La conseillère Renée Amyot a piloté une résolution visant à donner l’appui de la Ville de Gatineau au groupe Équité Outaouais qui demande un financement équiitable en santé et en éducation pour la région.

Gatineau met son poids dans la balance électorale

Les élus gatinois ont envoyé un message clair, mardi, aux différents partis qui luttent actuellement pour prendre le pouvoir au Québec. L’iniquité dénoncée par plusieurs en Outaouais en matière de financement en santé et en éducation, tel que soulevé par le récent rapport de l’IRIS, doit cesser parce qu’il en résulte un déficit potentiel en matière de développement économique pour la Ville de Gatineau.

Par le biais d’une résolution parrainée par les conseillers Renée Amyot et Gilles Chagnon, le conseil, à la majorité, a donné son appui à la campagne menée par Équité Outaouais qui réclame un financement équitable pour l’Outaouais dans les domaines de la santé et de l’éducation. L’étude publiée plus tôt cet été par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) évalue à 250 millions $ le prix de l’iniquité en Outaouais.

Les libéraux qui occupent les cinq comtés de l’Outaouais depuis des décennies ont reçu le rapport de l’IRIS avec « de grandes réserves ». Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a d’ailleurs remis en question la crédibilité des chiffres avancés par l’organisme.

« La partie intéressante de l’étude, dans une perspective ville, c’est le constat auquel arrive l’analyse, a indiqué Mme Amyot. Ce déficit économique nuit à la vitalité de notre ville, à la qualité de vie de ses habitants et à leur capacité de maximiser leur plein potentiel. Ce que ça met en lumière, c’est que le déficit en financement a un impact sur les emplois dans la région, dans le réseau de la santé et celui de l’éducation. Toute cette réalité a un impact économique pour la Ville de Gatineau. Ces gens qui ne sont pas là, ce sont des gens qui n’achètent pas de maison, donc nous sommes privés de revenus fonciers. Ce sont des gens qui ne consomment pas chez nous. C’est clairement démontré. »

Mme Amyot précise que la présentation de cette résolution n’a pas un objectif partisan.

« Je regarde les faits et des données fiables, a-t-elle insisté. Il y a des élections actuellement au Québec, et je pense que c’est un bon moment pour faire valoir qu’on souhaite l’équité pour l’Outaouais. C’est le temps de passer nos messages aux différents candidats qui se présentent aux élections. »

Boudrias et Blondin s’opposent
La conseillère Louise Boudrias n’aborde pas les choses de la même façon.

Régulièrement présente en appui à la députée libérale de Hull, Maryse Gaudreault, dans ses activités de campagne électorale, la conseillère s’est opposée en enregistrant sa dissidence à la résolution.

Le conseiller Jocelyn Blondin a fait de même, jugeant qu’il s’agit d’une opération partisane.

« Ce n’est pas le temps, en ce moment, de faire ça, a lancé la conseillère. Attendons la fin de l’élection et ensuite on fera nos demandes. Selon moi, une position comme ça devrait se prendre après les élections. Je ne vois pas l’urgence d’agir. Tout ça a déjà été abordé avec les chefs des partis. »

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin s’est dit déçu de la position des conseillers Boudrias et Blondin.

« J’aurais aimé qu’ils se rallient parce que c’est un message politique fort qu’on envoie, a-t-il dit. On demande juste de l’équité. On ne s’ingère pas dans la campagne pour favoriser un ou l’autre. Notre drapeau c’est celui de l’Outaouais. Nous on défend notre région. Il n’y a rien de partisan là dedans. Tout le monde veut de l’équité en Outaouais. »