Québec (CAQ) et la cure de rajeunissement ayant fait l’objet d’une annonce, il y a une dizaine de jours, par les candidats régionaux du PLQ.

« Le projet qui est porté par les acteurs locaux, c’est celui de la modernisation de l’Hôpital de Gatineau, et c’est ce qui est le plus rapide à faire », a-t-il tout d’abord répondu, avant de parler d’un « projet d’agrandissement et de modernisation » de ce même hôpital qui, selon lui, était déjà inscrit au Plan québécois des infrastructures (PQI).

Il s’est ensuite ravisé pour parler d’un projet identique, mais pour l’Hôpital de Hull. « Il est déjà dans les cartons, il est déjà avancé, c’est ce qui va être le plus rapide et le plus efficace », a-t-il mentionné.

Confronté au fait que les candidats régionaux du PQ n’ont pas du tout abordé ce projet lors de l’annonce de leurs engagements régionaux le 4 septembre, Jean-François Lisée a réitéré que tout était déjà inscrit au PQI, en promettant que le parti allait fournir davantage de détails un peu plus tard.

Vérification faite, le PQI ne contient aucun projet de la sorte.

L’attaché de presse du chef du PQ, Bruno-Pierre Cyr, a par après indiqué par courriel que « ce n’est effectivement pas au PQI ». « Mais nous sommes en faveur du projet de modernisation de l’Hôpital de Hull », a-t-il ajouté, en précisant ensuite qu’il s’agit bel et bien de « celui présenté par le PLQ ».

Cet engagement du PLQ pour la région consisterait, dans une première phase, à la rénovation complète du pavillon de cinq étages situé au centre de l’établissement du boulevard Lionel-Émond. Les libéraux n’avaient toutefois pas été en mesure de chiffrer cette promesse, ni d’en préciser l’échéancier.

De leur côté, les candidats régionaux du PQ n’avaient présenté qu’un seul engagement touchant le milieu hospitalier, soit celui de réaménager l’unité de périnatalité et d’ajouter deux salles de césarienne à l’Hôpital de Gatineau, un projet sur la table depuis 2014.

Jean-François Lisée s’est par ailleurs prononcé en faveur du maintien du statut particulier octroyé au réseau de la santé de l’Outaouais par les libéraux en 2007, affirmant du même coup qu’« il faut » renflouer l’enveloppe budgétaire qui y est liée. « À mesure que les sommes redeviennent disponibles, il faut rétablir l’équité, dit-il. Ça veut dire davantage pour une région pour l’Outaouais qui a été défavorisée dans le passé. »

Alors que le PQ souhaite « décloisonner » le système de santé pour laisser plus de place aux professionnels gravitant actuellement autour des médecins, M. Lisée estime que cette avenue, conjuguée à l’instauration de nouveaux ratios, permettra d’améliorer les conditions de travail dans le réseau pour ainsi éviter des départs vers la rive ontarienne. Il ne juge donc « pas nécessaire » d’augmenter les primes déjà consenties à certains professionnels de l’Outaouais, préférant miser sur les conditions de travail.

Dans un éventuel Québec souverain, Jean-François Lisée affirme que « des ententes bilatérales pour faire en sorte que les soins soient donnés » seraient signées dans les zones frontalières avec l’Ontario et le Nouveau-Brunswick.

Jean-François Lisée

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LISÉE SUR...

... le transport

Arrivé dimanche en Outaouais après avoir emprunté l’autoroute 417 sur la rive ontarienne, le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, souhaite que l’autoroute 50 soit élargie sur toute sa longueur «le plus tôt possible».

«L’élargissement de la 50 doit être réalisé, a-t-il soutenu en entrevue avec Le Droit, dimanche, lors de son passage à Gatineau. Les libéraux ont beaucoup traîné. Nous, on s’y était engagés aux dernières élections, je vois que la première phase est en cours de réalisation, la deuxième est assez avancée dans les plans et devis et nous, on espère pouvoir le réaliser le plus tôt possible, dans le [premier] mandat si possible.»

Le chef péquiste se dit aussi «très intéressé» par le projet de train léger dans l’ouest de Gatineau.

«On va appuyer chacune des étapes, assure-t-il. Un investissement du gouvernement du Québec doit être fait, [mais] on veut évidemment que le gouvernement fédéral fasse aussi sa part. […] Ça fait partie des choses qu’on va vouloir voir progresser avec tout notre appui lorsqu’on sera au pouvoir.»

… l’éducation supérieure

Le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, tient «absolument» à accélérer le processus de création de nouveaux programmes d’études postsecondaires en Outaouais «Je pense qu’il y a une erreur fondamentale de la part des libéraux, c’est de considérer que les universités ontariennes font partie de notre réseau, a lancé M. Lisée. Elles ne font pas partie de notre réseau, elles nous enlèvent des ressources, elles contribuent à ce que les jeunes diplômés quittent la région plutôt que de s’y installer.»

Le chef péquiste affirme donc que le développement de l’offre de programmes collégiaux et universitaires en Outaouais est «une priorité» pour sa formation politique. «Je pense qu’en 2018, on peut être rigoureux et efficace, dit-il. […] Il faut s’adapter beaucoup plus rapidement aux besoins qui changent. […] Il faut avoir des voies rapides.»

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LA BLAGUE DU «BASTION SOUVERAINISTE»

« C’est toujours un grand plaisir d’être dans des bastions souverainistes comme l’Outaouais », a lancé dimanche à Gatineau le candidat péquiste Jean-Martin Aussant, provoquant l’hilarité dans la salle où étaient réunis des militants venus à la rencontre de leur chef, Jean-François Lisée.

La boutade lancée par M. Aussant, candidat dans la région de Montréal, a été reprise quelques minutes plus tard par un autre gros nom du Parti québécois (PQ), la vice-cheffe Véronique Hivon, qui a parlé de l’Outaouais comme étant « ce bastion souverainiste si reconnu ».

« C’est de la lucidité, c’est juste de la lucidité », a commenté leur chef après coup. « Il n’y a pas de langue de bois au Parti québécois, on voit les choses telles qu’elles sont, et on veut les transformer », a-t-il indiqué au Droit.

Dans son discours devant la salle où se massaient de nombreux militants – pour la plupart à la tête grisonnante –, M. Lisée a quant à lui affirmé être « optimiste dans toutes les régions ». En entrevue par la suite, le chef du PQ a rappelé que même si sa formation a seulement compté deux élus dans la région en 1976, les résultats avaient été plus serrés dans deux circonscriptions en 2012. « Nos espoirs sont plus grands que dans les élections précédentes », a-t-il mentionné, en ajoutant croire que « beaucoup » de libéraux « vont bouder l’élection » et que d’autres anciens partisans du PLQ « vont voter pour la Coalition avenir Québec ».

En ce qui concerne le fait que sa candidate dans Pontiac, Marie-Claire Nivolon, soit une employée de la permanence du PQ domiciliée à Montréal, M. Lisée n’a pas voulu dire si sa formation a peiné à dénicher quelqu’un pour affronter le libéral sortant, André Fortin. « [Mme Nivolon], ça l’intéressait, elle va être présente autant que possible, mais on sait que le Pontiac n’est pas parmi nos dix principaux comtés cibles, on va dire ça comme ça », a-t-il réagi.